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UNE NOUVELLE AUDITION A L'ASSEMBLEE NATIONALE ! Mardi 1er février dernier, les représentants du CRAC, du CVA et de la FLAC ont été reçus et auditionnés par le groupe parlementaire pour la Protection des Animaux. |
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![]() Marland-Militello, Michel Roumégoux et Eva Souplet. De dos : J. Poignet, A. Camisuli et M. Huteau |
![]() M.J. Etienne, G. Perrin-Gaillard, M.W. Millereau |
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Madame Geneviève Perrin-Gaillard, députée socialiste de la 1ère circonscription des Deux-Sèvres, et présidente de ce groupe d’étude, avait en effet convoqué les trois structures pour les entendre sur le sujet de la corrida, ceci parallèlement à la proposition de loi de Madame Marland-Militello. Etaient présents :
Dès 16h15 (heure du rendez-vous), Madame Perrin-Gaillard a souhaité laisser la parole aux associations, qui s’étaient préalablement concertées pour se répartir les thèmes d’intervention : |
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Pour le CRAC, Jean-Pierre Garrigues a tout d’abord évoqué la protection de l’enfance : dénonçant l’entrée des mineurs dans les arènes (alors même que la Catalogne espagnole interdit depuis août 2003 l’entrée des arènes aux enfants de moins de 14 ans), mais aussi et surtout l’existence scandaleuse des écoles de tauromachie dans le sud de la France, avec un état des lieux réalisé en 2004. Puis les aspects économiques de la torture tauromachique ont été développés : chiffres des déficits des corridas sur les villes de Nîmes et d’Alès, distinction nette dans ce domaine entre féria et « spectacles » tauromachiques, contrairement à ce qu’essaye de faire croire le milieu taurin, dénonciation des corridas dites « de bienfaisance », exonérées de TVA … Enfin, quelques actions du CRAC ont été survolées : leur but : INFORMER : campagnes d’affichages 4 mètres par 3 (2003 et 2004), campagnes radiophoniques en cours, contacts permanents avec les médias… D’autre part, le CRAC a pour principe de ne rien avancer sans preuves : dans le DVD qui sera bientôt mis à la disposition de chacun des 577 députés (et dont un exemplaire est remis en primeur à Mme Marland-Militello et à Madame Perrin-Gaillard), les images parlent d’elles-mêmes. |
![]() G. Perrin-Gaillard, M.W. Millereau, J.P. Garrigues et D. Simon |
![]() J. Querelle et A. Camisuli |
Pour la FLAC, Josyane Querelle a parlé des diverses fraudes subies par le taureau pour l’affaiblir, avant et pendant la séance de torture : sevrage, transports, drogues, purgatifs, alimentation trop riche, afeitado, blessures hémorragiques etc. Les aspects qui apparentent le milieu taurin à une secte ont également été évoqués (infiltration des pouvoirs publics, démêlés judiciaires, argent, embrigadement de la jeunesse...) Enfin, l’ « exception culturelle », au nom de laquelle on peut déroger à la règle en toute légalité, a été dénoncée. Alain Camisuli a ensuite développé les modes d’action de la fédération : rôle de réflexion, mais aussi d’action : intervention auprès des élus, aspects juridiques de la lutte, et investigation sur l’extension des villes taurines (en 20 ans, on est passés de 41 à 71.) |
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Pour le CVA et le GRAAL, Christophe Barbero a dénoncé les soutiens dont bénéficie la mafia tauromachique actuellement : Soutien politique tout d’abord : alors que le peuple rejette la pratique tauromachique, la loi continue à le tolérer (la composition du groupe tauromachique elle-même est totalement opaque…) ; dans ce domaine, l’intérêt particulier semble prendre largement le pas sur l’intérêt général ! Soutien médiatique ensuite : qu’il s’agisse de la publicité ou des journaux télévisés, l’image donnée de la torture des arènes est esthétisante et racoleuse ! Volet juridique enfin : l’Angleterre a aboli la chasse à courre, en Espagne 17 villes se sont déclarée anti-taurines, l’Italie obtient des victoires substantielles dans le domaine de l’expérimentation animale. Un petit historique de la loi Grammont est fait : l’état des lieux n’est pas brillant en France : après 100 de « flottement » (corridas illégales mais pratiquées), nous voilà au bout de 50 ans de « tolérance »… |
