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Saut dans l’arène de Rodilhan par GrisouTV
NO PROVOCATION.... JUST ABOLITION ! Le 8 Octobre... par ptit_teufeuse
Rodilhan - Agression d’un journaliste de France 3 par jeromelescure
COMMUNIQUÉ DU CRAC EUROPE POUR LA PROTECTION DE L’ENFANCE 9 octobre 2011
Du pain et des jeux ! Écoles de torture, écoles de la violence !
Samedi 8 octobre à 15 h 50, les associations CRAC Europe pour la protection de l’enfance (France), Droits des animaux (France) et Animaux en Péril (Belgique) ont investi les arènes de Rodilhan, petit village à quelques kilomètres de Nîmes. L’agglomération nîmoise organisait la finale de « Graines de toreros ». Spectacle gratuit, payé par les contribuables, bien entendu. Spectacle au cours duquel six veaux devaient être torturés à mort, hurlant de douleur sous les coups d’épée d’apprentis tortionnaires. Notre objectif : empêcher la tenue de ce spectacle ignoble par une action pacifique d’occupation de l’arène.
À 15 h 50 donc, 30 militants ont déployé dans les gradins une quinzaine de banderoles pendant que 65 autres pacifistes allaient s’enchaîner sur le sable. C’est alors que le monde de la tauromachie a montré une fois de plus son vrai visage : celui de la haine, de la violence ; celui de la barbarie. Les 65 militants ont été tout simplement roués de coups : coups de pied et coups de poing à la tête et dans le dos. Bras, pieds et jambes tordus. Certains militants ont été traînés par les cheveux. Des spectateurs sont descendus dans l’arène pour participer à la curée. D’autres debout, le bras tendu, poing serré et pouce vers le bas, demandaient notre mise à mort. Cette sauvagerie, cette pluie de coups a duré près d’une demi-heure pour celles et ceux qui ont résisté le plus longtemps. Aucun militant n’a répliqué, aucun militant n’a insulté. Les consignes étaient claires et ont été respectées à la lettre.
Ivres de haine et aussi d’alcool pour bon nombre d’entre eux, des spectateurs se sont attaqués à un caméraman de France 3 (info diffusée sur France 3 Sud samedi 8 octobre, au journal du soir). Vingt militants portent plainte et font constater leurs blessures depuis dimanche 9 octobre. Une militante a le pied fracturé, de nombreuses contusions, elle est en état de choc et vient d’obtenir une ITT de plus de huit jours. Une autre a deux côtes fracturées, un autre a reçu de manière volontaire l’eau sous pression d’une lance à incendie dans l’oreille. Il est en état de choc. Une militante a eu ses vêtements arrachés, elle porte plainte pour attouchements. Les organisateurs étaient présents, à commencer par Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, sénateur du Gard et président de l’agglomération nîmoise. Ils n’ont rien fait pour faire cesser le massacre. Tous les militants portent plainte pour non-assistance à personne en danger.
Nous n’en resterons pas là, d’autres actions viendront, plus fortes, plus nombreuses, toujours pacifiques. Faudra-t-il que des militants soient gravement blessés ou y laisse leur vie pour qu’enfin les politiques prennent leurs responsabilités ? Les élus aficionados, par leur silence coupable, se mettent clairement du côté de la populace violente et haineuse. Du côté des tortionnaires, des sadiques et des assassins en puissance. Quand on est capable de torturer des animaux pour le plaisir, on est capable de s’attaquer à des militants pacifistes qui ne se défendent pas non plus. Le monde de la corrida est le monde de la lâcheté et de la violence !
Saluons enfin le « courage » du ministre de l’Inculture, Frédéric Mitterrand, pour avoir élevé au rang de patrimoine culturel de la France ce spectacle abject !
Pour l’ensemble des courageux militants
Jean-Pierre Garrigues, vice-président du CRAC Europe
Rassemblement anti corrida arène rodilhan (08.10... par licaon
Quand on est arrivés près des arènes, par petits groupes de deux, on est passés près du camion où vous attendiez, sans le savoir, votre massacre prochain. Alors je vous ai envoyé une pensée, « on va faire en sorte d’empêcher le massacre »…
Et puis on est rentrés, comme hors du temps, dans cette arène — malaise, je regardais les gens autour de moi et je me demandais, comment peuvent-ils venir là comme s’ils venaient au théâtre ? Ils riaient, se disaient bonjour, attendaient… Nous, nous savions qu’ils allaient être surpris. Alors ça nous donnait la force.
15 h 50, le coup de sifflet, on déploie les banderoles ; il leur a fallu moins de trois minutes pour intervenir, une dizaine de fous furieux qui nous ont sauté dessus, certains sont montés directement, d’autres tiraient d’en bas, donnaient des coups de balai, ils arrachaient, tiraient, hurlaient… Ce n’étaient pas des êtres humains que nous avions en face de nous, c’étaient des psychopathes.
Une fois les banderoles arrachées, ils se sont un peu apaisés, mais ils n’avaient pas encore vu ce qui se passait en bas. Nos amis de combat s’étaient enchaînés sur le sable de l’arène ; plus de 50 personnes criaient « Abolition ! Abolition ! » en levant le poing. J’ai essayé d’aller récupérer une banderole, mais un type m’a poussée dans l’escalier en me donnant un coup de pied et en me disant que ça suffisait ; son regard en disait long sur ce qu’il me ferait si j’essayais de remonter dans les gradins avec ma banderole… Ça ne servait à rien, j’ai lâché ma banderole, je suis descendue et j’ai sauté au milieu pour rejoindre mes amis, mes amis de combat. Je n’avais pas de chaîne, alors je me suis mise au milieu du cercle pour crier avec eux « Abolition ! Abolition ! La torture n’est pas notre culture ! ». De là où j’étais, je pouvais voir les visages déformés par la haine de ces gens qui tapaient sur les miens, qui arrachaient leurs vêtements, qui arrosaient avec le puissant jet d’eau de pacifiques militants enchaînés, sans défense.
Comment comprendre ces êtres dans les gradins qui éructaient leur violence et réclamaient notre mise à mort en baissant le pouce vers le sol ? Comment se sentir de la même espèce que ces gens-là ? Comment les considérer comme des humains ? Humains… ? Mais qu’importe, nous ne pensions qu’à vous qui attendiez, sans le savoir, votre dernière heure, dans ce camion, derrière les arènes. Pour vous, il fallait tenir. Si l’on tenait suffisamment longtemps, ils annuleraient…
Ils ont hurlé, frappé, ils ont tiré, ils ont déchiré, ils ont donné des coups de poing, des coups de pied, ils ont réussi à nous traîner hors de l’arène, un par un, parce que pour eux, ce qui comptait, ce n’était pas ce que nous faisions, ou pourquoi nous le faisions, mais que le « spectacle » puisse commencer.
Après qu’ils ont fini leur sale boulot, le premier, les portes se sont finalement fermées. La fin d’un espoir, la fin de notre espoir de vous sauver, hélas !
Après avoir repris mes esprits, ne sachant plus trop quoi faire, je me suis dirigée vers le camion, j’ai posé ma main sur la tôle, j’ai fermé les yeux, et je vous ai envoyé une pensée pour vous demander pardon d’avoir échoué, mais nous étions là, nous, l’espèce humaine, l’espèce… « humaine ». On sera là chaque fois. On ne lâchera pas tant qu’en France et dans le monde on pourra torturer des animaux juste pour le plaisir.
Alors je ne sais pas si vous nous avez entendus, si vous avez senti notre présence, je sais juste que ce matin, quand je me suis levée, comme beaucoup d’entre nous présents hier, oui, j’avais mal, au bras, au dos, à la tête, mais ce qui faisait le plus mal, c’était de devoir se réveiller dans un monde un peu moins beau. Sans vous.
Alors j’ai cherché vos noms sur Internet, sur les sites taurins : je voulais vous dédier notre action. Mais ils ne sont même pas cités, vos noms. Juste « 6 toritos de Dos Hermanas , « propriété » de Patrick Laugier ; c’est tout ce que nous saurons de vous, et que vous êtes morts sous les coups des apprentis tortionnaires.
Avant que nous repartions, nous avons attendu les derniers. Ceux d’entre nous qui étaient restés pour filmer la suite, ou prendre des photos. Une pensée pour notre ami qui nous a rejoints et qui n’a pu retenir ses larmes, parce qu’il a dû assister à la suite. Merci à lui. Merci à tous ceux qui étaient présents ce 8 octobre pour dénoncer la barbarie, et à tous ceux qui n’étaient pas présents mais qui luttent chaque jour pour qu’on arrête le massacre.
Vous, les six veaux sans nom, votre calvaire est terminé. Quand la corrida sera abolie, on vous enverra une pensée… À vous qui êtes tombés sous les coups des apprentis tortionnaires.
Et, pour l’heure, au nom de l’espèce humaine : pardon.
Delphine Simon 9 octobre 2011
jeune veau tombé sous le coup des tortionnaires le 8 octobre à Rodilhan
Le 8 octobre 2011, nous étions près de cent militants venus d’un peu partout, y compris de Belgique, pour former une résistance citoyenne à la torture animale.
Ce jour là, 6 veaux devaient être torturés à mort dans les arènes de Rodilhan (à quelques kilomètres de Nîmes) lors de la finale des "graines de toréros"... Ces jeunes tortionnaires allaient se livrer à une becerrada, corrida pratiquée sur de jeunes animaux qui, ne comprenant rien de ce qui leur arrive et sous la douleur des banderilles qui déchirent leur chair, hurlent et appellent leur mère.
Donc, ce 8 octobre nous étions une centaine prête à affronter la violence dans l’espoir de mettre à mal cette boucherie immonde au cours de laquelle tout le sadisme, la perversité et la cruauté des hommes est déployée contre des jeunes animaux qui n’ont absolument aucun moyen de s’opposer.
Deux groupes étaient formés, l’un dans les gradins pour déployer des banderoles et faire diversion, l’autre devant sauter sur la piste pour s’enchaîner et tenter d’empêcher le spectacle de mort.
Très vite, tout s’est enchainé, les banderoles, le saut dans l’arène (plus de deux mètres mais avec l’adrénaline personne n’a reculé devant l’obstacle), l’opposition, la résistance !
