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PROTECTION DE L'ENFANCE     
  Les Écoles du crime en France :  le point au 24 février 2004
Travail réalisé pour Charlie Hebdo
Source pour la ville de Béziers : Francette Prat, présidente du COLBAC et JP Garrigues
Sources pour la ville de Tarascon : Joël Lunel, membre du CRAC et JP Garrigues
Autres villes : Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC
A Nîmes, le « centre français de tauromachie », association loi de 1901, existe depuis 20 ans. Son responsable, Christian Lesur, présente son travail comme un sacerdoce ! Comme la plupart des responsables de ce type d’association barbare, c’est un torero raté… Son action est bénévole, dit-il. Ancien matador et universitaire (dixit !) , il ne trouve personne pour le remplacer (bonne nouvelle !). Cette école enseigne l’art de la torture à une vingtaine d’élèves très motivés (d’après Lesur), âgés officiellement de 12 à 16 ans… Les activités sont régulières tout au long de l’année. « L’enseignement » a lieu le samedi après-midi dans des arènes privées dans la banlieue de Nîmes ou aux arènes de Bellegarde. En janvier-février, des vachettes sont louées pour l’entraînement. En mars-avril, des sorties « au campo » permettent de faire des démonstrations dans le cadre d’animations pour les  « fêtes des manades » (on apprend donc à torturer en privé !) qui accueillent 200 à 300 personnes : une ignoble boucherie !

En été, des novilladas avec mise à mort ont lieu. Les jeunes portent alors « l’habit de lumière ». Le « centre français de tauromachie » est la seule école du meurtre à pratiquer des échanges avec des écoles espagnoles (du moins pour le Languedoc-Roussillon). L’école nîmoise est agréée par le ministère de la jeunesse et des sports ! Les subventions proviennent de la mairie, du conseil général et du conseil régional…

Lesur aide l’école de Tarascon. Des entraînements ont souvent lieu ensemble. Lesur est le co-directeur de la nouvelle école de Béziers. Ce samedi 13 décembre 2003, Lesur a apporté son aide pour l’ouverture de l’école de Béziers.

A Tarascon, le montage est pour le moins surprenant ! Il s’agit pour cette école du meurtre d’un financement mairie – mutuelle de Tarascon – et… De la Caisse d’Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône !

M. Laupies, directeur de la mutuelle « santé, culture et loisirs » (du genre CPNT !) présente son école  comme « socio-culturelle », ne dépendant pas directement du milieu taurin, avec un volet camarguaise et un volet tauromachie espagnole (collusion entre les deux une fois de plus !). La mutuelle dépend du ministère de la santé ! L’objectif affiché est de sortir des jeunes en difficulté de leurs quartiers : ON NAGE EN PLEIN DELIRE !!!

L’école a été créée le 7 mars 2001, sous contrat avec la ville. L’objectif, c’est seulement l’initiation. Le recrutement se fait à Tarascon exclusivement. Les élèves au nombre d’une petite dizaine (deux ou trois d’après d’autres sources du milieu taurin !) bénéficient de la gratuité totale. D’après M. Laupies, quatre à cinq élèves sont bons en tauromachie espagnole. La fourchette d’âge officielle est de 12 à 17 ans… Les deux moniteurs sont José Manrubia pour la torture tauromachique et Riad Tourki pour la camarguaise. Les arènes de Tarascon présentent deux démonstration par an : Toussaint et le premier mai. Les entraînements ont lieu le mercredi après-midi dans les arènes de Tarascon.

A Béziers, une école du crime ferma ses portes, ou plutôt agonisa très discrètement en 1996-97. Faute d’animateurs et d’élèves ! Enfin une bonne nouvelle ! Malheureusement, sous l’impulsion de Didier Bresson, adjoint à la tauromachie et aux arts plastiques, cette école de la barbarie a redémarré le samedi 13 décembre 2003. Les co-directeurs sont Christian Lesur (encore lui !) pour la partie technique, et Didier Bresson pour l’administratif. Les cours sont dispensés par José Manrubia (tiens encore lui !) et San Jillen, deux toreros ratés. L’initiation à la torture aura lieu le mercredi et le samedi après-midi.

En Arles, «  l’école taurine d’Arles », association loi 1901, est subventionnée par la ville, des locaux sont mis à disposition, ainsi que des arènes portatives. Le président et moniteur est Paquito Real, torero subalterne en activité. L’école compte 11 élèves pour la tauromachie espagnole que l’on amène jusqu’à la novillada piquée. Après, ils sont pris en charge par un impresario… Trois autres moniteurs secondent le responsable de l’enseignement de la barbarie.

Cette école est subventionnée également par « Schneider electric » et le centre de vacances « Maeva » (quartier Fourchon, 13200 Arles) !