![]() V. Sofroniades, C. Barbero, E. Hardouin-Fugier |
![]() Eva Souplet |
Valérie Sofroniadès représente également le CAC 83 et présente la motion qui a été votée à Mouans-Sartoux : dans le sens des villes espagnoles qui l’ont précédée, un vote du Conseil municipal a déclaré cette ville « anti-corrida et amie des animaux » en décembre dernier, vote historique dans une municipalité française. Eva Souplet, avocate spécialisée dans la lutte contre la maltraitance animale, est ensuite intervenue, pour dire que l’exception est devenue une règle en France « à cause » des rapporteurs de la Cour de Cassation, qui transigent presque systématiquement sur la notion de « tradition locale ininterrompue » dans le sens d’une extension de la corrida. |
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Concernant la jurisprudence, un seul arrêt a voulu restreindre cette interprétation, celui du 10 juin 2004, qui a souhaité augmenter les contraintes en développant les notions de « proximité immédiate », « spectacle régulièrement organisé » et « même manifestation » (tauromachie à l’espagnole). Donc, le problème est que le rapporteur a tout pouvoir sur l’interprétation… Constatant avec regret qu’il sera difficile d’abroger l’alinéa, elle propose d’en restreindre le champ d’application, en remplaçant la notion de « tradition locale » en notion de «tradition communale». Sur ce sujet, les trois associations présentes prendront position pour affirmer qu’il ne faut pas d’étape intermédiaire dans la modification de la loi ; cela retarderait d’autant l’abolition des corridas dans notre pays; Ces exposés devaient être suivis de questions des membres présents, puis d’un débat sur la question et les solutions à apporter au problème. Avant de prendre la parole, Madame Perrin-Gaillard demande à Messieurs Roumégoux et Rémillet s’ils ont des questions. Monsieur Roumegoux, vétérinaire de profession, parlementaire UMP, affirme que s’il n’aime pas personnellement la corrida, nos propos lui semblent outranciers : l’afeitado ne provoque à l’animal aucune douleur lorsque cela est fait dans les règles, puisque la taille n’atteint pas la « pulpe » de la corne… Nous lui expliquons justement que nous possédons un film qui montre le contraire, et que là encore, nous n’avançons pas sans preuve ! Nous lui précisons également que tous les toreros réclament une afeitado dure pour affaiblir le taureau. Ce à quoi il répond que si cela se passe réellement comme ça, cela est évidemment condamnable. Monsieur Rémillet annonce quant à lui qu’il a co-signé la proposition de loi de Madame Marland-Militello, et qu’en ce qui le concerne, il est totalement opposé à cette barbarie. Nous lui montrons les armes de torture, que nous avons amenées, et qui choquent profondément ceux qui les regardent de près (devise, pique, et banderilles). Il a signé notre pétition personnalités quelques minutes plus tard, de même que Madame Perrin-Gaillard. Une séance de 2 heures a suivi, où de nombreuses questions ont été posées par Madame Perrin-Gaillard et Monsieur Millereau, et de nombreuses réponses apportées par les différentes associations présentes. Les thèmes suivants y furent abordés : - Mme Perrin-Gaillard a demandé si on ne pouvait pas trouver un moyen de sensibiliser les associations des régions où la tauromachie est peu ou mal connue ? C’est le but des campagnes d’affichage et de sensibilisation ; nous nous rendons également dans des salons. - Elle a évoqué l’organisation d’un référendum d’initiative populaire ? Que ce soit à Fenouillet ou à Alès, les associations n’ont obtenu des autorités que des fins de non-recevoir ! - Elle suggère de demander que les régions ne subventionnent plus la torture tauromachique ; cela serait déjà un grand pas en avant ! - De nombreuses questions ont été posées sur l’économie de la corrida, pour que l’argument de la manne financière que ferait perdre l’abolition aux collectivités puisse être démontée. Sur ce point, nous avons pu donner à Mme Perrin-Gaillard de nombreux éléments. Elle demande aux associations de lui faire parvenir tous les chiffres en leur possession afin de monter un dossier pour ses collègues