Après l’énorme faillite financière des corridas simulées données à Paris pendant l’exposition Universelle de 1889, les entrepreneurs taurins espagnols tentent de vendre la corrida dans la France entière, malgré l’interdiction légale, que rappellent sans cesse les opposants au Ministère de l’Intérieur. Dans la région parisienne, en fin de siècle (v.1890), la célèbre journaliste féministe Séverine incite Emile Zola à exprimer son opposition à la corrida.
Un très bel article de Denis Andro fait connaître l’engagement anticorrida de la féministe Marie Huot et de son « frère d’arme », le peintre suédois Ivan Aguéli, symboliste et anarchiste arrivé à Paris en 1890. Son opposition à la corrida illégalement donnée à Deuil (4 juin 1900) se manifeste de façon regrettable par un coup de révolver, sans conséquences réelles, mais qui le conduit une fois de plus dans les prisons que ses connivences anarchistes lui ont déjà fait connaître. « Aguéli est libéré après quelques semaines de préventive à la prison de Pontoise. Si une partie de la presse le soutient, il a aussi contre lui certains littérateurs : la Libre parole de l’antisémite Drummont ne manque pas de signaler sa condamnation (23 juillet 1913) » . La poète Marie Huot lui dédie ses poèmes symbolistes. Le missel de Notre-Dame des Solitudes. Caran d’Ache met en image la réciprocité de la violence : tandis qu’Ivan Aguéli vise au pistolet l’arrière-train du matador, un taureau est sur le point d’encorner pareillement le tireur . L’auteur reproduit ce beau dessin et sa légende :" le Nord contre le Midi...et le choc en retour".
Merci à l’auteur : Andro, Denis. "Une page de la lutte contre la tauromachie à la Belle Epoque : l’attentat de Deuil du 4 juin 1903, Gavroche, N° 159, p. 36-38.





















