CO2 mon amour 30 avril 2011
Culture, quand tu nous tiens !
Au royaume d’Angleterre, par exemple, quand on marie le fiston, on la joue « prince et princesse », liesse populaire et carrosse doré pardon un landau d’Etat, mais c’est moins joli - sans s’occuper du bilan carbone qui est un machin à vous gâcher la soirée.
Chez nous, le clou du spectacle, c’eût été le repas, dans la grande tradition de notre bon roi Henri IV et de la poule au pot. « Festoyez en paix, braves gens ! La gastronomie française appartient désormais au patrimoine immatériel de l’humanité. » Il n’y a pas qu’elle.
J’oubliais ! Un mot d’avertissement à ceux qui parmi vous, avez l’oreille sensible, l’estomac délicat et la vésicule biliaire….
Au menu de notre exception culturelle française, nous avons : cuisses de grenouilles, cervelle d’agneau, ris de veau et couilles de taureau. Oui, je dis bien « de taureau », puisque ça tombe au poil, notre Ministre de la Culture- vient d’inscrire au patrimoine immatériel français ce morceau de bravoure qu’on appelle la « corrida ».
Je vous rappelle le déroulement de l’opération. On lâche un jeune taureau dans les arènes. Forcément inexpérimenté, le taureau. Puis un gang de soi-disant représentants de l’espèce humaine vous cuisinent l’animal à l’arme blanche jusqu’à ce que mort s’ensuive. Sauf que dans le métier, on fait durer la chose. Premier acte : on harcèle la bête à coups de piques de 20 cm .On la fait tourner en bourrique. On lui charcute les ligaments du cou. Et là voyez-vous, le taureau qui ne peut plus relever la tête fait déjà moins le fier. Deuxième acte : on lui plante 3 ou 4 paires de banderilles multicolores, s’il vous plaît, les banderilles, c’est joli, c’est comme un bouquet de roses trémières agitées par le vent. C’est du plus bel effet. Troisième acte : le bestiau est à bout, le matador lui plante la muleta entre les omoplates, et tant mieux pour lui s’il rend l’âme aussitôt...
Bref, un vrai chef-d’œuvre d’art populaire.
Ne vous arrêtez pas en si bon chemin, Monsieur le Ministre, la chasse au blaireau à coup de pioches et de pinces, le tir sur ces oiseaux migrateurs inutiles, la souffrance ordinaire des animaux qui remplissent nos assiettes pourraient aussi figurer en bonne place dans ce catalogue immatériel de l’infâme.
Grâce à cette saine mesure, le business taurin pourra recevoir en plus des subventions territoriales celles de l’État. Les ¾ de la population française sont pour l’abolition de cette barbarie ? Vous paierez.
C’est donc bien en première mondiale que Frédéric Mitterrand inscrit la chose au patrimoine immatériel français avec la bénédiction de l’Unesco, en vertu d’une tradition tout à fait récente, puisque héritée d’un caprice de l’impératrice Eugénie, en 1860. Car « Maria Éourénia » de son petit nom, était une aficionada...
Est-ce une fatalité ? Non car aujourd’hui le public ne suit plus. Bientôt on l’espère, en Catalogne, à Mexico, en Équateur et ailleurs, on n’achèvera plus les taureaux...
Tant qu’on ne réglera pas notre rapport à la souffrance de l’animal, l’homme aura du mal à soigner sa barbarie. Ce n’est pas moi qui le dit mais St Thomas d’Aquin !
La peine de mort abolie par François Mitterrand. La corrida et la torture animale érigée en fait culturel français par le neveu. Avec la caution de scientifiques, d’ethnologues. Ainsi va la France.
Comme disent les taureaux dans l’arène, les hommes passent et ne se ressemblent pas.
… Quand on vous dit que le pire n’est jamais sûr en période électorale !
Denis Cheissoux
CO2 mon amour
L’as-tu lu mon p’tit loup ?





















