Les finances de la corrida : un puit sans
fond pour l’argent public !
Contribuables, vous financez tous la torture
tauromachique !
C’est le message que nous tentons de faire
passer auprès de nos concitoyens pour les réveiller
et les faire réagir.
Mais les finances de la tauromachie sont pour le moins opaques !
De manière traditionnelle, le paiement des différents
acteurs (éleveurs, imprésarios, picadors ou toreros
et éventuellement journalistes taurins…) se fait
en liquide.
Nous n’accusons pas sans preuves ! Dans l’émission
« Al descubierto », diffusée le 5 juin 2002 sur
TVE 3, télévision nationale espagnole, on apprend par
Alfonso Navalon, éleveur de taureaux et chroniqueur taurin
qu’il est tout à fait habituel pour un imprésario
ou un torero de payer les journalistes taurins pour avoir une bonne
critique… Pour Luc Jalabert, directeur des arènes d’Arles,
il faut compter 200 000 euros pour une corrida moyenne (45
000 euros pour chaque torero, et 9100 euros par taureau - «
Le Point », 2 août 2002). Pour El Juli,
matador à la mode, le cachet peut atteindre 150 000
euros par corrida ! D’après Erik Colmon, directeur
de la revue taurine l’Echo du Callejon : « même
dans une corrida qui perd de l’argent, il y a des personnes
qui arrivent à s’en mettre plein les poches ».
Et ce sont des spécialistes qui le disent !
Pour bien comprendre le financement des corridas, un travail d’investigation
est nécessaire. Le plus souvent, il n’aboutit pas. En
revanche, notre action sur la ville d’Alès
a permis d’obtenir non seulement les subventions directes pour
la corrida de 1997 à 2000, mais aussi la copie complète
du contrat de délégation qui lie la ville d’Alès
à la SARL portugaise « Sociedad Agricola Dos Arinhos
» dirigée par Joao Folque de Mendoça. Ces documents
n’ont pu être obtenus qu’en faisant intervenir la
CADA (Commission d’Accès aux Documents Administratifs
qui dépend directement du premier ministre).
Après de nombreux déboires liés à une
simple convention signée entre la mairie d’Alès
et la société Luc Jalabert jusqu‘en 2000, les
pouvoirs publics locaux déploraient une forte baisse de fréquentation
et un déficit croissant. Ainsi en quatre ans
(1997-2000), 71527 euros ont été versés
par la mairie en subvention directe.
A partir de 2001, et pour une période de 4 ans, Joao Folque
de Mendoça est donc le prestataire de service (de sévices
?) pour les spectacles tauromachiques. Sa rémunération
annuelle est de 30489 euros . En quatre ans, on passera donc logiquement
à 121956 euros, soit près du double des quatre années
précédentes : la gestion de la corrida ne s’améliore
pas à Alès pour le pauvre contribuable !
Mais ce n’est pas tout ! Car le prestataire de services
perçoit également 50% des droits de retransmission TV,
les arènes sont mises gratuitement
à sa disposition pendant 8 jours, ainsi qu’une
sonorisation. Par ailleurs, la préparation
de la piste des arènes avant chaque spectacle, ainsi que leur
nettoyage après chaque spectacle est à
la charge de la ville. Du personnel municipal,
badgé, est donc mis à disposition du délégataire.
Et il y a en tout 5 spectacles (une corrida, une corrida de rejon
– corrida à cheval au cours de laquelle le cheval ne
bénéficie d’aucune protection- , une novillada,
une capea et une course camarguaise) ! La ville met également
à disposition, à ses frais, une ambulance de pompiers
et du personnel médical.
Enfin le prestataire empoche 100% des recettes de billetterie
et 100% des recettes de la buvette des arènes. La
recette de la vente des dépouilles des taureaux
lui revient également…
C’est ce que l’on appelle un
pont d’or ! Le type de contrat s’appelle
d’ailleurs de la « Régie intéressée
» ! Cela ne s’invente pas !
Nous tentons d’obtenir des informations sur un autre aspect
de l’économie de la corrida : le financement public de
la commission taurine extra-municipale… Qui paye les déplacements
en Andalousie ou ailleurs des membres de la commission quand ces derniers
vont choisir les taureaux sur place ? Les contribuables pour changer
?
En définitive, l’ensemble des frais directs ou indirects
que doivent payer les contribuables alésiens (n’oublions
pas l’entretien des arènes) dépassent largement
les 400 000 francs (60978 euros) annuels.
Le cas de la ville d’Alès est représentatif
du financement public de cette activité si particulière
: on annonce un chiffre de subvention directe à un prestataire
de service et on multiplie les subventions à des structures
« écrans » (commission taurine extra-municipale,
clubs taurins…) et les aides indirectes à travers des
mises à disposition de bâtiments et /ou de personnel
municipal… Et tout cela dans une ancienne ville minière,
qui compte seulement 40 000 habitants et dispose de peu de ressources…
Dernière heure ! Le jeudi 23 septembre 2004,
le conseil municipal de la ville d’Alès augmente la contribution
des citoyens de 18% : 36 000 euros offerts par la ville au
prestataire de sévices pour deux jours de torture !
