Corrida : peace and love !
Par Patrick Pelloux

Avec toutes ces guerres qui se rapprochent, je cherche activement un rassemblement Peace and love, des pouvoirs des fleurs, quelque chose qui donne l’espoir que quelques-uns vont empêcher que la soif du sang et de la mort ne triomphent. Le combat des anticorrida est un de ces espoirs. L’abrogation de l’inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel de la France est un humanisme. C’est une bataille juridique et du droit qui a été menée avec courage et talent par le CRAC Europe et Droits des animaux. C’est le sens des textes des Lumières, des philosophes. Il est impossible d’inscrire dans notre patrimoine une mise à mort, quelle qu’elle soit.

Nous devons combattre tous les instincts des humains qui ont envie de tuer. La culture est un rempart solide, la justice l’arme dissuasive contre le développement des violences et des drames. La cause animale doit être défendue dans tous les rites religieux, comme dans des jeux primitifs de mise à mort. La défense des animaux est un des éléments de valeur de notre civilisation et de son attachement aux valeurs de la vie.

Ce combat n’est pas du tout éloigné de la bataille gigantesque pour défendre la planète du réchauffement climatique. Il est essentiel, alors que la guerre et le terrorisme se propagent, de faire que le combat de la cause animale fasse partie de la politique. Nous sommes au début du nouveau millénaire et nous devons construire un monde meilleur pour les générations futures, tolérant, respectueux des droits, protecteur de toutes formes de vie et donc de la biodiversité. Malraux ne doit pas avoir raison : le XXIe siècle doit être autre chose que religieux. Les religions n’ont jamais défendu les animaux. C’est donc à la justice, aux démocraties, aux scientifiques et aux politiques de protéger l’humanité et la cause animale.

Ne pas inscrire la corrida au patrimoine culturel immatériel est indispensable. La prochaine étape doit être la fin de la corrida et l’invention de moments festifs qui soient déconnectés de la mort des animaux.

Patrick Pelloux
Médecin urgentiste
Coprésident d’honneur du CRAC Europe
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La corrida radiée du PCI : hommage à des justes
Par Henry-Jean Servat

Même si je sais qu’il s’agit d’une conquête à la fois fragile et difficile, je suis fou de bonheur de voir la corrida enfin retirée de la liste des acquis du patrimoine immatériel de la France où cette horreur sanglante n’a strictement rien à faire, sinon nous mettre la honte à tous. La contemplation du prétendu spectacle de superbes herbivores lâchement et lentement torturés à l’arme blanche n’a jamais été et ne sera jamais un art, une culture et une tradition. Mille bravos et mille mercis à Jean-Pierre Garrigues, du CRAC Europe, et à David Chauvet, de Droits des animaux, qui ont porté ce combat avec flamme et générosité et que je soutiendrai sans réserves et jusqu’au bout des bouts pour que l’hystérie maladive de quelques-uns cesse de déshonorer, de souiller et d’ensanglanter notre pays.

Henry-Jean Servat
Journaliste
Coprésident d’honneur du CRAC Europe
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La corrida radiée du PCI : une invitation à l’espoir
Par Allain Bougrain Dubourg

Voilà donc le patrimoine français lavé du sang de l’agonie. Au-delà de cette décision éthique prise par la cour d’appel de Paris, c’est une invitation à l’espoir qui éclaire tous ceux qui se battent pour le respect de la vie. Elle montre que l’engagement et la détermination sont payants. Elle invite à une constante solidarité. Elle prouve que chaque citoyen peut soutenir efficacement des associations comme le CRAC Europe avec la perspective d’un changement. Certes, les taureaux continueront de cracher leurs tripes dans l’arène, mais la France ne pourra pas prétendre en être fière. Un jour viendra où elle en sera honteuse.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux)
Signataire du manifeste abolitionniste du CRAC Europe
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La corrida radiée du PCI : la corrida n’est pas respectable
Par Laurence Abeille

C’est évidemment une très bonne nouvelle, et bravo au CRAC Europe et à l’association Droits des animaux pour leur combat et leur persévérance. Les défenseurs de cette pratique barbare ne pourront plus prétendre être des représentants de la culture et de la tradition françaises. Ce n’est pas sérieux de considérer que la corrida, qui fédère contre elle la majorité des Français et qui est reconnue comme cruelle par notre Code pénal, puisse faire partie du patrimoine de la France. Non, la corrida n’est pas une tradition respectable, et oui, il faut tout faire pour l’abolir !