Le mot d’ordre : ne pas répondre aux provocations ni aux coups... Alors la haine des barbares s’est montrée avec toute sa férocité, sa violence à l’encontre des animaux bien sûr mais aussi des militants sans aucune défense et qui ont été roués de coups.
Pendant que nos camarades aux banderoles se faisaient molester dans les gradins, sur la piste, enchaînés, impuissants, nous recevions tour-à-tour des coups de poings, de pieds, des gifles, des crachats... Face à moi une jeune fille s’est retrouvée violentée avec deux sadiques venus lui déchirer ses vêtements, arracher son soutien-gorge, tirer sur son pantalon, l’asperger d’eau comme nous tous, militante qui sous les coups, les gestes obscènes, est restée d’une dignité exemplaire.
La pagaille générale a permis également aux aficionados de voler ou casser des portables, des caméras mais aussi de molester le cameraman de France 3 qui a très vite été éjecté hors des arènes.
Nous sommes restés soudés pendant 20 minutes au cœur des arènes, 20 minutes d’une folie qu’aucune image ne pourra retranscrire car la haine, la véritable haine, nous arrivait comme une vague du public en même temps que les coups. Face à moi, dans les gradins, plusieurs spectateurs tenaient leur poing devant, pousse baissé, pour signifier aux autres que le sacrifice pouvait commencer.
Car le plus monstrueux peut-être est qu’il n’y avait aucune empathie, je n’ai entendu personne pour dénoncer ce qui était en train de se passer dans cette arène, non, que des encouragements et des appels au meurtre. Le vrai visage de ces gens étaient visibles alors, ceux là-même qui prétendent qu’il vaut mieux défendre les hommes que les animaux sont prêts à torturer et, si besoin, à tuer des êtres humains dès lors que ces derniers ne peuvent se défendre.
Après 20 minutes quelques chaines ont été coupées, alors la violence a redoublé d’intensité, nous avons été trainés en groupe, certains écrasés sous d’autres, tirés par les bras, les jambes, par les cheveux comme je l’ai été, nos chaînes nous coupant la respiration. Mis à l’écart les coups sont arrivés de partout à la fois et les gendarmes ont assuré le strict minimum, enfin, il serait plus juste de dire qu’ils n’ont rien assuré du tout car ils n’étaient visiblement pas là pour nous protéger mais pour laisser faire.
A la sortie le spectacle était apocalyptique, nous ressemblions tous à des zombies, blancs de poussière, boitant, comparant nos blessures mais pas peu fiers d’avoir pu troubler ce spectacle de pure barbarie.
Certains des militants ont fini aux urgences, tous ont été violentés d’une manière ou d’une autre, mais cet acte de résistance doit aujourd’hui servir à montrer ce que nous n’avons plus le droit d’accepter car malgré notre action, malgré les coups et le reste, 6 veaux ont été torturés à mort à Rodilhan sous les applaudissements et la joie d’une foule enivrée de violence, pas seulement de violence...
Les jeux du cirque ce n’est plus tolérable en 2011, ce n’est plus acceptable ou alors cela signifie que l’homme est toujours un barbare... Le 8 octobre 2011, dans les arènes de Rodilhan, il n’était pas permis d’en douter.
Christophe Marie,
Directeur du Bureau de Protection Animale de la Fondation Brigitte Bardot
9 octobre 2011
Suite à la rencontre entre le commandant de la compagnie de gendarmerie de Nîmes et le procureur de la République le 3 janvier 2012 pour faire le point sur l’enquête relative aux événements du 8 octobre, Midi Libre vient de faire paraître un article d’information :
Hommage aux activistes qui ont vécu l’enfer pendant 35 minutes. Je dédie ces photos à mon grand-père, résistant de la seconde guerre mondiale. Il était un modèle pour moi et il aurait été fier de vous !
Ce 08/10/2011, vous êtes devenus les héros de la cause des taureaux.
La date du 8 octobre est marquée au fer rouge dans votre peau. Je fais le serment que lorsque le jour de l’abolition viendra, j’irai peindre vos noms sur toutes les arènes de France. Vos regards à travers mon objectif resteront gravés dans ma mémoire comme une marque indélébile.
Ce samedi noir, j’ai partagé ma vie avec 90 héros et je ne l’oublierai jamais.
Je vous aime.
Jean-Marc Montegnies Président de l’association Animaux en Péril
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De toute ma vie, je n’ai jamais eu la haine comme aujourd’hui. Samedi, pendant trente minutes, j’ai photographié le tabassage des gens que j’aime le plus au monde : ma compagne et mes meilleurs amis. Comme si cela ne suffisait pas, ayant été repéré par certains, je me suis retrouvé coincé et j’ai dû, une fois de plus, assister au massacre de 6 jeunes taureaux.
Émotionnellement, je ne pourrai jamais m’en remettre.
L’heure du politiquement correct est révolue. La date du 8 octobre 2011 a irrémédiablement changé les règles du jeu. La guerre est déclarée.
Jean-Marc Montegnies, Président d’Animaux en Péril
Après avoir lu les témoignages, j’ai décidé aussi d’en faire un. Pour moi cette action a encore une fois de plus été une révélation, celle de l’envie de se battre pour eux, jusqu’à la fin, jusqu’à la mort.
La première peur a été surtout le saut que je devais faire, me disant avec la chance que tu as tu vas te péter la cheville, ni une ni deux, je reste en bas, comme ça je n’aurai que la clôture rouge à sauter.
16h : coup de sifflet, banderoles, on hue, on siffle et c ’est parti, une adrénaline monstre qui m’envahit, dans ma tête je me dis on va la faire capoter cette saloperie de corrida. Je m’enchaine à deux inconnus, c’est parti, vu le temps qu’ils ont mis à arriver , on a eu le temps de bien s’attacher, enfin c ’est ce que je pensais, mon voisin ne s’est pas attaché à moi, peu importe, quand on est soudés c’est jusqu’à la fin. Et là c’est parti, ça commence par des insultes , le jet d’eau dans la tronche, ça va très vite les hommes se font littéralement tabasser à coup de poings, de pieds dans la tête. Je hurle "la torture n’est pas notre culture", je crache mes poumons, quand soudain un homme m’attrape par les cheveux et tire et me traine, mon coupe-vent m’étrangle , je n’arrive plus à respirer, mon voisin me tient, ma voisine aussi, merci à eux. Je reprends mes esprits car on ne lâche rien, leur violence ne m’étonne même pas.
Et on continue à crier, les coups fusent, une femme se met devant moi en levant le pied pour m’éclater la figure, je la regarde et lui réponds : "vas-y vas-y".
Elle s’en va, scande hurle comme tous les autres : "liberté, liberté".
Quelle hypocrisie, c’était à nous de crier "liberté !", cette même femme se met vers moi et me réponds "et le hallal ? vous faites quoi ? " ; je lui rétorque que je suis vegan, à quoi bon ?, je la fixe méchamment, moi qui suis très impulsive, je me dis heureusement que tu es attachée, ne t’éloignes pas du but de l’action.
Mes amis sont tous frappés, tirés, au bout de quelques minutes, un homme me prend violemment par les épaules et me tire par terre, mon voisin essaye de me retenir mais je suis juste attachée à ma voisine. _
Ca va très vite, on est jetées au sol, des coups de pieds dans le dos, des "conasses", "salopes", je me retourne et aperçoit un torero en vert. Ils nous sortent et nous plaquent contre le mur. Deux hommes arrivent poing levé, ils nous menacent, un d’eux a les yeux qui se révulsent, son poing tremble, prêt à partir et je hurle, ma voisine me dit "cours" . Alors on improvise un sprint en panique attachées.
(NB se remettre au sport...)
Je vois surtout que ma voisine est très affectée, elle me dit qu’elle n’a jamais eu aussi peur de sa vie, nous courons encore, jusqu’à retrouver certains. Tous blessés, en panique, et nous attendrons les autres ; blessés qui arrivent petit à petit. On notera la passivité des gendarmes et de la police municipale qui n’a pas bougé.
J’ai peut-être oublié certains passages, je n’oublierai jamais ce 8 octobre et je recommencerai, toujours et encore. Les séquelles physiques et psychologiques sont là et grandissent jour après jour. Comment s’étonner d’une telle violence ? Mais pour une fois, nous avons des preuves, des preuves qui iront loin, nous ne lâcherons pas , non nous continuerons pour eux, et en particulier pour les 6 veaux martyrs assassinés lâchement.
Je tenais tous à vous remercier, je ne connaissais pas tous les militants mais nous avons tous été soudés, jusqu’à la fin.
Voici mon témoignage, le témoignage d une militante qui ira jusqu’au bout.
CYRIELLE
Aujourd’hui, 1 mois jour pour jour après ma participation à l’action anti corrida, c’est toujours aussi présent dans mon esprit.
On dit que le temps apaise les blessures, mais en ce qui me concerne ce n’est pas le cas.
Je suis encore très atteinte physiquement ; au niveau des cervicales, du gril costal (difficultés respiratoires), mal de dos, beaucoup de mal à m’adapter à mes nouvelles lunettes (ce qui génère des migraines), psychologiquement atteinte et nerveusement perturbée.
L’enfer n’était pas l’action en elle même, car nous devions la mener pour que cesse l’enfer quotidien des taureaux, nous sommes après tout la Voix, la Voie des taureaux, des animaux.
Cet enfer c’est maintenant, chaque nuit, dans mon sommeil, des cauchemars horribles, toujours aux prises avec les pro corridas (le face à face, déferlement de coups, gérer les agressions...), réflections sur les stratégies à mettre en place avec les amis-es militants pour contrer les aficionados...
Le combat n’est pas terminé pour moi, il se poursuit aussi dans la journée ; en larmes tous les jours, nerveusement atteinte, dépassée par les démarches interminables, les soins en cours, et tout ça avec une mobilité réduite... Et c’est ainsi depuis un mois.
Rodilhan c’est tous les jours pour moi, c’est sans fin, usant, mais le combat continue pour la cause, car il est hors de question de lâcher quoi que ce soit !
