La corrida sera-t-elle abolie dans le berceau de la tauromachie avant de l’être en France ?
L’association barcelonaise ADDA (Association de Défense des Droits de l’Animal), en collaboration avec la WSPA (World Society for the Protection of Animals, qui a son siège à Londres), avaient initié, il y a deux ans de cela, une campagne pour que Barcelone soit déclarée ville anti-corrida. Elles avaient « flairé » une occasion unique du fait de la célébration, en mai 2004, à Barcelone même, du Forum Universel des Cultures qui durerait jusqu’à septembre et dont les slogans de diversité culturelle, de paix et de développement durable étaient résumés dans la phrase suivante : "Travaillons ensemble pour le monde que nous voulons". Il est clair que ceux qui défendent les animaux désirent un monde de paix sans violence ni torture… Incompatible avec l’existence des corridas… En mars 2002, l’agence Demoscopia (une des plus importantes agences de statistiques d’Espagne) avait réalisé un sondage en Catalogne, et un an plus tard (en mars 2003), à Barcelone. Ces deux sondages posaient des questions pratiquement identiques. Les résultats se sont aussi avérés pratiquement identiques et ont montré dans les deux cas qu’une immense majorité de catalans et de barcelonais rejetaient la cruauté des corridas. La collaboration de toute la Catalogne, aussi bien que du reste de l’Espagne et du reste du monde, spécialement d’Europe, a été fondamentale pour réunir les 245 000 signatures et lettres personnellement adressées au maire Joan Clos.
Le 25 mars 2004, la WSPA et l’ ADDA ont organisé, devant l’hôtel de ville de Barcelone, la remise officielle des 245.000 lettres et signatures recueillies dans le monde entier afin que Barcelone soit déclarée ville anti-corrida avant le Forum Universel des Cultures qui commencera le mois prochain.
Manifestation devant la mairie de Barcelone
La banderole du CRAC dans la capitale catalane 25 mars 2004 g. à d. : J.P. Dunyach, C. Rodriguez, D. Simo
De nombreuses associations espagnoles et étrangères, dont le CRAC, qui avaient collaboré activement à la campagne "Barcelona Ciudad Antitaurina 2004 ", sont venues depuis leurs pays d’origine afin d’encourager et de soutenir cet important événement.
La manifestation s’est très bien déroulée. Les nombreux drapeaux et banderoles ont contribué à l’atmosphère universelle et pacifique de cet acte et l’intérêt porté par certains politiciens à notre requête anti-corrida a été très réconfortant. En effet le maire de Barcelone, M. Joan Clos, n’ayant pu lui-même être présent, avait délégué son maire-adjoint, M. Jordi Portabella, pour recevoir, en son nom, les lettres et signatures réunies par la campagne et permettre à ADDA et WSPA de s’entretenir avec lui au nom de toutes les associations collaboratrices et des milliers de citoyens opposés aux corridas.
Chose encore plus satisfaisante, M. Jordi Portabella, du parti de gauche ERC (Esquerra Republicana de Catalunya), s’est déclaré publiquement, lors de cette manifestation, anti-corrida. Position qui s’est avérée être celle de trois autres personnages politiques présents ce même jour : l’ex -député catalan à Madrid : M. Jordi Marti, la représentante des Verts catalans (ICV) : Mme Imma Mayol, également conseillère municipale de Barcelone et Mme Magda Oranich, conseillère municipale et représentante du parti de centre-droite (CIU).
Ainsi, le 6 avril dernier, lors de la réunion plénière du conseil municipal de Barcelone, un événement historique a eu lieu lorsque le maire a permis un vote secret afin que les conseillers municipaux puissent s’exprimer librement sur le sujet de la corrida. Le résultat a été sans ambiguïté : 21 votes en faveur de Barcelone anti-corrida, 15 contre et 2 abstentions.
Il s’agit d’un grand pas vers l’abolition des corridas en Espagne car, même si le conseil municipal de Barcelone ne peut légalement interdire les corridas, les opposants à la torture tauromachique ont maintenant suffisamment de poids pour solliciter cette interdiction auprès du Parlement catalan, qui, lui, a le pouvoir légal de prendre une telle décision.
De cette façon, les corridas ne seraient pas seulement abolies à Barcelone mais dans le reste de la Catalogne également.
A ce jour, seize villes de Catalogne espagnole se sont déclarées officiellement opposées à la torture tauromachique, en se proclamant villes anti-taurines.
Cette liste nous a été communiquée par l’association ADDA (Asociación Defensa Derechos Animal), et a été confirmée par le PACMA, le parti politique anti-corrida de Tarragona (Catalogne).
1) Tossa de Mar (1989 - Girona)
2) Vilamacolum (1991 - Catalunya)
3) La Vajol (1991 - Catalunya)
4) Calonge (1997 - Girona)
5) Barcelona (2004 ciudad)
6) Torelló (2004 - Barcelona)
7) Calldetenes (2004 - Barcelona)
8) Olot (2004 - Girona)
9) Ripoll (2004 - Girona)
10) Tavertet ( 2004 - Barcelona)
11) Manlleu (2004 - Barcelona)
12) Granollers (2004 - Barcelona)
13) Valls (2004 - Tarragona)
14) Molins de Rei (2004 - Barcelona)
15) Sant Feliu de Llobregat (2004 - Barcelona)
16) Bellpuig (2005 - Lleida)
17) Abrera (2005 - Barcelona)
18) Sitges (2005 - Barcelona)
19) Sant Cugat (2005 - Barcelona)
20) Banyoles (2005 - Girona)
21) Cerdanyola (2006 - Barcelona)
22) Sant Andreu de la Barca (2006 - Barcelona)
23) Mollet del Vallès (abril 2006 - Barcelona)
24) Teià (mayo 2006 - Barcelona)
25) Sant Quirze de Besora (mayo 2006 - Barcelona)
26) Gironella (mayo 2006 - Barcelona)
27) Cabrera de Mar (mayo 2006 - Barcelona)
28) CABANES de l’Alt Empordà (junio 2006 - Girona)
29) Sant Iscle de Vallalta (junio 2006 - Barcelona)
30) GUISSONA (junio 2006 - Lleida)
La Catalogne espagnole semble donc avancer à grands vers l’abolition de la torture tauromachique… De plus, l’Espagne étant divisée en 17 provinces autonomes, on peut espérer que d’autres suivront l’exemple. La nouvelle s’est rapidement propagée dans le monde entier et des médias de l’Europe entière ont évoqué cette décision…












