L’analyse économique des différents acteurs le démontre que pour :
- Les toreros et leur cuadrillas : l’immense majorité des toreros doivent payer pour toréer en Espagne comme en France (émission « Al Descubierto », 6 juin 2002). On peut estimer qu’en Europe seule une douzaine de toreros vivent de leur pratique barbare.
- Les éleveurs : près de 95% des bovins issus des élevages de taureaux dits « de combat » vont directement à la boucherie (veaux, velles, génisses, vaches et taureaux – estimation CRAC à partir des données disponibles sur les élevages).
Par ailleurs en 2003, 85% des taureaux massacrés dans les arènes françaises étaient importés d’Espagne (sur un total de 1 177). Il n’y a donc eu que 176 taureaux français impliqués dans l’économie de la corrida en 2003, année record du nombre de corridas en France (source : « corridas en France » 2003 ; Marc Lavie, Ed. Atlantica). Quand on examine les chiffres pour les corridas formelles, on tombe à 8% de taureaux français, soit 36 animaux par an… La corrida est donc totalement marginale pour le maintien économique de ces élevages. On recycle les taureaux français dans les novilladas et les festivals de malfaisance.
- Les communes, conseils généraux et régionaux : nous avons déjà démontré précédemment que les corridas étaient déficitaires même pour les grandes arènes. Elles ne subsistent qu’à grand renfort de subventions.
- Les touristes... Non seulement les corridas n’attirent pas les touristes (contrairement aux ferias), mais elles les font fuir ! Et ce phénomène est en train de s’amplifier. Des tours operators commencent à boycotter les villes de sang (voir l’article consacré au tour operator canadien Hugh Mac Donald).
Actuellement, suivant les villes, seulement 1 à 5% des visiteurs des ferias vont voir des corridas !
Donc, à qui profite le crime ?...
A un tout petit nombre d’individus, à commencer par les apoderados, impresarios des toreros et organisateurs des corridas : les frères Jalabert en Arles, « Simon Casas Production » à Nîmes, Robert Margé à Béziers… En France, la corrida profite économiquement à quelques centaines de personnes, pas plus.
Nous avons la preuve qu’en Espagne, la presse est largement arrosée par le milieu taurin pour faire de nombreux articles à la gloire des toreros… Qu’en est-il dans le sud de la France ? Quand on voit les quatre premières pages de quotidiens régionaux traitant exclusivement du sujet, on est en droit de s’interroger…
Alors… à quand des ferias sans corrida ?