Ghania Tigherstine
En ce samedi 8 octobre 2011 à Rodilhan, moi Nathalie Valentin, militante anti corrida, je n’ai pas pu sauter dans l’arène... pas cette fois. Je l’ai fait le 10 juillet 2010 à Céret près de Perpignan et j’ai eu très peur, sûrement aussi peur que les taureaux. Non, je n’ai pas pris de banderilles, ni épées, ni poignards... ça la foutrait mal sur un humain ! Sur des taureaux, ils se le permettent, ils disent qu’ils sont là pour ça (mais le savent-ils eux, les taureaux ?... qu’ils sont là pour ça ?) et la loi les y autorise, les autorise à persécuter à mort de paisibles bovins... mais attention !... pas n’importe où, sinon 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende au bout... pour acte de cruauté. Vous l’aurez compris, en France, on règlemente la torture !
Donc oui, je n’ai pris ni banderilles, ni épées, ni poignards à Céret... mais liée par une chaîne (au niveau de la taille) à 2 autres personnes alors que je venais tout juste de tourner cette petite clé dans la serrure de mon cadenas... tout juste le temps de lever la tête, et je vois se rappliquer d’un pas hâtif une bande de gaillards bien décidés à nous mettre la raclée. Tout est arrivé très vite... mais le cauchemar dura très longtemps. Dans la tourmente, me voilà la tête coincée sous les cuisses de la personne liée à moi, le menton plaqué très fort contre mon poitrail, impossible de me libérer de ce piège, et ça tirait toujours de l’autre côté et je vivais ce cauchemar toute seule dans mon coin au milieu des brouhahas du public qui encourageait cette violence. Oui, pendant ce temps interminable où j’ai réellement cru que mes vertèbres allaient céder à cette très forte pression... un « ours » (pardon pour les ours) continuait à me traîner par le pied droit avec au bout, mon poids et celui de 2 autres personnes... soit 200 kg environ supportés par mon pauvre petit pied qui a repris forme au bout de 5 mois de rééducation. Puis, tout à coup, je ne sais par quel miracle, me voilà libérée du dessous des cuisses de ma compagne d’infortune, ma tête s’est carrément éjectée violemment de ce piège tant la pression était forte... mais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort... l’autre, l’ "ours", me trainait toujours par le pied et je voyais peu à peu le couloir de l’enfer s’approcher, je me souviens du sol bitumé de ce couloir qui s’approchait à vitesse grand V et je me disais : « là ça va faire très mal ! ». Arrivés à la limite du couloir, l’ "ours"0 trébucha et finit enfin par me lâcher le pied... mais, je ne gagnai rien au change ; d’un coup je vis au dessus de ma tête, sa grosse main s’approchant de ma tignasse, et là, il me l’empoigna très violemment en me soulevant (il ne pris même pas la peine de se baisser) et fit prendre le relais à d’autres brutes qui se trouvaient là dans ce sombre couloir. Dans la foulée donc, 2 types le relayèrent et m’empoignèrent chacun de leur côté les cheveux ; l’un tirait d’un côté et l’autre de l’autre, et me trainèrent ainsi par les cheveux avec toujours le poids des 200 kg au bout, et pendant ce temps, des coups de pieds fusaient de tout les côtés, je ne voyais plus rien, pas un seul moment de répit pour essayer de me relever... nous étions pris au piège des chaînes et ces salopards en ont profité ! A un moment, je n’en pouvais plus, je leur suppliais d’arrêter, et une voix me répondit : « ta gueule connasse, fallait rester chez toi ! »(oui, rester chez moi et les laisser torturer tranquillement). Une fois le couloir de l’enfer passé, nous voilà dehors, dans l’enceinte autour de l’arène. Là aussi, je voyais de loin, le rebord métallique du bas de la porte de sortie s’approchait peu à peu, mais ça a été, j’ai réussi à passer cet obstacle sans trop de mal... déjà très soulagée d’arriver enfin au bout du calvaire. Aussitôt ce rebord franchi, je me suis retrouvée assise par terre, nez à nez à cette porte métallique qu’ils venaient de claquer violemment, nous laissant là comme des M....s. Complètement abasourdie mais ô combien soulagée que ce soit fini ! Je m’aperçus que j’avais perdu une chaussure... que j’avais perdu la clé de mon cadenas aussi. Il a fallu donc tirailler sec pour pouvoir m’enlever la chaîne de la taille... mais c’était de la gnognotte à côté de ce que je venais de subir.
Voilà, que ce soit à Céret ou à Rodilhan, nous avons affaire aux mêmes bourrins : "le peuple du toro"... vous savez ? Ces gens soit-disant pacifiques !
Je demande pardon aux taureaux, de ne pas avoir sauté cette fois, je m’en veux...mais un traumatisme, on ne peut pas s’en défaire ! En tout cas, soyez tranquille, je me battrais jusqu’à ma mort pour vous... d’une manière ou d’une autre ! J’étais quand même près de vous, là dans les gradins, et comme Delphine, je suis désolée de ne pas avoir pu sauver vos petits frères ce jour-là. Mais ce jour-là a marqué un grand tournant dans la lutte. Nous allons gagner !
Tout au long de ce témoignage j’ai pensé aux taureaux, ces taureaux, qui eux, n’ont pas cette chance d’être évacués... qui subissent jusqu’au bout, jusqu’à la mort, isolés des leurs, qui ne sont pas là de leur plein gré ! Ils n’ont pas d’autres choix ! Quel cauchemar pour eux ! SUBIR, SOUFFRIR et MOURIR sans comprendre pourquoi... et en spectacle s’il vous plait ! Et « on » appelle ça de l’art ? Quel retard mental !
ABOLITION !
Avant de descendre dans l’arène, j’étais placée à coté d’une aficionadas. Je lui faisais donc des petits sourires gentillets, et nous avons commencés à discuter. Ses 2 enfants étaient présents (d’environ 12 et 15 ans), tout deux inscrits au club taurin ! Je lui expliquais que j’étais là en week-end, que c’était la première fois que j’assistais à une corrida et que j’étais enchantée ! Elle à commencé à me raconter que c’était un très beau spectacle, que du monde allait arriver, mais que la mise à mort était quelque chose de "spécial".
Elle m’a ensuite présenté les toréros en m’expliquant qu’un des jeunes avait quitté son pays natal (le gagnant de graines de toréro) pour se consacrer entièrement à la corrida car c’était tout simplement sa vie. Elle m’a ensuite montré "Maxime" de loin en me disant qu’il était également un bon toréro. Pendant 15 minutes nous avons du supporter ses paroles aussi ignobles les unes que les autres ! Une fois que les banderoles furent dépliées, j’ai fait comme si je ne comprenais pas, et là elle me regarde et me dit "ah oui ... il faut que je vous explique" ... et là, sans chercher à comprendre, j’ai sauté, comme tout le monde.
Une fois en bas, on se prend les jets d’eau dans la figure, toute cette eau est étouffante. Un aficionados s’amusait à prendre des poignées de sable et à les vider une à une sur la tête des militants, un à un. Un des hommes frappait mon voisin. Je l’ai donc défendu, ce qui n’a pas plu à l’aficionado qui m’a attrapé les bras et a tenté de me mettre un coup de pied dans le dos.
Je remarque des taurins montrer Thierry du doigt et parler de lui. Ils se sont ensuite acharnés sur lui.
Je vois que tout commence à dégénérer et que les forces de l’ordre ne sont toujours pas présents. Mon voisin de gauche a pris un coup de pied en pleine tête. J’ai eu très peur pour lui. Un homme violent et vulgaire s’approchait de nous en hurlant à la mort "LIBERTÉ, LIBERTÉ, LIBERTÉ". Il s’approchait de plus en plus de mon visage, sa tête étant à 5cm de la mienne, il avançait de plus en plus, j’ai cru que j’allais recevoir un coup de boule qui allait me mettre K.O. Il m’a regardé dans les yeux, tête à tête en hurlant "SALOPE" mais il a fini par reculer.
Nous sommes bousculés, tirés, trainant dans le sable, prenant des coups un peu partout. Un des hommes s’est approché de moi et a crié "bandes de nazi" (joli l’inversement de rôle !).
Nous étions ensuite près de la porte de sortie, à terre, avec un attroupement de pro-corrida qui nous entourait. Un homme qui était derrière moi ne se gênait absolument pas. Il passait la main au dessus de tout le monde pour venir la plaquer contre mes seins !
Un des militants qui était à coté de moi ne pouvais plus respirer, il m’a fait une peur bleue, il hurlait "JE NE PEUX PLUS RESPIRER, JE NE PEUX PLUS RESPIRER", personne ne se souciait de lui ! Les flics étaient juste à coté, ils ne le regardaient même pas !!!!!!! Je les appelais donc en hurlant qu’il ne pouvait plus respirer, ils me regardaient, le regardaient, mais détournaient le regard et faisaient semblant de ne rien voir et de ne rien entendre.
Il a bien "agonisé" pendant 1 minute sans pouvoir respirer, avant que l’on soit jetés violemment dehors.
Une des militantes, les larmes aux yeux, m’a fait pleurer mes camarades et moi. Nous nous sommes pris dans les bras, pleurant, en pensant à cet échec et au sort des taurillons. Nous nous sommes soutenus jusqu’au bout.
Finalement, j’ai un ITT de 3 jours, avec hématomes de plus de 10 cm sur la cuisse, sur les genoux, les bras, douleurs dans tout le corps, ventre, cotes, dos etc ... je vais déposer ma plainte demain en espérant être mieux reçue que d’autres militants !
Nous connaissons tous la suite ... Un hommage à ces taurillons assassinés par ces bourreaux et une grosse pensée aux deux militants qui ont du subir la corrida, les cris et la douleur des taurillons.
Sabrina
Nous voici au centre de l’arène, à genoux, enchainés, collés les une aux autres.
Nos amis, avec les banderoles avaient déjà subi les violences des hommes et femmes : des coups, des frappes sur les têtes. Bien sur l’aficionado est courageux : il tape par derrière, il tape plus fort sur les femmes que sur les hommes. Il m’était difficile d’imaginer ce qui a suivi.
Pourtant je suis formé, aux phénomènes de foules. Ma profession de psychologue me permettait de savoir que les passages à tabac, les lynchages, les coups sont, lorsqu’ils sont réalisés dans un mouvement de groupe incontrôlables. La conscience n’est plus individuelle, mais collective.
C’est alors qu’un, puis deux, puis trois, puis de plus en plus d’hommes, enragés, aux regards exorbités, se sont jetés sur nous. Je vois alors un homme prendre des photos, calmement. Je pensais à un homme des renseignements généraux qui prenait des preuves des violences. Il n’en était rien : c’était le maire de Rodilhan ! il photographiait une après l’autre les femmes battues, les hommes roués de coup. Pas un mot, pas un geste pour calmer la pluie de coups.