Une nouvelle preuve que ce spectacle odieux est déficitaire.
Sans fonds publics la corrida ne peut pas
exister !!!
En 1999, le maire actuel de la ville de Nîmes,
première ville taurine française, a
reconnu un déficit de près de 2 millions d’euros
uniquement pour les spectacles tauromachiques ; des subventions
publiques ont comblé le déficit.
Les travaux de différentes structures anti-corrida comme
le tout nouveau Anti Bullfighting committee Belgium mettent en évidence
l’existence d’un financement européen de
la corrida à travers les subventions agricoles
aux bovins mâles et aux vaches allaitantes. La seule
subvention aux taureaux dits « de corrida » représente
plus de 2 millions d’euros, sans compter le
reste du troupeau (taureaux de réforme et bovins femelles).
Il est très difficile d’estimer précisément
le montant total de ces subventions européennes car les élevages
de taureaux destinés aux corridas ne sont pas identifiés
comme tels, ce qui arrange beaucoup de monde…
La France entière ne compte pas plus de 5000 amateurs de
corridas. Aussi, pour remplir une arène, il faut une feria.
Ce genre de fête attire des visiteurs, parfois venus de loin,
en leur offrant de nombreux divertissements gratuits, payés
par les contribuables : spectacles équestres, concerts de rue,
etc... Sans cette immense subvention municipale qu'est la
feria, les arènes resteraient vides et les corridas disparaîtraient.
En revanche, la feria n'a nul besoin de tauromachie pour
prospérer !
La corrida, ce n’est pas un « pan de l’économie
du sud de la France ». L’analyse économique des
différents acteurs le démontre :
1) Les toreros et leur cuadrillas :
L’immense majorité des toreros doivent payer
pour toréer en Espagne comme en France (émission
« Al Descubierto » 6 juin 2002). On peut estimer qu’en
Europe seule une douzaine de toreros vivent de leur pratique barbare.
2) Les éleveurs :
Près de 95% des bovins issus des élevages de
taureaux dits « de combat » vont directement à
la boucherie (veaux, velles, génisses, vaches et taureaux
– estimation CRAC à partir des données disponibles
sur les élevages). Par ailleurs en 2003, 85%
des taureaux massacrés dans les arènes françaises
étaient importés d’Espagne (sur un total
de 1177). Il n’y a donc eu que 176 taureaux français
impliqués dans l’économie de la corrida en 2003,
année record du nombre de corridas en France (source : «
corridas en France » 2003 ; Marc Lavie, Ed. Atlantica). Quand
on examine les chiffres pour les corridas formelles, on tombe à
8% de taureaux français soit 36 animaux… La corrida est
donc totalement marginale pour le maintien économique de ces
élevages. On recycle les taureaux français dans les
novilladas et les festivals de malfaisance.
3) Les communes, conseils généraux et régionaux
:
Nous avons déjà démontré précédemment
que les corridas étaient déficitaires même pour
les grandes arènes. Elles ne subsistent qu’à grand
renfort de subventions. A Nîmes, encore 289
600 euros de déficit en 2002 alors qu’il s’agit
d’un marché de délégation et que le prestataire
devrait au contraire payer une redevance à la mairie pour l’utilisation
des arènes ! A Nîmes, toujours en 2002, la mairie à
allouer une subvention de 12 000 euros aux associations tauromachiques
dont l ‘école de torture de la ville !
4) Les touristes...
Non seulement les corridas n’attirent pas les touristes
(contrairement aux ferias), mais elles les font fuir ! Et
ce phénomène est en train de s’amplifier. Des
tours operators commencent à boycotter les villes de sang
(voir dans la Rubrique SOUTIENS le document
de Hugh Mac Donald, tour operator canadien).
Actuellement, suivant les villes, seulement 1 à 5%
des visiteurs des ferias vont voir des corridas !
Alors à qui profite
le crime ? ...
A un tout petit nombre d’individus, à commencer par
les apoderados, impresarios des toreros et organisateurs
des corridas : les frères Jalabert en Arles,
« Simon Casas Production » à Nîmes,
Robert Margé à Béziers…
Nous avons la preuve qu’en Espagne, la presse est largement
arrosée par le milieu taurin pour faire de nombreux articles
à la gloire des toreros… Qu’en est-il dans le sud
de la France ? Quand on voit les quatre premières pages de
quotidiens régionaux traitant exclusivement du sujet, on est
en droit de s’interroger… En France, la corrida
profite économiquement à quelques centaines de personnes,
pas plus.
A quand des ferias sans corrida ?
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