Nous étions plus de 120, pour un appel à manifester publié il y a seulement un mois !

Je tenais à remercier tous les militants qui ont répondu présents à l’appel du CRAC Europe et du Collectif EuskalHerria Bayonne Anti-corrida, ainsi que ceux qui, n’ayant pu nous rejoindre, nous ont soutenus par leurs messages d’encouragements. Un merci plus particulier à notre doyen de 89 ans et à sa femme qui militent toujours à nos côtés. Il nous a dit, en fin de manifestation, « le monde ferme les yeux, nous devrions être des milliers dans la rue… »

Nous avions prévu un happening qui devait durer de 15 à 20 minutes, représentant des taureaux, nous étions allongés par terre portant masques et cornes.

Mais l’attitude agressive d’un cafetier nous a contraint à rester plus de 45 min sous un soleil de plomb !

Ce patron de café s’est emparé de la bouteille de faux sang qui se trouvait sur notre table et l’a déversée sur le pare-brise de notre véhicule sono ! J’ai dû appeler la police car, en plus, il incitait ses clients à nous provoquer.

A notre retour, en ouvrant le capot du véhicule, nous avons constaté que le faux sang, à base de colle, s’était infiltré à l’intérieur et avait atteint le moteur et certains fils électriques. Je devrai donc certainement porter plainte pour dégradation de véhicule.

Après le happening nous avons défilé dans Bayonne, en direction des arènes, sous les nombreux applaudissements de Bayonnais et de touristes. D’où l’importance de manifester dans toutes ces villes tauromachiques !

Nous avons, aussi, reçu des projectiles (verre, œuf…) lancés par des opposants courageusement planqués derrière leurs fenêtres !

Mais rien ne nous aura empêchés d’exprimer notre indignation face à cette barbarie d’un autre temps.

A notre arrivée près des arènes, La police a dû rapidement mettre en place un dispositif pour canaliser les aficionados afin d’éviter le contact entre anti et pro corrida !

Un homme, très alcoolisé, en compagnie d’une petite fille a même voulu forcer le barrage policier pour nous insulter !

Nous avons vu, une fois encore, énormément d’enfants conduits aux arènes, par leur parents ou grands parents !

Est-ce normal en 2018 ?

Nous remercions les forces de police qui ont encadré cette manifestation en contenant les plus virulents, ou les plus alcoolisés.

Au moment de l’entrée dans l’arène du premier taureau devant être torturé à mort nous nous sommes assis pour nous recueillir, accompagnés d’une musique funèbre, en pensant très tristement aux douze taureaux massacrés en cette seule journée.

Puis nous avons repris notre marche de retour, encore une fois sous les applaudissements, dans les rues de la ville.

Nous remarquons que de plus en plus d’habitants nous rejoignent dans ce combat pour ce qu’ils estiment être juste, la protection de tous les êtres sensibles. L’opinion dominante qui consiste à présenter la corrida à Bayonne comme une activité traditionnelle et incontournable prend fin.

Les Bayonnais ne se laissent plus « bâillonner » par la pensée unique !

Le Maire de Bayonne a inondé la ville cette année de publicités et d’incitations à aller voir ces séances de tortures.

Lors du conseil municipal du 8 février 2018, il a été voté un budget d’1,3 millions d’euros pour les corridas, dont 600 000€ pour la rémunération des professionnels (donc, entre autres, les matadors, tueurs en collants rose) et 200 000 € pour l’achat des taureaux. Il y a un écart de 500 000€, nous le demandons à nouveau, où sont passés ces 500 00 € ?

Nous le rappelons nous sommes pour nos fêtes, mais sans acte de torture !

Ne lâchons rien, continuons notre lutte. Ils ont de moins en moins d’adeptes et nous aurons l’abolition, elle est en marche grâce à vous, les militants.

Ce fut un bel happening et une belle manifestation anti-corrida.

Encore un grand merci à tous.

Carole Saldain
Déléguée du CRAC Europe et fondatrice du Collectif EHBAC, Euskal Herria Bayonne Anti Corrida

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