C’est alors qu’un homme s’est approché de mon voisin de gauche : il le roue de coup, il vise volontairement les points douloureux, pour blesser, marquer, faire saigner. Je m’interpose, lui hurle qu’il est filmé, qu’il doit arrêter. Il n’entend pas, il me répond alors « j’en ai rien à foutre d’être filmé ».
Il me donne ensuite un coup, vise l’arcade sourcilière. Puis un autre. De toute ses forces.
Il repart s’acharner sur un autre : une femme, un homme, des coups de poings, dans le dos, le ventre, la tête, la nuque. Il vise les points vitaux : le cou, la colonne vertébrale. Il peut tuer pensais-je alors.
Attaché, je reste collé à mes voisins. Un homme approche de mon voisin avec une lance à incendie, il s’acharne sur lui, approche au maximum le jet. Puissant, il vise le cou, j’ai l’impression qu’il vise les oreilles : il veut lui percer les tympans avec la pression de la lance incendie.
Un homme chemise blanche, béret, s’approche de moi, dans mon dos, me saisit la tête, me donne un coup de poing à l’arcade.
Aussitôt rejoins par un autre (moustache, chemise rouge) un autre homme s’approche, me menace aussi « on va vous tuer salopard ». il profite alors pour me donner un coup de poing à l’arcade.
Un autre homme approche de moi, habillé en noir, je l’avais vu s’acharner sur d’autres à coup de pieds, de poings. Il me frappe au visage, j’esquive un coup. Il montre alors les points, me menace « je vais te crever » (il me menace de mort), me donne un coup de poing, il s’éloigne un peu. Peut-être pensait-il qu’il risquait quelque chose : étonnant, je suis assis, enchainé à 2 confrères.
Plus tard, lorsqu’ils ont voulu nous expulser, au sol, la masse des hommes en profite pour donner des coups de pieds au ventre. Je reconnais alors mon agresseur à la chemise rouge, il me donne des coups de pieds au ventre, il insiste, appui sur ses jambes pour y mettre de la puissance.
Nous avons toutes et tous vécu un réel lynchage, un passage à tabac. Nul doute que certains étaient prêt à tuer, à exécuter leurs menaces. Tout ceci sous les yeux impassibles voire complices des élus de Nîmes et de Rodilhan au travers des 2 Maires respectifs.
Christophe
Je fais partie du groupe "banderoles", nous sommes parmi les premiers militants à entrer sagement dans l’arène, à chercher l’endroit le plus approprié pour nous installer. Petit à petit nous reconnaissons les autres militants qui viennent s’asseoir près de nous, et bientôt il n’y plus que des militants dans notre côté des tribunes. Je sens la tension chez nous tous, je discute avec ma voisine pour me détendre. J’entends derrière moi une petite fille qui pose des questions à ses parents, je pense à elle et à ce qu’elle va voir, je pense à l’inconscience de ses parents...
Les minutes passent, l’orchestre joue, le spectacle se prépare et nous attendons le coup de sifflet, signal pour le déploiement des banderoles. Il finit par arriver. Ma voisine et moi tentons de déchirer notre coussin dans lequel est rangée la banderole, c’est difficile, tandis que les autres militants tiennent déjà leur banderole. Je sens tout de suite la tension monter, des cris par-ci par là, je sais qu’en face, dans l’arène les militants arrivent et s’installent au sol avec leurs chaînes.
Très vite un homme tente violemment d’agripper notre banderole, il tire, nous lâchons. Puis un autre se jette sur moi et tente d’agripper mes lunettes sur mon visage, à plusieurs reprises. J’arrive à me soustraire. Je sens la bousculade tout autour de moi, je vois des coups qui partent sur les militants, je m’inquiète. Je finis par rejoindre la barrière où nous sommes tous collés pour crier « corrida basta » et autres slogans.
A un moment je vois ma collègue de banderole en difficulté, avec un type en veste noire et lunettes de soleil lui serrer la nuque par derrière en lui écrasant le visage sur les personnes de devant. J’essaye avec d’autres de m’interposer. Il finit par la lâcher. Ça continue comme cela quelques minutes, je vois du sang sur des visages, je m’inquiète mais on me rassure et on tente à nouveau de résister. Une jeune femme nous interpelle d’en haut des gradins, elle nous insulte, nous dit de nous casser, prend manifestement beaucoup de plaisir à se défouler, tandis que sa copine tente de l’éloigner. Tout autour de nous on nous somme de partir, « cassez-vous ! ».
Puis à un moment plusieurs hommes nous empoignent et nous précipitent vers le bas, vers les escaliers, avec une grande force. J’ai très peur de tomber la tête la première, je m’accroche comme je peux mais je vois d’autres personnes tomber. Nous finissons par descendre de là, pensant que ça devient très dangereux, ces hommes ne se maîtrisent pas et semblent près à tout, furieux. Nous restons un moment sous les tribunes, ne sachant trop où aller. Il y a un grillage et derrière deux hommes en habits de toreros et un homme du public, avec sa petite fille dans les bras.
Nous finissons par passer pour retrouver la sortie, j’interpelle un des toreros « on va vous laisser torturer tranquillement... », il me regarde, je sens sa colère et son agressivité, il m’ordonne de me taire et de partir, il est rempli de haine...
Nous finissions par sortir de l’arène. Je retrouve dehors des militants qui étaient dans l’arène, je vois dans quel état ils sont, je réalise alors ce qui s’est passé, la violence qu’ils sont subie. Je me précipite vers mon copain, il n’a rien, je vois ensuite un ami, il a eu moins de chance, ses vêtements sont déchirés, il a un coquard. Nous nous inquiétons ensuite des militants qui sont encore à l’intérieur. La police est là mais ne semble pas apaiser les choses. Les militants continuent d’être malmenés. Petit à petit tout le monde sort de l’arène, dans un état parfois très parlant de ce qu’il a subit. Nous restons encore devant l’entrée, criant notre rejet de la corrida. Les spectateurs encore à l’intérieur nous regardent d’en haut, nous insultent et font des gestes obscènes. L’action est terminée, nous rentrons à notre point de départ, je vois plusieurs personnes pleurer, craquer. Une ne peut plus marcher, les pompiers arrivent.
Marilyne Camboulives
Je me lève, je suis en pleine forme, prête à partir au combat, prête à défendre mes frères.
Le rendez vous est pris, le lieu fixé ainsi que l’heure : je sais où je vais.
Avant même d’y être, je suis comme d’autres de mes frères de combat, stressée par cette maudite barrière à sauter, deux mètres. C’est bien la seule chose qui me stresse jusque-là à vrai dire …
En chemin, on ne parle que de l’action, on se questionne, on se demande bien comment tout va se dérouler.
Nous entrons sans crainte dans les gradins, on cherche du regard nos amis, et on les retrouve. Une femme assise près de moi essaye de faire la discussion, je lui souris et lui réponds comme si j’étais enchantée d’être présente, comme si ce spectacle me plaisait.
Premier coup de sifflet, je hue avec mes voisins contre ces anti-corridas en face de moi, la pression monte, je sais que dans moins de cinq minutes, ce sera notre tour, à nous de nous faire huer, à nous de passer cette barrière, à nous l’inconnu aussi… Que va-t-il se passer ? Je crois qu’on ne s’est pas vraiment posé la question, il fallait sauter, pour ces six veaux, il fallait absolument faire annuler la représentation.
Nous voilà dans l’arène, nos ennemis ne comprennent pas ce qu’il se passe, ils nous voient nous enchainer, hurler des slogans contre cette saloperie poing levé.
Les voilà qui se rapprochent de nous, ils nous hurlent dessus, nous crachent dessus, nous tapent à coups de pieds, les coups volent de partout mais nous ne bougeons pas, nous encaissons les coups. Des doigts se baissent comme pour une mise à mort : la haine se lisait sur leurs visages.
Nous ne devions pas bouger, nous devions nous battrent pour EUX : Ces six veaux mais aussi pour les prochains sur la liste.
Des hommes se sont alors rapprochés de moi, nous ont tirés avec nos chaînes, soulevés du sol. Nous continuons nos hurlements aussi, nous voulions faire entendre notre voix, crier plus, plus fort qu’eux.
L’un d’eux s’est approché de moi, je savais à quoi m’attendre, recevoir des coups, comme mes amis, je me trompais. Ce vieux pervers avait un tout autre plan en tête, m’humilier et me toucher en public. Il m’a d’abord sauvagement arraché mon tee-shirt, me voilà en sous-vêtement face à ces fous furieux. Je me retourne et je le vois s’éloigner, je pense alors qu’il est fier de lui, et ne reviendra pas vers moi. Je me trompe à nouveau, il revient à la charge, il n’en a pas encore assez vu, il en veux plus ! L’homme revient alors vers moi, et tire avec insistance sur mon soutien gorge qui finit par céder. Ce gros porc en profite pour me toucher, je suis sous le choc, mais je résiste ! Je suis à moitié nue, mais je continue de me battre, je suis ici pour les animaux. Peu importe mon état, peu importe ma tenue, ma voix était toujours là, je hurlais toujours, de plus en plus fort. L’un d’eux, à peine une vingtaine d’année s’approche, me tire par les cheveux et me traite de grosse p***, me demande si je n’ai pas honte d’être comme ça, dans cette tenue, et bien NON je n’ai pas honte, je suis ici pour les animaux, le reste m’importe peu…
Une millitante m’a fait passer une étole pour essayer de me couvrir, mais ils n’ont pas mis longtemps avant de me l’arracher. Un ami, en face de moi voit la scène, je ne veux pas qu’il se lève, je ne veux pas de violence, je ne veux pas de son aide. Il a réussi à me faire passer sa veste, que cette fois ci, j’ai pu garder.
Mon amie de combat sur ma gauche me fait de la peine, en pleure, elle a mal. Mal au pied, entorse, ou cheville cassée, on ne sait pas encore, la seule chose c’est qu’il faut la sortir de là, on se fait piétiner, taper dessus, je ne veux pas la voir comme ça : il faut sortir rapidement.
