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Prenez connaissance de l’interview de Gérard Bapt, député PS de la Haute-Garonne, signataire de la pétition du CRAC Europe et membre du Groupe d’études sur la protection des animaux à l’Assemblée nationale, par Hélène Vaquier, présidente du CRAC Europe.
Comment appréciez-vous le récent vote de l’ILP abolitionniste au Parlement catalan le 18 décembre dernier ?
(ILP : loi d’initiative populaire)
C’est un coup de tonnerre, pour la première fois on est arrivé à porter ce débat dans un Parlement, et un Parlement espagnol de surcroît !
Pour la suite du parcours de cette ILP, quels sont vos souhaits et qu’aimeriez-vous dire à vos homologues catalans ?
Ils doivent travailler leur sujet, aboutir afin qu’ils donnent l’exemple, que cela serve de référence aux autres parlementaires des pays confrontés à ce même débat.
Si cette ILP aboutit à une loi défavorable à la tauromachie en Catalogne, vous en servirez-vous pour faire passer le message à votre groupe parlementaire ? Sinon, abandonnerez-vous le projet ?
Bien sûr, c’est une formidable motivation pour les parlementaires socialistes. Dans la négative, nous n’abandonnerons pas le projet, il faudra continuer.
Pensez-vous que la lutte pour l’abolition de la corrida en France devrait transcender les formations politiques ?
Oui, absolument, d’ailleurs, il y a des exemples.
La discipline parlementaire du PS qui consiste à ne pas cosigner une proposition de loi de la majorité n’est-elle pas obsolète ?
Non, c’est une règle du jeu qu’il faut accepter, de toute façon, cela n’empêche personne de cosigner une proposition de loi de l’opposition.
Ce vote permet de lancer le débat parmi les parlementaires catalans. En France, nous ne disposons pas de la même autonomie. Par quel moyen les citoyens peuvent-ils parvenir à instaurer officiellement le débat ?
À mon avis, ils devraient se saisir de l’opportunité future de la possibilité d’une pétition de citoyens demandant un référendum d’initiative populaire1. Cette possibilité n’est pas encore effective.
Vous êtes membre du Groupe d’études sur la protection des animaux et du même parti politique que sa présidente, Geneviève Gaillard. Où en est ce dossier au sein de ce groupe ?
Après avoir déposé dernièrement une proposition de résolution demandant une enquête sur l’argent de la corrida, nous travaillons actuellement sur l’abrogation de l’alinéa 7. Le groupe est constitué de dizaines de membres, mais nous sommes une poignée à pouvoir nous y tenir.
Vous connaissez la proposition de loi abolitionniste déposée par Muriel Marland-Militello, députée des Alpes-Maritimes, en septembre 2007 et cosignée par plus de 50 députés. Pensez-vous pouvoir agir de même parmi vos confrères socialistes, et dans quels délais ?
Oui, nous travaillons dans ce sens et ce sera effectif dans quelques mois. Nous nous appliquons à rédiger une future proposition de loi abolitionniste qui soit acceptée par les parlementaires socialistes, et qui contourne la fameuse discipline parlementaire du Parti socialiste, c’est du domaine du possible.
Merci, Monsieur le Député !
1. L’initiative populaire sera instaurée en France très prochainement. Son fonctionnement est décrit dans l’article 11 de la Constitution depuis l’entrée en vigueur de la loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République, et par une loi organique qui n’est pas encore votée.
Propos recueillis le 6 février 2010