Laurence Abeille
Députée EELV
Dépositaire d’une proposition de projet de loi abolissant la corrida
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La corrida radiée du PCI : une victoire pour l’humanité
Par Pascal Durand

La victoire judiciaire obtenue le 1er juin par le CRAC Europe pour la protection de l’enfance et Droits des animaux pour faire retirer la corrida du patrimoine culturel immatériel français est une victoire collective pour l’humanité et un coup d’arrêt à la manipulation intellectuelle des quelques derniers partisans en France de cette pratique barbare venue d’un autre temps.

Se sachant marginalisés dans une société française qui n’accepte plus cette cruauté gratuite envers des animaux pris en otages de pratiques sadiques, les défenseurs de la corrida croyaient trouver dans le détournement de la culture un allié pour la faire classer au patrimoine de l’UNESCO et pouvoir continuer en toute impunité leurs sinistres « ballets » sanglants.

Grâce à cette importante décision judiciaire qui marque un arrêt à leurs prétentions, le chemin vers l’abrogation pure et simple de la corrida s’éclaircit un peu plus.

Pascal Durand
Député européen EELV
Signataire du manifeste abolitionniste du CRAC Europe
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La corrida radiée du PCI : le combat n’est pas fini
Par Sylvie Goy-Chavent

La tauromachie vient d’être rayée du patrimoine culturel immatériel de la France et je m’en félicite. Pourtant, le combat contre la barbarie est loin d’être terminé. En 2015, en France, on peut légalement torturer et mettre à mort un animal dans une arène. Et, qui plus est, on peut mettre en scène ce spectacle ultraviolent devant de jeunes enfants. Cela n’émeut personne et surtout pas notre gouvernement. Si nous voulons être dignes d’une société moderne, commençons par interdire aux mineurs d’assister à ces spectacles sanglants et mettons fin à ces pratiques contraires à toutes nos valeurs. La société française interdit aux mineurs certains jeux vidéo, elle censure certains programmes, elle est souvent la première à donner des leçons d’humanité au reste du monde et dans le même temps elle accepte que des parents emmènent leurs enfants assister à la torture d’un animal… On savait la pensée française en déclin, mais pourrons-nous à l’avenir compter sur nos institutions, à l’initiative de cette inscription à l’inventaire en 2011, pour redorer nos lauriers ?

Sylvie Goy-Chavent
Sénatrice UDI de l’Ain
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La France lavée de cet outrage couleur de sang 
Par Gérard Charollois

En 2011, le lobby tauromachique, parce que confronté à une contestation puissante de l’art de torturer les taureaux, tenta de faire inscrire, par une obscure commission non représentative, la corrida au patrimoine culturel immatériel de la France. L’opinion publique s’insurgea contre cette imposture, injurieuse pour notre pays. Le gouvernement louvoya en refusant d’infirmer ou de confirmer cette inscription. Il faut dire que le pourcentage des amateurs de torture de taureaux est plus élevé dans le personnel politique que dans toute autre strate de la société.

La décision juridictionnelle officialise la non-inscription, lavant ainsi la France de cet outrage couleur de sang. L’affaire révèle que les partisans de la corrida ont besoin d’un paravent pour maintenir, quelques années encore, le spectacle de mort dont nul ne peut douter qu’il rejoindra, dans la profonde poubelle de l’Histoire, les combats de gladiateurs, les ordalies, les bûchers, l’esclavage, la peine de mort.