On se lève alors, un homme posté juste derrière nous lui met un violent coup de pied dans les fesses, on essaye de sortir rapidement sous les insultes des aficionados. Nous voilà dehors, enfin, après une vingtaine de minutes avec ces fous.
Nos visages sont décomposés, les larmes coulent sur nos visages, on a mal un peu partout mais on ne se plaint pas vraiment, on a encore plus mal de voir sortir nos amis, si ils sortent tous, rapidement, les corridas auront lieu, on essaye de bloquer la porte, on fait notre possible. Rien n’y fait, les derniers courageux sortent, poings en l’air.
L’une de nous se dirige vers le camion où sont les petits veaux, elle pose sa main et leur communique toutes ses pensées, elle s’excuse aussi sûrement. A ce moment là, je sens les larmes monter, je ne veux plus être là, je veux rentrer chez moi, je veux hurler de douleur pour eux, je veux pleurer .
Je ne dirais pas plus que quelques mots sur les gendarmes, les organisateurs ou encore certains élus qui étaient présents mais qui n’ont rien fait, sauf nous prendre en photo avec un large sourire. Elle est belle la France, j’ai HONTE de mon pays.
Je tiens à remercier tous mes amis de combat, je vous félicite tous pour votre courage, votre engagement pour la cause animale ! Le combat continue !
Coraline
Hier à Rodilhan nous avons vu le vrai visage de "l’aficion" ! Brutal, bestial...frappant avec les poings autant qu’avec les pieds les militants enchainés et ...pacifiques, visant de préférence la tête et les yeux ! Plusieurs des nôtres sont ressortis de ce cauchemar l’arcade sourcilière fendue ! Mais l’image la plus violente restera pour moi celle de cette petite fille blonde (5-6 ans) . Assise à mes cotés , elle frappait dans ses menottes au rythmes de l’orchestre ringard qui assassinait "la marseillaise", folle de joie à l’idée de voir un animal se faire trucider par l’amant sanguinaire de Barbie. Cette petite fille blonde était avec son papa, il répétait :" ça va commencer...", et un sourire que je ne parvenais plus à trouver enfantin déformait sa petite face.
J’ai eu honte de croiser son regard, honte pour elle, pour le père complice de cet amusement cruel, et plus que tout ,pour la maman qui a offert à son enfant le spectacle d’un autre enfant "animal" se faisant charcuter par un apprenti tortionnaire. La petite fille blonde déjà phagocytée par la tradition n’aura sans doute pas vu dans les yeux implorants de l’enfant "animal" l’image de notre terrifiante espèce .
Chantal Bassignani
Nous étions ce jour là 95 militants anti-corrida qui allions manifester pacifiquement notre indignation face à un « spectacle » barbare et cruel qu’est celui de « Graines de Toreros », lors duquel des taurillons sont massacrés dans des souffrances atroces, ces animaux gémissent, appellent leur mère… agonisant sous les yeux d’hommes, de femmes et de nombreux enfants applaudissant ce « spectacle » misérable…
Nous sommes entrés et nous nous sommes installés sur les gradins. La musique a commencé. Nous étions tous inquiets et mal à l’aise dans cette pseudo ambiance de fête…
Un premier groupe de manifestants qui se trouvait dans les tribunes a soudainement brandi des banderoles criant « corrida abolition »… Pendant ce temps, d’autres manifestants sont descendu dans les arènes sautant des gradins pour aller s’enchaîner les uns aux autres au centre de l’arène pour former un cercle solidaire que nous pensions solide et indestructible, dans le but de pouvoir ce jour là empêcher un massacre d’animaux innocents et de surplus des veaux mais aussi éviter le traumatisme d’enfants face à toutes ces cruautés.
Les manifestants qui brandissaient les banderoles on été très vite agressés par des aficionados se trouvant dans les tribunes. Des hommes, des femmes se sont jetés sur eux, leur arrachant les panneaux, leur infligeant des gifles, des coups de poings, hommes, femmes, tous ces gens là frappaient, poussaient, arrachaient…
Un aficionado a essayé de faire passer une militante par-dessus la barrière alors que le mur mesure deux mètres environ. Il n’y est heureusement pas parvenu. A ce moment là, je filmais dans les gradins, j’ai entendu des insultes de la part du public tous âges confondus qui huait… insultaient… ("connards", "dégagez de là", "enculés", "pouffiasses"… et j’en passe). Une telle haine, un tel climat est inimaginable. Car positionnée d’où j’étais c’est-à-dire tout en haut des gradins au dessus de l’entrée, je pouvais voir tout ce qui se passait … appréhender les évènements. J’ai vu mes amis attachés, inoffensifs et sans aucune défense au centre de l’arène... J’ai vu des hommes sortant de tous côtés et se dirigeant vers eux, regard haineux, en colère, poings serrés... et là j’ai eu très peur… Le souffle coupé, le cœur qui battait très vite et la nausée… J’ai eu peur que tout cela tourne au drame et c’est ce qui est arrivé.
Un aficionado a pris tout d’abord le jet d’eau très puissant pour éteindre les fumigènes que les militants avaient allumés. Quelques aficionados les leur arrachaient. Un aficionado a pris un fumigène et l’a volontairement placé entre les jambes d’un militant… Qui tout d’abord n’arrivait pas à le rejeter par derrière, mais y est parvenu ensuite heureusement…
J’ai vu des coups de poings donnés à des militant(e)s par un homme portant un jean et un blouson noir, que je pourrais reconnaître puisque tout d’abord je l’ai filmé et son visage ne s’effacera jamais de ma mémoire. Il fait partie des aficionados qui ont le plus donné de coups ce jour là. A savoir qu’aucun militant ne s’est rendu malgré tous les coups et humiliations qu’ils ont subis. C’était le maître mot de cette action qui se voulait pacifique jusqu’au bout : ne répondre à aucune agression. Mais malgré cela le lynchage a continué…
L’aficionado qui tenait le jet d’eau, aidé par trois autres aficionados qui tenaient un militant lui a placé le jet d’eau à même pas dix centimètres de la face, dans l’oreille sur la tête jusqu’à le sonner… Ce militant a aujourd’hui des séquelles physiques graves suite à cet acte de torture (il n’y a pas d’autre mot il s’agit d’une torture… voir vidéo)… L’homme au blouson noir et jean donnait des coups de pieds aux militants dans le dos, dans les côtes, qu’il s’agisse d’homme ou de femme, peu importait il frappait, continuant à faire le tour du cercle… Les aficionados essayaient de sortir les manifestants par tous les moyens. Une militante a été agrippée par les cheveux et tirée alors qu’elle ne pouvait pas sortir du groupe puisqu’elle était enchaînée, il continuait tout de même à la tirer malgré tout (images en vidéo). Un aficionado avec une chemise blanche a ramassé du sable et le déversait sur la tête d’une militante, il a recommencé à plusieurs reprises (images en vidéo). Un effet de groupe s’est mis en place au niveau des taurins… Ils se sentaient forts, se motivaient les uns les autres… Une femme est descendue des gradins, essayant d’empêcher ces hommes de continuer leur barbarie… Un autre homme essayait de les retenir mais personne n’y parvenait, la haine était prédominante…
Je vois ensuite le maire de Rodilhan se rendre dans l’arène (vidéo) il se met à aider les taurins à tirer des manifestants pour les sortir des arènes… Pendant que dans les tribunes les pro-corridas huent, hurlent « liberté » !!!! Le poing serré et le pouce vers dirigé vers le bas comme dans les cirques à l’époque antique lorsque l’on mettait à mort le vaincu… J’avais l’impression d’être dans un monde de fous ! Jamais je n’avais vécu une telle violence… Même les personnes âgées criaient huaient ! Je n’en revenais pas. Le maire de Rodilhan aidant les autres taurins à sortir un groupe de militants, ils y sont parvenus et là devant lui deux autres hommes donnaient des coups de pieds à des manifestants déjà à terre, traînés… humiliés… Le maire ne disait rien, il laissait faire… (vidéo) Cela est intolérable car du début à la fin, aucun des organisateurs de ce « spectacle » n’a essayé d’arrêter le lynchage mais bien au contraire ont ri des évènements et n’ont fait que se moquer...
J’ai vu deux ou trois policiers dans l’arène, j’ai été choquée, voyant ces forces de l’ordre discuter les bras croisés quand devant eux, des hommes et des femmes se faisaient tabasser…Ils ne sont pas intervenus… (vidéo).
Un aficionado et d’autres ont craché sur des femmes à plusieurs reprises en les insultants. Un homme au blouson beige, les cheveux attachés a commencé à devenir très agressif, très insultant (connasse… ta gueule…), il faisait de grands gestes agressifs, criant contre les manifestants qui continuaient au-delà de toute cette violence à crier « abolition », « la torture n’est pas notre culture »… Les aficionados riaient, se moquaient… Une militante a été tirée, face contre terre par les pieds vers la sortie, elle tentait de s’agripper avec les mains… mais elle ne pouvait pas résister. Ils l’ont lâchée à côté de la porte de sortie et elle est vite repartie vers le centre du groupe pour se protéger des agresseurs… Mais derrière elle un aficionado a couru, l’a rattrapé pour la projeter d’une force terrible contre le sol (vidéo). L’homme au blouson beige donnait des coups de poings, des gifles, des coups de pieds (vidéo). Juste à côté de lui à ce moment là, l’homme au blouson noir attrape la chaîne d’une militante qui est à terre, il se trouve à ce moment là derrière elle, et lui passe violemment cette chaîne autour du cou pour immédiatement la traîner, l’étranglant… (vidéo)… Voyant la scène, une autre militante s’approche pour aider sa camarade à se relever et l’homme au blouson noir lui met un violent coup de poing en pleine face (vidéo). Il continue ensuite à donner des gifles et coups de poings…Une militante a eu son vêtement arraché par l’homme en beige cheveux attachés, il revient ensuite vers elle et vient lui arracher sont soutien gorge (vidéo d’un autre militant, mais je l’ai vu, il lui touche avec une main la poitrine).
Je vois un enfant tenant la main de son père dans le centre des arènes… Cet enfant comme tant d’autres présents ce jour là assistait à tout cela, au milieu des cris, des humiliations, des pleurs, de toute cette souffrance, je n’ai vu aucun parent, aucune mère prendre son enfant et le sortir de là !!! Mais quelle honte !!! Comment cela est-ce possible, j’ai une petite fille de quatre ans et je ne peux concevoir qu’un jour elle vive un tel drame !!!