Et comme si ce tour du sud de la France de l’horreur ne suffisait pas, à Cardet,  entre Alès et Nîmes, dans le Gard, un certain Damien Donzala, rejoneador en activité,  à créé en novembre 1999 « l’école de tauromachie à cheval », association Loi de 1901. Il a pris l’alternative en 2000 à Alès. La corrida de rejon ou corrida équestre consiste à massacrer à l’arme blanche de malheureux taureaux, perchés, bien à l’abri sur des chevaux qui ne bénéficient d’aucune protection.  « A cause des inondations, dans le Gard, je reçois très peu de subventions » déplore le cavalier de la mort. Vraiment, quelle honte ! Les sinistrés sont donc prioritaires !  Le tortionnaire à cheval, qui commence par mater les chevaux par des séances de « dressage », se confie : « j’ai beaucoup souffert de l’absence de ce type d’école quand j’ai commencé à toréer à cheval, j’ai dû me former moi-même ».Il a beaucoup souffert !!! Mais de la souffrance des chevaux et des taureaux, juste bons à torturer à mort, il n’en parlera pas ! Et de rajouter : « l’objectif de l’école : permettre à des jeunes de descendre des gradins et de monter sur des chevaux de tauromachie… » Le passage aux travaux pratiques en quelque sorte !

Les élèves de cette école si particulière sont âgés en moyenne d’une vingtaine d’année car ils doivent avoir un bon niveau en équitation (5ème ou 6ème galop). Les différentes phases de l’entraînement sont les suivantes : « des heures au carreton pour apprendre à banderiller, créer une lidia, s’approcher d’une petite vache ou d’un taureau apprivoisé. Mais la formation va jusqu’à la novillada sans picador, avec mise à mort bien entendu, de jeunes taureaux de 2 à 3 ans ! Les entraînements ont lieu le samedi après-midi et le mercredi. Mais on organise aussi des stages pendant les week-ends ! L’école a compté jusqu ‘à 15 élèves. Aujourd’hui, il n’y en a plus que 5 ». Enfin une bonne nouvelle ! Un seul « ancien élève » a fait des corridas équestre : Alexandre Perez qui a arrêté depuis. Les débouchés ? « C’est très dur » déclare Donzala, « la plupart ne poursuivent pas dans cette voie car une cavalerie coûte très cher ». Actuellement aucun élève n’est apte à continuer. Finalement, cette école ne marche pas ! En attendant, des jeunes viennent se faire plaisir en matant des chevaux et en torturant à mort de jeunes taureaux ! Quelle belle jeunesse ! Et quelle motivation ! Et le sud-ouest ?

Plus de la moitié des séances de torture tauromachique ont lieu dans le sud-ouest de la France. Pour les associations anti-corrida languedociennes, le sud-ouest est un peu la « terra incognita ». Il eut été très étonnant que cette région ne comporte pas d’écoles du crime. Après enquête, il existe bel et bien deux écoles, l’une à  Hagetmau, l’autre à Campet-et-Lamolère, dans les Landes, proches de Mont-de-Marsan.

A campet-et-Lamolère, Gilles Marsal, torero en activité et président de l’association « Ecole taurine du grand sud-ouest » sévit auprès de la jeunesse depuis près de quatre ans… Depuis deux ans, il a construit lui-même des petites arènes pour l’entraînement jusqu’à la mise à mort précise-t-il. Quelle motivation ! Il propose également des stages de deux jours aux aficionados : formation accélérée pour toréer une vache en 48 heures. Les élèves quant à eux, ont entre 11 et 17 ans. Deux élèves espagnols naviguent entre les écoles de torture de France et d’Espagne. Deux autres petits de 12 ans feront des capeas courant 2004. Le 8 février 2004 à Magesq, aura lieu dans des arènes couvertes une fiesta campera : le matin des élèves pratiqueront la torture et l’après-midi ce sera au tour des adultes…

En ce moment, l’école compte 5 élèves. Le 8 février, deux élèves tueront « juste pour se faire plaisir » annonce fièrement Gilles Marsal. Mais quelle bande de psychopathes !!!!

La ville de Dax doit aider financièrement cette école, ainsi que le conseil général.

A Hagetmau, les femmes s’y mettent sérieusement. Ainsi, Béatrice Brettes, aficionada depuis 23 ans passe à l’action. Elle a créé le « centre de tauromachie d’Aquitaine » en novembre 2003. Son association loi 1901 est soutenue par le ministère de l’intérieur espagnol (dont dépend la tauromachie en Espagne). Elle reçoit des subventions de la mairie d’Hagetmau, du conseil général et du conseil régional. Mme Brette a constaté qu’il manquait des structures pour former des novilleros : bonne nouvelle, il y aurait pénurie !

