Le point de ralliement est prévu au square Alban-Bernat, près de la gare, nous arrivons dès 13 heures et la police est déjà sur les lieux. Le temps de mettre au point la sono, les militants se rassemblent. À 14 heures, nous sommes environ 150.

Le défilé organisé par Didier Bonnet s’ébranle encadré par les véhicules de police et précédé du camion sono. Après la rue Romain-Rolland, nous abordons l’avenue où habite la maman de Jean-Pierre. Prévenue de notre passage, elle se tenait sur son balcon au troisième étage, en partie dissimulée par le feuillage de ses plantes.

Mais ce qui n’était pas prévu, c’est ce qui s’est ensuivi ! Soudain, Didier l’a saluée en public et a invité les militants à lui rendre hommage. Les choses se sont passées alors de manière très spontanée et la maman de Jean-Pierre s’est avancée et a accueilli les salutations avec beaucoup de simplicité. Un grand moment d’émotion, intense et palpable, de part et d’autre, entre cette dame âgée appuyée sur son balcon et la foule des militants rassemblés dans la rue. Promesse lui a été faite de poursuivre la voie ouverte par son fils et de continuer la lutte jusqu’à l’abolition. Ensuite, nous reprenons notre route jusqu’au rond-point, devant la médiathèque, arrêt prévu pour les prises de parole. Elsa Strasser, secrétaire nationale, et le président du CRAC Europe rendent alors hommage à Jacques Dary, cofondateur du CRAC avec Aymé Tardieu, disparu lui aussi.

Puis hommage est rendu à Jean-Pierre par Joëlle Verdier, Paolo Barbon, de Bike For Animals, venu de Turin, en Italie, puis Emmanuel Cousty, du Parti animaliste, et enfin Didier, qui prennent la parole. Un autre moment fort d’émotion quand nous entendons la voix de Jean-Pierre enregistrée lors d’une émission de radio.

Reprise de la déambulation, nous passons dans la rue Jean-Julien-de-Treylis. Devant la clinique, la sono est arrêtée, comme nous nous en étions engagés pour ne pas perturber le repos des malades.

Nous arrivons au coin de deux rues en limite du périmètre interdit. En face, à un peu plus de 50 m, nous apercevons les arènes.

C’est là que nous restons avec l’intention de faire le maximum de bruit afin de gâcher le « plaisir » des pervers installés pour le spectacle. Comme d’habitude : sono, mégaphones, sifflets, trompes, cris, etc. J’essaye d’avoir toujours quelques paires de protections auditives pour ceux qui ont oublié d’en apporter, mais mon stock s’épuise vite !

Infatigables, les militants donnent de la voix et produisent tout le bruit possible pendant que se déroule le spectacle de mort. Traînée dans la rue par des chevaux, la dépouille du premier taureau tué apparaît. La colère des militants est tellement intense que la police comprend qu’il risque d’être difficile de les contenir. Renforcement des barrières et des troupes.

Didier prend la parole et somme les tortionnaires de ne plus passer par là. En peu de temps, un câble est tendu en travers de la rue, une bâche est installée par les services municipaux afin de dissimuler le théâtre sanglant. Plus tard, après la manif, le capitaine de police me dira qu’il avait été très surpris : il ignorait que les taureaux étaient sortis de cette façon.

La pluie commence à tomber sans que cela affaiblisse l’ardeur des militants. Les corridas du lendemain seront annulées…

La manifestation est dissoute vers 18 h 30. Aucun incident n’est à déplorer, et les forces de l’ordre ont été très correctes.

Sylvie Lorthe
Coadministratrice

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