Des aficionados repentis témoignent aujourd’hui de ce qu’ils ont vécu, ces personnes ont été traumatisées à vie, ce sont tout d’abord des enfants que l’on a amené dans des arènes touts petits, qui ont grandi dans cette ambiance, dans cette violence et ce non respect de la vie et de la dignité animale… Ils sont nombreux, beaucoup n’osent pas se faire connaître de la honte, du remords qui les ronge chaque jour…
Un homme avec un blouson kaki donnait des coups de pieds aux groupes de militants sortants, tirés, traînés par les chaînes, par les pieds, par les cheveux… Un homme avec une chemise rouge frappait également… J’ai vu une femme au milieu de la cohue donner des gifles à un manifestant…
Ce jour là le caméraman de France 3 qui était présent pour son travail d’information a été frappé et mis à terre par un aficionado. Sous mes yeux, juste à mes pieds, j’ai filmé cet acte visible sur ma vidéo en gros plan…Nous n’avons jamais vu cela en France, un journaliste de la presse tabassé !!! Qui est sorti des arènes pour ne plus y entrer !!!Nous sommes en France ! Mais que se passe t’il ! Quelle est cette folie ?
Un homme vers la fin des hostilités (vidéo) ramasse un caméscope gris et se rend vers le bord de l’arène. Ce jour là quelques caméscope, appareils photos, cartes d’identités, bijoux, casquettes etc ont été arrachés aux manifestants, des appareils cassés volontairement à coups de pieds écrasés au sol… Personne n’a pu récupérer son matériel, affaires personnelles ou ses papiers d’identité, ce caméscope gris appartenant à un militant, est le seul objet qui ait été filmé au sol puis filmé ramassé par un aficionados.
Au bout de 35 minutes de calvaire, tous les militants étaient jetés dehors, blessés, certains gravement… (Des photos des blessures sont disponibles). Les gendarmes sont arrivés à ce moment là. Ils avaient pourtant été prévenus dès le début de la manifestation… Et là ils n’ont rien fait de plus que laisser continuer le cours du spectacle alors qu’au micro, le maire de Rodilhan a annoncé en riant qu’il avait récupéré : un soutien gorge, des habits, une caméra vidéo… et riait en disant qu’il allait faire une brocante à la fin du spectacle… Les gendarmes constatant les blessures apparentes des militants, entendant les témoignages, les pleurs… Je ne comprends pas que la corrida ai eu lieu malgré tout et que cette mascarade n’ai pas été annulée, stoppée par les forces de l’ordre pour enquêter immédiatement et interpeller les coupables.
J’ai pensé juste après ce massacre qu’heureusement les agresseurs n’avaient pas eu d’armes en leur possession car je pense qu’ils n’auraient pas hésité à s’en servir.
La question est : Comment peut-on accepter que la corrida fasse partie du patrimoine culturel de la France ? Dirigée par des hommes prêts à tout pour tuer ? Capables de lyncher, d’insulter, de torturer des êtres humains et d’en rire ? De torturer des animaux innocents d’applaudir devant toute cette souffrance ? Comment peut on accepter que les arènes soient ouvertes aux enfants à qui l’on interdit certains films télévisés sous prétexte qu’il y a quelques scènes violentes alors que l’on est capable d’accepter de leur livrer un spectacle de barbarie organisé par des pervers violents capables de torturer des animaux mais également des êtres humains ? Comment peut on accepter des écoles dans lesquelles on apprend à des enfants à tuer des animaux sans défense et cela financé par nos propres deniers nous les contribuables ? Quand étudie les sondages en France il est clair que la grande majorité de la population est pour l’abolition de la corrida qui ne satisfait qu’une petite poignée d’aficionados qui essaie de maintenir cette barbarie par tous les moyens se servant de tous les alibis possibles et inimaginables… Non… c’est inacceptable Monsieur le Procureur, comme il est inacceptable que les tortionnaires du 8 octobre dernier restent libres sans être punis pour leurs actes. Je suis prête à témoigner et me tiens à la disposition de la justice pour cela.
En vous remerciant pour l’attention que vous avez accordée à ma déclaration, je vous prie de bien vouloir accepter, Monsieur le Procureur, l’expression de ma plus haute considération.
Wendy
Coup de sifflet, les banderoles sont déployées. Je me lève pour huer les militants tout en me rapprochant de la barrière.
Je vois les militants à ma gauche enjamber la barrière, je fais de même et je saute dans le vide. Puis je me dirige en courant au centre de l’arène.
D’autres militants sont autour de moi et nous nous enchainons rapidement.
Les fumigènes sont déclenchés et nous crions des slogans anticorrida, le poing levé.
Dans notre dos quelqu’un nous arrose, je suis rapidement complètement trempée.
Des aficionados s’approchent de nous et commencent à tirer les militants à ma droite, je m’accroche à eux comme je peux pour les retenir.
Une militante a son tee-shirt déchiré et quand les aficionados s’en aperçoivent, ils reviennent et continuent à tirer dessus, pour finir de le lui arracher. Puis un autre aficionados arrive, et sans la moindre hésitation tire sur le soutien-gorge de la militante. Cela lui prendra plusieurs secondes, mais il parviendra à lui enlever. Son intention ne faisait absolument aucun doute : il s’est dirigé vers elle d’un pas décidé, il n’a pas cherché à lui parler, à la frapper ou à la déplacer, il n’y avait aucune hésitation dans ses gestes. Dès qu’il a pu lui ôter son soutien-gorge il est parti avec, puis quelques secondes plus tard il est revenu vers elle et le lui a brandi sous le nez, triomphant.
J’ai vu un homme avec une de nos chaînes dans les mains, il s’est approché des militants et en a frappé un avec.
A un moment Fleur est arrivée à toute vitesse, titubant et atterrissant sur la militante à ma droite. Celle-ci souffrant déjà de la cheville, elle a poussé un cri de douleur, je l’ai alors aidé à dégagé Fleur de son pied.
A ma gauche des hommes se regroupent, ils entourent Jean-Pierre Garrigues. Ils semblent l’avoir reconnu et lui hurlent dessus puis le frappent à plusieurs reprises.
Quand ils sont finalement parvenus à déplacer les militants à ma droite j’ai senti la présence des aficionados encore plus pressante autour de moi. L’un d’eux m’a attrapé la jambe et l’a tiré, un autre a fait de même avec mon autre jambe. D’un côté les militants tentaient de me retenir, de l’autre les aficionados tiraient sur mes pieds de toutes leurs forces, je ne touchais plus le sol. Ma chaîne glissait le long de moi et me comprimait les côtes, rendant la douleur de plus en plus forte. La chaîne continuait à glisser et m’arrivait presque aux aisselles, j’étais sur le point de passer à travers. Puis une de mes chaussures s’est enlevée et les hommes m’ont relâchée.
Quelqu’un s’approche de moi et ouvre ma chaîne. Pendant que je remets ma chaussure qu’un militant vient de me rendre on me désigne du doigt : "Celle-là n’est plus attachée !". Trois ou quatre hommes me saisissent et me relève. J’ai peur de quitter l’arène car je ne sais pas ce qui se passera ensuite, je redoute de me retrouver seule avec eux, de me faire frapper une fois que nous serons à l’abri des regards. Nous passons devant un policier et je tente de m’accrocher à lui dans l’espoir de trouver un peu de sécurité. Le policier me regarde, mais il ne bougera pas.
Les hommes m’entraînent vers la sortie en courant, mes pieds touchent à peine le sol. Arrivés près de l’entrée ils me jettent brusquement et je tombe violemment au sol, mes mains râpent le sol bétonné. Je me relève immédiatement, anxieuse. Je constate alors que la porte ouverte est devant moi, et les autres militants aussi. Je sors de l’arène et je les rejoins. Je réalise que je suis enfin à l’abri, que tout cela est enfin fini pour moi. La peur et l’inquiétude disparaissent, reste alors les images de ce à quoi je viens d’assister et je me sens sur le point de craquer. Je parcours notre groupe des yeux, je vois une amie, je me dirige vers elle et je la prend dans mes bras.
Helena
Nous étions une trentaine dans les gradins à déployer les banderoles anti-corrida.
Les aficionados se sont précipités sur nous pour nous les arracher. Lorsqu’au bout d’un moment ils ont réussi à toutes les arracher, ils ont continué à nous frapper de toutes leurs forces et à nous pousser violemment pour nous précipiter dans les escaliers alors que nous scandions les slogans "Corrida Abolition !".
Je me souviens en particulier de trois hommes et d’une femme que nous pouvons voir sur les photos et les vidéos. Ils essayaient d’attraper tout ce qu’ils pouvaient comme les lunettes de ceux qui en portaient (si bien que les miennes ont disparu) et le sac d’une militante. Une autre femme pleurait, essayant d’arrêter son mari qui se déchaînait contre nous. Nous nous accrochions à la balustrade tout en essayant de nous protéger les uns les autres. J’essayais de ramener vers nous les militantes isolées qui étaient le plus molestées. _
Compressée sous la poussée des aficionados, j’avais la tête tordue au point que j’ai cru que mon cou allait casser. Une militante a été soulevée et projetée dans l’escalier. Nous avons tenu ainsi 15 à 20 minutes avant d’être les uns après les autres poussés dans l’escalier.
Joëlle Verdier
Ce samedi 8 Octobre je suis parti très tôt de Lille pour rejoindre les autres militants anti-corrida à Nîmes pour une action. Action connue que des militants tenue secrète jusqu’à ce jour. Nous sommes 95 à nous être mobilisé contre cette barbarie qu’est la corrida.