parlementaires des régions concernées… Elisabeth Hardouin-Fugier précise sur ce point que la Cour des Comptes a rendu public dans un rapport de 1997 que 50 millions de francs avaient « disparu » en Languedoc Roussillon… - Mme Perrin-Gaillard était également intéressée pour connaître les sponsors, directs ou indirects, privés ou collectivités publiques, qui contribuent elles aussi à donner de la corrida une image positive, festive ou simplement l’alibi d’être un spectacle comme les autres… Là aussi, de nombreux éléments de réponses ont pu lui être apportés. Mme Perrin-Gaillard suggère de mettre en balance les quelques milliers d’aficionados et l’immense majorité de Français opposés à la tauromachie. - Elle a aussi souhaité connaître le statut des écoles de tauromachie. J.P. Garrigues a répondu qu’il s’agissait pour les sept d’associations Loi de 1901. A Tarascon, elle est financée par la CAF et Joël Lunel dénonce depuis des années que l’on justifie cela par le fait de sortir les jeunes de la violence des banlieues ! Sur ce point Mme Perrin-Gaillard a été sidérée et nous a même demandé « Non, vous plaisantez ? C’est une plaisanterie ? » - Nous avons pu lui dire qu’il ne fallait pas sous-estimer l’importance du prosélytisme exercé en direction de la jeunesse par le milieu taurin (notamment Jean Grenet et son « passeport pour la tauromachie » à Bayonne). Les enfants peuvent être un angle d’attaque qui touchera ses collègues députés. Et si on interdisait l’entrée des arènes aux mineurs, comme le demande notamment le CRAC dans sa pétition personnalité, et ce en attendant l’abolition pure et simple, cela couperait l’herbe sous le pied des pro-taurins, et réduirait l’aficion de manière significative. Un « débat » sous forme de conversation a clos l’audition. Pour Madame Perrin-Gaillard, la proposition de loi n’a pratiquement aucune chance de passer… Il y a trois ans, elle a tenté de faire discuter une proposition sur la fourrure de chats et de chiens, et cela n’a toujours pas été discuté…Ce qu’elle souhaite, elle, c’est faire évoluer le statut de l’animal et y inclure bien entendu le problème de la corrida. Elle souhaite recevoir les politiques afin de comprendre comment on peut être favorable à cette pratique tauromachique. Josyane Querelle est d’accord avec Mme Perrin-Gaillard : cette proposition sera très difficile à faire aboutir… J.P. Garrigues reconnaît que ce ne sera pas facile mais s’inscrit en faux face à un tel point de vue plutôt défaitiste. Il précise que c’est le devoir de toutes les associations qui luttent contre la torture tauromachique de soutenir sans réserve et par tous les moyens cette proposition de loi, même si elle n’a qu’une chance sur mille d’aboutir. Car il est bien évident que si les associations abolitionnistes et les parlementaires opposés à la torture tauromachique ne soutiennent pas cette proposition historique de toutes leurs forces, on peut sérieusement se poser des questions… Elisabeth Hardouin-Fugier précise qu’il s’agit là également d’un combat contre la violence, à une époque où l’on cherche des solutions à ce problème… Monsieur Millereau résume les solutions : - On peut agir dans le relatif sur le particulier (restriction sur la loi) - On peut agir dans l’absolu sur le particulier (abolition de l’alinéa 3) - Mais on peut aussi agir dans l’absolu sur le général, en faisant évoluer le statut de l’animal, ce qui rejoint le point de vue de Mme Perrin-Gaillard. Eva Souplet pense que c’est une bonne stratégie. Geneviève Perrin-Gaillard demande aux associations de préparer des questions écrites à poser à chaque ministère sur le problème de la corrida à travers ses différents aspects. Elle pourra les transmettre et porter notre message. Le groupe « tauromachie » étant le seul qui ne comporte aucun nom sur le site de l’Assemblée, Madame Perrin-Gaillard a demandé à ce qu’ils soient saisis et vérifiera d’ici un mois ou deux que cela soit bien fait… Elle nous fait passer la liste des parlementaires qui appartiendraient à ce groupe, et qu’elle a réussi à obtenir. |
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Un grand merci à Madame Perrin-Gaillard de nous avoir reçus.
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