Les entraînements ont lieu le samedi toute la journée. L’école accueille 8 à 10 élèves de 9 à 19 ans. Un élève est âgé de 7 ans !!!  Pour la responsable de cette école, l’essentiel est d’assouvir sa passion. Différents toreros vont se succéder comme moniteurs pour donner un maximum de modèles aux jeunes. Chaque personne torée comme il le ressent dit-elle. Julien Escarret, assassin en activité, joue le rôle de coordonnateur. Mme Brettes prépare également des conférences pour le public aquitain qu’il faut former ! Elle invente de nouveaux matériels : « carreta de matar et de descabello », petites brouettes de la mort virtuelle en attendant mieux ! Un site internet est en cours de constitution, hébergé gratuitement par e-France. Que d’énergie dépensée pour pouvoir torturer à mort…

Le système utilisé à Bayonne pour attirer les jeunes à ces pratiques barbares n’est guère mieux que les écoles taurines… M. Yves Ugalde, directeur de cabinet du Député-Maire Jean Grenet (à l’origine du groupe parlementaire « tauromachie » à l’assemblée nationale, et qui travaille actuellement pour faire reconnaître le statut des toreros - actuellement intermittents du spectacle – et leur assurer une couverture sociale !) explique fièrement  la technique d’embrigadement de la jeunesse au pays basque. Des « tickets découverte » sont remis gratuitement aux jeunes pour qu’ils aillent aux arènes voir des corridas ou assister à une démonstration (officiellement à partir de 10 ans ! Pendant les vacances…). Pour qu’ils puissent s’initier aux « rudiments de la tauromachie » : ils toréent de salon avec la carreta (une espèce de brouette avec deux cornes poussée par un crétin). Il n’y a pas de bétail, précise Yves Ugalde : effectivement, il n’y a que la valetaille ! Ces joyeusetés commencent dès Pâques pour s’achever en octobre-novembre.

L’initiation sous l’égide de la mairie va quand même jusqu’au maniement de la cape, muleta et épée ! Ensuite un club taurin de la ville prend la relève pour « passer aux choses sérieuses ». En gros, la mairie sert de rabatteur pour la « traite des enfants » !

M. Ugalde est très fier de préciser que 3 à 4 filles chaque année s’intéressent beaucoup et participent aux différentes étapes de l’initiation. Finalement, ils sont très ouverts à Bayonne ! A quand la parité ? Ce dont M. Ugalde ne se vante pas, c’est que le club taurin bayonnais le plus connu est interdit aux femmes… On reste quand même entre gros beaufs aficionados ! Il ne faudrait pas pousser ! Respectons la tradition !

A Bayonne, c’est la quatrième année que le « ticket découverte » a été mis en place. Petit détail : le fils du concierge de la mairie est novillero, cela facilite bien les choses !

A Dax, Eric Larrieu, chargé de communication à la mairie pour les ferias et le festival taurin précise qu’il n’y a plus d’école taurine depuis 10 ans. Les clubs taurins assurent le travail d’initiation… Au passage, on apprend que les taureaux et les cuadrillas sont payés directement par la mairie lors des corridas. La mairie de Dax travaille donc en régie et remplace les impresarios : quelle économie ! Conclusion : il y a donc six écoles de la mort dans le sud de la France…Ils sont tous plus ou moins en cheville ! Ils sont peu nombreux, on retrouve toujours les mêmes trognes ! Ce travail d’investigation confirme un certain nombre de points : ces écoles du crime attirent un très petit nombre de jeunes, pas plus d’une cinquantaine pour tout le sud de la France (c’est déjà évidemment beaucoup trop) ;

par voie de conséquence, ces structures ignobles ne subsistent que grâce à la volonté de politiciens pourris qui financent le fonctionnement ; à Dax comme à Béziers, ces écoles de la mort disparaissent discrètement au bout d’une longue agonie : on ne claironne pas la fin d’une école taurine ! certaines municipalités, comme Bayonne, mettent au point des systèmes pervers pour inviter et inciter les enfants et les adolescents à s’initier à cette pratique barbare. Le sud-ouest ne vaut guère mieux que le Languedoc et l’action des élus dans l’embrigadement de la jeunesse est manifeste dans tout le sud de la France Nous devons en priorité dénoncer les cautions des différents ministères (santé à Tarascon et jeunesse et sport à Nîmes). Il y a urgence !

Les discussions cordiales (ce fut dur) avec tous ces acteurs de la torture codifiée, organisée, apôtres de l’ultra violence, feraient presque oublier le sujet : le massacre à l’arme blanche de veaux par des enfants et adolescents. Des animaux torturés à mort, qui hurlent leur douleur et dont le regard rempli d’incompréhension pose une simple question : pourquoi ? Et des enfants qui, à l’âge adulte, feront certainement de très bons tortionnaires. Car passer à l’acte sur leurs congénères ne fera certainement pas peur à ces êtres à qui l’on enseigne que « Dieu a créé le taureau pour qu’il meure dans l’arène » (dixit Marie Sara, la massacreuse de taureaux et de chevaux).

Comme le dit fort bien Gérard Charollois, président de la CVN : « la loi ne doit pas tolérer la torture, elle doit l ‘abolir ». Et son enseignement a fortiori ! Dernière nouvelle : suite à des problèmes internes, l’un des « torero-éducateur » a quitté l’école de torture de la ville d’Arles. Il va dispenser sa science du crime ailleurs et une nouvelle école devrait s’ouvrir à St Rémy de Provence le 8 avril 2004. Le jeudi 24 juin, une démonstration devrait avoir lieu dans les arènes devant les élèves des écoles primaires et du collège de St Rémy… On n’arrête pas le progrès ! (source « La Provence » du 31 janvier 2004).