Il s’agit là de la troisième méthode d’attraction de la jeunesse dans le monde de la barbarie. L’objectif de ces écoles est l’apprentissage du métier de picador, torero, matador et autres acteurs du spectacle de mort… Car pour que la tradition perdure, il faut de nouveaux protagonistes. Les aficionados veulent donc former des jeunes pour assurer la relève.

Rappelons que littéralement le mot espagnol « matador » ne signifie rien d’autre en français que « tueur » et que les corridas sont interdites sur la majeure partie du territoire français car constituent des sévices graves et des actes de cruauté exercés sur des animaux (article 521-1 alinéa 5 Code pénal).

Cependant, aujourd’hui encore dans le sud de la France, des jeunes apprennent en toute quiétude, mais également en toute impunité puisque la loi se veut « tolérante », à manier pique, épée, poignard et autres outils de torture sur des veaux et vachettes. Ces travaux pratiques sont nécessaires à l’apprentissage du « métier ». Comment pourrait-on devenir un professionnel de la torture sans entrainement ? Les jeunes doivent se faire la main sur des dizaines de dangereux herbivores avant d’être reconnu par leurs paires.

Nous pouvons donc réellement parler d’école du sang, d’école de la mort, d’école de la délinquance, d’école du crime…

Cela n’empêchera pas notre service public d’annoncer dès le 30 octobre 2006, à la fin du journal de 13h de France 2, la diffusion d’un feuilleton de cinq épisodes au cours duquel sera réalisée une brillante apologie de ces écoles. Après avoir précisé qu’il parlerait indirectement de la corrida, le présentateur déclare que ce reportage suivra des apprentis toreros loin des images violentes ! Preuve, s’il en faut, de la réalité de cette violence.

France 2 présente alors une alternative dans laquelle « l’élève » tue pour la première fois en public deux taureaux de plus de quatre ans. La chaine ne jugera cependant pas utile à l’information de préciser qu’avant cette alternative l’apprenti tortionnaire a déjà tué bien d’autres bovidés, de moins de quatre ans, en tant que novilleros (lors de novilladas), et torturé d’autres encore à « l’école » pour apprendre à manier les armes. Cette alternative n’est que la consécration d’un jeune qui serait considéré comme un délinquant sur la majeure partie de notre territoire et qui peut dès lors prétendre au titre de torero.

Les enfants sont généralement admis à l’apprentissage de la torture dès l’âge de 10 ans. Cependant, comme pour être un bon tortionnaire, respectueux des règles précises de la corrida, il faut commencer jeune, très jeune, certaines écoles ouvrent leurs portes aux enfants dès l’âge de 7 ans. Les enfants se rendent alors dans leur école de la mort comme ils iraient dans une école de musique ou à un cours de natation…

Le point sur les écoles de tauromachie :

Ont fermé leurs portes à la rentrée 2005 : les écoles du crime de Campet-et-Lamolère, Istres, Saint-Rémy-de-Provence et Tarascon. Il y a donc six écoles de la mort dans le sud de la France. Toutes sont tous plus ou moins en cheville et les « maîtres bourreau » sont peu nombreux : on retrouve toujours les mêmes… Ce travail d’investigation confirme un certain nombre de points :

- Les écoles taurines n’attirent pas plus d’une cinquantaine de jeunes pour tout le sud de la France (ce qui est déjà évidemment beaucoup trop).

- Ces écoles de la mort disparaissent discrètement au bout d’une longue agonie : on ne claironne pas la fin d’une école taurine !

- Ces structures ignobles ne subsistent que grâce à la volonté de politiciens véreux qui en financent le fonctionnement.

- L’action des élus dans l’embrigadement de la jeunesse est manifeste dans tout le sud de la France.

- Certaines municipalités, comme Bayonne, mettent au point des systèmes pervers pour inviter et inciter enfants et adolescents à s’initier à cette pratique barbare.

Les discussions cordiales (ce fut dur) avec tous ces acteurs de la torture codifiée, organisée, apôtres de l’ultra violence, feraient presque oublier le massacre à l’arme blanche de veaux par des enfants et adolescents. Enfants qui, à l’âge adulte, feront certainement de très bons tortionnaires et dont on peut se demander ce qui les empêcheraient de passer à l’acte sur leurs congénères, chose qui ne leur fera certainement pas peur ! Ne dit-on pas que la violence engendre la violence…