Deux groupes sont formés, un qui ira s’enchaîner dans l’arène et l’autre qui déploiera des banderoles. L’heure avance, la tension est palpable entre nous, les visages se ferment, la tension monte. Dans le groupe banderole on se rassure les uns les autres, qu’est-ce qui nous attend, nul ne le sait…
15 heure c’est l’heure du départ vers les arènes de Rodihlan. Plusieurs petits groupes se forment pour ne pas attirer l’attention. Nous avançons vers l’arène avec le seul but que la corrida ne se produise pas. La boule au ventre, la tension… tout cela augmente une fois dans l’arène, installés dans les tribunes, l’adrénaline .Tous ces gens venus assister à cette torture cela me révolte . 15h50, coup de sifflet ,le signal, nous déployons nos banderoles, nous sommes hués, on se jette sur nous pour nous les arracher, les coups commence à pleuvoir , on doit tenir le plus longtemps possible pour que l’autre groupe puisse s’enchainer au centre de l’arène. Moins de 3 minutes se sont écoulées, nos banderoles nous ont été arrachées des mains par tous les moyens, coups de râteaux des manadiers, molestage , insultes. Peu importe ,nous avons réussi notre diversion , le deuxième groupe est en place enchainé au centre de l’arène. La musique retentit le spectacle commence, nos amis au centre se font tabasser , insulter , cracher dessus … Ne pas répondre aux coups , aux insultes, continuer à tenir et à scander « CORRIDA BASTA » « ABOLITION » avec le poing levé. Les coups pleuvent : coup de poing dans la mâchoire, un coup dans les hanches, gifles tout ça sur ma personne mais aussi sur mes amis Faire masse, se regrouper, ne pas arrêter de crier se protéger mutuellement. Nous avons tenu plus de trente minutes sous les coups, nous sommes jetés dehors, on me balance dans l’escalier en béton m’écrase contre le mur pour éviter les militants en bas de l’escalier, une militante se fait éjecter avec un coup de pied dans le dos…Dehors nous continuons « Corrida Basta ». Après avoir mis dehors 90 militants par la force avec une extrême violence , les portes se referment et la boucherie peut commencer…
Hier, aujourd’hui, les douleurs sont là, bien présentes, mais les hématomes, les coups , les plaies disparaissent avec le temps.
Mais une chose ne disparaitra jamais de ma mémoire : la « haine » . Oui j’ai vu la haine, la violence dans le regard de ces soi-disant humains. S’ ils avaient pu , ils nous auraient mis à mort. Tous ces aficionados ont montré leur vrai visage, la haine, la violence, la barbarie dans ce monde soit disant « civilisé ». Tout cela sous le couvert de la tradition, de la de la culture, tout cela me révolte. Une chose est sûre je n’arrêterai pas le combat pour la cause animale, bien au contraire. Ma détermination n’est que renforcée .
Je tiens à dire pardon aux 6 taurillons que nous n’avons pu sauver ,et merci aux 94 militants avec qui j’ai affronter cette horde de barbarie.
Franck Andrieux
Le samedi 8 octobre, un peu avant 16 h, je courais vers le centre de l’arène de Rodhilan pour m’enchaîner pacifiquement avec les autres militants, au centre de l’édifice. Les insultes et hurlements fusaient déjà alors que mon pied touchait le sol et j’apercevais, agenouillée dans le sable, les porteurs de banderoles se faire violemment bousculer, là-haut, dans les gradins. Attachée depuis une minute, j’ai pris le fumigène de mon voisin, l’ai brandi en l’air. Déjà, un quinquagénaire se précipite sur moi en courant et, sans le moindre avertissement, me donne un violent coup dans le poignet pour l’envoyer rouler au loin. Aucun répit : un autre tire un coup sec sur ma jupe, heureusement serrée à la taille, saisit un bout de mon collant qui dépasse pour me l’arracher et me mettre à nue. L’homme ne voulait pas me neutraliser mais bien me déshabiller. Je reçois un violent jet d’eau dans la figure une fois, deux fois, trois fois.
A genoux, non plus pour m’assurer stabilité mais parce qu’il m’est incapable à présent de me protéger autrement alors que des hommes me frappent dans la nuque et le dos, pour me renverser en avant, puis en arrière, je vois mon voisin de gauche avoir le tee shirt arraché et se retrouver propulsé en avant, les bras comme seuls appuis. On tire par le col la femme à côté de moi. Je bascule. Je serre plus solidement mon voisin de droite, qui tente de me protéger comme il peut. Un autre militant à ma gauche reçoit trois coups de poings en rafale, sans sommation. Il ne répond pas aux coups mais crie. Je vois le sang, je l’entends hurler. J’entends que la Police a été prévenue. J’en vois un autre recevoir le jet d’eau puissant à quelques centimètres seulement de son visage, humiliant étouffement qui cherche à le faire suffoquer. Il tient bon, rentre le cou, baisse les yeux. On me pousse, on me tire toujours dans le dos. On m’encercle, on m’insulte mais je ne me retourne plus. Je me fiche plus solidement dans le sable, en serrant toujours plus fort mon voisin.
Les spectateurs nous lancent des projectiles, nous insultent et exhortent nos agresseurs à rendre justice eux-mêmes. On me frappe, encore. On tire sur ma jupe. Soudain, le cercle est brisé. N’ayant plus aucune attache – et donc plus aucune sécurité – je suis trainée une première fois par les pieds par mes assaillants. Un quinquagénaire de la corrida à chaque jambe. Je ne me rappelle plus si je me suis trouvée sur le dos ou le ventre, seulement le contact rêche du sable et les insultes qu’on me hurlait. On me lance violemment sur le sable, les jambes écartées, non loin de l’entrée principale, reconnaissable à ses grandes portes blanches. Je suis encerclée par des hommes qui m’insultent. « Salope ». « Dégage ». J’ai peur qu’on m’entraîne sur le côté et qu’on arrive enfin à m’enlever mes vêtements. J’arrive à me remettre debout et ne songe alors qu’à me protéger. Je cours vers l’arc de cercle de militants qui résistent encore. Naïve, je ne me retourne pas. Je suis poussée dans le dos par un homme grisonnant, au jogging noir. Sur une quinzaine de mètres je sens la pression dans mon dos et je cours en avant, sans pouvoir contrôler mes gestes. Tout va très vite, je tombe en avant, la bouche ouverte sans qu’aucun son ne sorte et me cogne contre Mathieu. Impossible de m’attacher, on m’a enlevé la chaîne. Il passe alors son bras autour de ma taille et je passe le mien autour de son cou, tremblante. Une femme en fourrure, les cheveux auburn, vient m’insulter. Je la regarde mais ne réponds pas. « Sale droguée, sale pute, regardez elle est incapable de parler, c’est une droguée ». Elle prend à témoin une autre femme venue m’insulter et d’autres hommes. Je sens Mathieu qui me sert contre lui alors qu’il est lui-aussi bousculé. On me pose la main sur les épaules, on revient m’insulter. Deux femmes se jettent sur moi, accompagnées d’un matador. « Et tu ne fais rien pour les musulmans qui égorgent les moutons hein connasse ? ». « C’est notre culture et ça, tu n’y toucheras pas ! ». Je vois la Police qui circule dans les arènes mais ne fait rien. Je sens une main agripper ma cheville et me tirer violemment en arrière. Je suis sur le ventre alors qu’une autre main me tient l’autre cheville. J’ai mal. Mon collant se déchire et le sable brûle les lésions sur mes genoux. Je reçois un coup au ventre alors que je tente de ralentir ma course, les doigts enfoncés dans le sable. Un toreador regarde la scène d’un air amusé alors que je n’aperçois plus rien d’autre autour de moi que les jambes des participants à la corrida, m’entourant. A 10 mètres de l’entrée, je me débats. On m’insulte et on me serre plus solidement la cheville. Je tends le bras inutilement vers la cheville de Mathieu, qui, lui, est tenu par les poignets, le torse relevé. Je n’arrive pas à l’atteindre et je vois pendant une seconde ce bout de chaussures comme une planche de salut portée au loin pendant une tempête. On me projette sur le dos, près de la barrière rouge. Je lève les yeux : un gendarme est à côté de moi. Il n’a rien fait. Ou plutôt si, il a laissé les aficionados rendre justice eux-mêmes. A terre, je lui ai lancé un regard. Il n’a rien fait, il n’a rien dit. Un militant est venu me rejoindre et m’a murmuré que j’étais en sécurité, qu’il allait m’aider à sortir de l’arène. Je sens ma poitrine se soulever et s’abaisser très vite alors que j’ai les jambes écartées sur le sol et que je n’arrive pas à me relever.
Alors même que tous les activistes n’étaient pas encore sortis, ils ont fermé les portes. Je titube dehors, mes jambes tremblent et déjà je sens une vive douleur au pied droit. Je sens les larmes qui montent, alors qu’éclate, à l’abri malgré les doigts d’honneur des spectateurs en haut des gradins, la manière dont j’ai été humiliée. Déshabillée, poussée en avant, trainée à deux reprises sur le sol et insultée par des pères et mères de famille. Les portes blanches de l’arène s’ouvrent violemment, je m’écarte de justesse pour ne pas être cognée contre le mur en pierre de l’arène.
A ce jour, j’ai un hématome de plus de 8 cm sur le bras gauche. Des érosions aux deux genoux, à la main gauche et aux doigts. Un os déplacé dans le pied droit. Des douleurs aux cervicales, aux bras, au buste, aux côtes et au ventre, sans compter le dos sur lequel j’ai été trainée à deux reprises. Je suis allée porter plainte contre les hommes, clairement identifiés sur les photographies. J’ai successivement été frappée, agressée sexuellement (car il me semble en effet que de me déshabiller, fourrer la main entre mes jambes et proférer diverses insultes m’assimilant à une « pute » relèvent bien d’un tel processus dégradant) et lestée de ma carte d’identité, alors que l’on me faisait les poches. Je ne puis me déplacer sans béquilles et mon médecin m’a imposée une ITP de 10 jours.
Le policier auprès duquel je suis allée porter plainte m’a accueillie avec un « Vous n’aviez qu’à ne pas perturber la manifestation sportive autorisée, c’est eux qui devraient porter plainte contre vous ». Fallait-il que je me fasse violer, pénétrer jusque dans ma chair pour qu’enfin on juge abjecte la manière dont j’ai été violentée samedi ? Aurais-je dû remercier ces hommes de me tabasser sans ménagement, gratuitement, alors qu’ils rendaient justice eux-mêmes pendant que les cinq gendarmes dépêchés sur place baillaient aux corneilles ? En tant que citoyenne, en tant que femme, je me suis mise en danger car il est de notre devoir à tous de résister à l’oppression. Faire barrière de son propre corps pour empêcher la torture et la mort d’autres êtres vivants est notre droit le plus élémentaire. Ma désobéissance citoyenne s’est faite dans la résignation. Je n’ai pas résisté, je me suis recroquevillée sur moi-même pour assurer ma propre protection, alors que les coups pleuvaient. Ceux qui trouvent jouissance dans la mise à mort lente et douloureuse d’un animal innocent, d’un autre être vivant, ne pouvaient en effet que nous tabasser sans discernement, cherchant à faire du mal aux femmes, aussi bien qu’aux hommes. La femme en fourrure m’a lancée avec mépris que j’étais une « martyre ». Peu s’en faut pour qu’elle ait été la lionne.
Le droit à la résistance est viscéralement ancré en chacun de nous. La violence immédiate et tempétueuse dont les amateurs de corrida ont fait preuve ce samedi ne montre qu’une chose : la corrida cristallise les pires pulsions de l’homme, violence, viol et désir de mort.
Samedi 8 octobre 2011, je me trouvais à Rodilhan. Avec mes amis militants nous étions pacifiquement enchaînés dans l’arène pour protester contre la Corrida.
Je pensais que l’issue de notre action serait une intervention des forces de l’ordre pour couper les chaînes.
Rien ne s’est passé comme cela.
Très rapidement un groupe d’hommes composé de valets de piste et de spectateurs s’est jeté sur des militants qui se trouvaient à ma gauche et les ont roué de coups de poing et de coups de pied sans discontinuer. Je me suis mise à hurler d’horreur "Arrêtez, arrêtez, arrêtez".
Puis ce groupe d’hommes a décidé d’accorder un répit à ces militants pour s’en prendre violemment à d’autres enchaînés un peu plus loin. Les coups pleuvaient et les insultes fusaient "salopes ! pédés ! nazis !".
Pendant ce temps nous recevions des jets d’eau en plein visage, à pleine puissance.
Un rapide coup d’oeil aux gradins m’a permis d’apercevoir les militants qui tenaient les banderoles en train de se tordre pour échapper aux coups.
Un homme à ma gauche s’est fait arracher son tee-shirt.
J’ai vu Manu prendre un coup de pied dans la nuque.
Thierry a pris plusieurs coups de poing au visage.
Un homme avec un béret qui tenait la lance à eau s’est approché de Jean-Luc . Il a soulevé le col de son tee-shirt pour approcher le jet au plus prés de sa peau. Jean-Luc se débattait et grimaçait de douleur. L’homme a essayé de lui placer l’embout dans l’oreille sans doute pour que la pression du jet lui blesse les tympans. Cette scène m’a fait penser à de la torture.
A un moment je me suis retournée et un homme passait dernière moi, avec un regard de fou, le poing serré et la mâchoire crispée par la rage. Je l’entendais prononcer "pédés ! pédés !" en me regardant.
Coraline en face de nous s’est fait arracher son T.Shirt puis son soutien-gorge, elle cachait sa poitrine sous ses bras.
Laure qui était enchaînée à ma droite, a commencé à paniquer. Elle m’a demandée d’appeler la police. J’ai composé le 17, mais les cris de la foule ne me permettaient pas d’entendre si j’avais quelqu’un au bout du fil. Je répétais dans l’espoir qu’on m’entende : " Venez aux arènes de Rodilhan, s’il vous plait, il y a des blessés.".
Je me demandais pourquoi les forces de l’ordre n’intervenaient pas. Nous avions convenu qu’une personne qui se trouvait dans les gradins les appellent dés le début de l’action mais ils n’arrivaient pas et je commençais à craindre que la situation qui avait largement dégénérée n’empire. Toutes les personnes présentes qui n’étaient pas des militants, prenaient part à la curée, ou se délectaient de notre souffrance dans les gradins (comme ils le font pendant les corridas). Je n’ai vu personne essayer de s’interposer pour empêcher le lynchage des hommes et des femmes enchaînés. Au contraire j’entendais la foule crier pour encourager les hommes descendus dans l’arène pour nous sortir. Le déchaînement de violence était tel que je me suis mise à craindre que quelqu’un soit tué, puisque la violence redoublait et que personne n’intervenait.
J’ai alors vu un militant de Droits Des Animaux qui se tenait l’oeil et qui continuait à recevoir des coups pendant qu’une femme aux cheveux rouges lui hurlait dessus et l’insultait.
Des hommes se sont acharnés sur Valy.
Laure et Christian m’ont demandée à nouveau d’appeler le 17, ce que j’ai fait. la personne au bout du fil m’a dit que les gendarmes étaient en route.
Mon amie répétait "je veux partir, ça craint là, je veux partir".
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Des militants à ma gauche ont commencé à se faire traîner vers la sortie. La foule applaudissait. _
J’ai senti un homme m’arracher mon anti-vol. Je me suis serrée contre mes amis. L’homme m’a saisie par dessous les aisselles puis m’a tirée par un bras vers la sortie. Il m’a traînée sur le dos dans le sable mouillé. Un jeune homme en a profité pour me donner un coup de pied dans la cuisse alors qu’on me traînait au sol. Yves m’a relevée quand j’arrivais sous le tunnel pour m’éviter les coups de pied de la "haie d’honneur" qui se formait peu à peu pour casser du militant.
Je me suis retrouvée vers la sortie au milieu des militants et des aficionados qui les frappaient. Des hommes nous criaient de ficher le camp. J’ai couru me réfugier prés de mes amies qui étaient contre un mur à 2 mètres de la sortie. Un homme d’une soixantaine d’année avec un oeil de verre s’est jeté sur nous avec le poing levé prêt à nous frapper. Il nous disait de partir mais en indiquant un cul de sac. Je criais "c’est fermé". Finalement il s’est reculé d’un pas. Christian nous a hurlé "courez". J’ai eu le temps de voir des militants couchés sur le côté en position foetale recevoir des coups de pieds d’hommes debouts. Nous avons couru en direction du lycée. C’est là que j’ai appelé une troisième fois la police qui m’a répondu qu’ils n’avaient que des camions et pas d’hélicoptéres et qu’ils faisaient de leur mieux. Laure m’a fait remarquer que j’avais 3 grandes griffures au bas du visage.
Nous avions peur qu’un groupe de pro-corridas nous suive, nous nous sommes réfugiés derrière un muret pour attendre les autres. Christian m’a dit qu’une militante avait "ramassé". Il s’inquiétait pour elle. Je lui ai demandé des détails. Il m’a dit qu’ils avaient essayé de lui remonter sa jupe et qu’elle avait été traînée d’une façon horrible par terre. Nous nous faisions du souci pour ceux que nous avions laissé là bas. Je voulais y retourner, Laure aussi, mais Christian, pour nous protéger, nous a rappelé que les consignes étaient de fuir dés notre sortie.
Peu à peu les militants sont arrivés. Une jeune fille ne pouvait plus poser le pied par terre. Valy avait la jambe atrocement couverte de bleus. Je lui ai demandé si je pouvais prendre une photo pour montrer de quoi ces gens étaient capables. J’ai revu Jean-Luc et Thierry dont l’oeil commencait à gonfler.
Nous n’avons jamais eu aussi peur de nos vies. L’arène était devenue une zone de non droit où nous étions offerts à la soif de sang et de cruauté des amateurs de corrida.
Muriel
La Gazette de Nîmes n°646, du 20 au 26 octobre 2011 :
Nord Eclair (A Rodilhan, un journaliste de France 3 avait aussi été victime des partisans de la corrida) - 26 octobre 2011 : http://mouscron.nordeclair.be/magazines/buzz/2011-10-26/a-rodihan-un-journaliste-de-france-3-avait-aussi-ete-victime-des-partisans-de-la-corrida-video-913065.shtml
Oise Hebdo 19 octobre 2011 :
La Presse Bizontine 18 octobre 2011 :
France 3 lundi 17 octobre 2011 :
Midi Libre 16 octobre 2011 :
La Voix du Nord 16 octobre 2011 :
Le Dauphiné Libéré 16 octobre 2011 :
France Info :
Midi Libre 15 octobre 2011 :
Le maire de Rodilhan se sent "piégé"... Midi Libre 15 octobre 2011
Article 20 Minutes 15/10/2011
Aujourd’hui en France 14 octobre 2011 :
Laurent Louis, un député Belge courageux !!!
Midi Libre 14 octobre 2011 :
Midi Libre 13 octobre 2011 :
La dernière Heure, 13 octobre 2011 :
Midi Libre 13 octobre 2011 :
Charlie Hebdo :
http://www.charliehebdo.fr/corrida.html
Sur la RTBF :
Rue89 :
http://www.rue89.com/2011/10/10/les-militants-anti-corrida-se-font-etriller-dans-les-arenes-225401
Sur RTL.be
http://www.rtl.be/info/monde/france/829081/
Sur BFM TV
http://temoins.bfmtv.com/fr/photos/info/2011-10-08/24635/action-anti-corrida-a-nimes.html
Sur TV animalista :
http://www.tvanimalista.com/2011/10/10/violencia-taurina-a-franca/
planète.info :
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2980_action_anti-corrida_viole
Sur DH net en Belgique :
http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/371551/une-video-deja-vue-13000-fois.html
L’avenir
http://www.lavenir.net/article/deta...
Sud presse
Nouvel Observateur :
Le Point :
L’est républicain :
http://www.estrepublicain.fr/loisirs/2011/10/12/militants-anti-corrida-lynches
France 3 :
http://franche-comte.france3.fr/info/rodilhan-30—des-franc-comtoises-molestees-70792680.html
Midi Libre :
Paris Match :
Page d’Animaux en Péril :
http://www.animauxenperil.be/pages/news/rodilhan.html
site de la Fondation Bardot :
http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/actu.php?id=40366
site de Respectons :
http://www.respectons.org/a-la-une/
Site de 30 Millions d’Amis :
sur le site de la League Against Cruel Sports :
Colbac :
L214 :
http://www.l214.com/violence-des-aficionados
Ca branle dans le manche :
http://cabranledanslemanche.20minutes-blogs.fr/
Bien public.com :
Sur blogspot :
http://3.bp.blogspot.com/-cwNjS9mA9PA/TpG2WAOHCZI/AAAAAAAAAwc/FX5cMAb5KTc/s1600/DSC06513.JPG
video modifiée par Christophe Thomas, rendant les coups très visibles :
http://www.dailymotion.com/video/xllk37_graine-de-torero-a-rodihan_animals
Image satirique sur la journée !
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Au sujet du maire de Nîmes par Jean-Paul Richier :