Perforer, tourmenter, déchiqueter, poignarder un être sensible, le soumettre durant vingt minutes à des tourments, jouir de tant de souffrance ne sont pas de la culture.

La morale élémentaire, l’empathie spontanée d’un esprit sain, le cœur et la raison ne peuvent que refuser le qualificatif de culturel à la corrida, pour les mêmes motifs que l’excision des fillettes, la lapidation de la femme adultère, les sévices corporels pour délit d’opinion ne sauraient se cacher derrière le masque du particularisme culturel.

La culture est ce qui élève et non ce qui déprave.

Gérard Charollois
Président de la Convention Vie et Nature
Magistrat de l’ordre judiciaire

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Radiation de l’inventaire du patrimoine culturel de la nation : la corrida et le temps des vaches maigres !
Par Geneviève Gaillard

L’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la nation a suscité plusieurs contentieux initiés par l’Alliance Anticorrida et surtout par le CRAC Europe et Droits des animaux. Je veux ici saluer leur pugnacité qui a fini par aboutir, car même si c’est plutôt indirectement, je suis convaincue que ces recours ont pesé.

En avril 2011, comme beaucoup, j’étais tombée des nues en apprenant cette inscription  au patrimoine immatériel de la nation et furieuse des perspectives que cela offrait… mais au-delà, n’acceptant pas de m’y résigner, j’avais immédiatement et officiellement saisi le ministre de la Culture, à savoir M. Frédéric Mitterrand. A la lumière de sa réponse, j’avais fait l’attristant constat que l’inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel de la nation s’était en réalité faite sans aucune volonté politique, mais en catimini, à la discrétion de fonctionnaires un peu trop zélés et à la faveur d’une procédure des plus obscures.

Aujourd’hui, je constate que sa désinscription s’est effectuée pareillement, de façon on ne peut plus discrète par absence de renouvellement de cette inscription sur le site du ministère. Selon les termes mêmes du jugement du 1er juin dernier, «  la décision d’inscription de la corrida à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France doit être regardée comme ayant été abrogée » sans que le ministère ait jugé bon de communiquer à ce sujet…

Le moins que l’on puisse en dire, c’est que l’ingrédient  qui commande normalement  une telle démarche de  mise en valeur est totalement  absent, à savoir la fierté. On n’a pas été fier de l’inscription et on n’a pas été fier de son retrait de l’inventaire. Cela en dit long sur les rapports ambigus de l’administration, du pouvoir en général avec la corrida et sur le porte-à-faux perpétuel qui en résulte vis-à-vis de l’opinion publique qui, elle, est bien plus tranchée dans son appréhension de cette barbarie ritualisée !

Je souhaite donc à l’occasion de cet épisode – nul doute en effet  qu’un recours sera formé contre le jugement de juin – que toute la lumière soit faite sur les conditions présidant à l’inscription à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel, afin de faire reconnaître son flou, son absence de rigueur et de formalisme les plus élémentaires, et d’en réclamer au final la totale refonte.

Geneviève Gaillard
Députée PS
Dépositaire d’une proposition de projet de loi abolissant la corrida
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Corrida : la repentance, c’est maintenant
Par Christine Berrou

Arthur Schopenhauer disait que les vérités franchissent trois étapes. D’abord elles sont ridiculisées. Ensuite elles subissent une forte opposition. Puis elles sont considérées comme ayant toujours été une évidence.

Ce que la citation du philosophe ne précise pas, c’est que, pour qu’elle passe du ridicule à l’évidence, la vérité a besoin de s’aider de grands hommes. Des hommes comme Jean-Pierre Garrigues, du CRAC Europe, ou David Chauvet, de Droits des animaux, grâce à qui la corrida ne bénéficie plus du mot « patrimoine » pour se déculpabiliser d’exister.

Pour bien faire maintenant, il ne faudrait plus leur céder non plus le mot « spectacle », qui est, et je le dis en tant que comédienne, un mot noble. En fait, le seul mot que la corrida mérite est le suivant : barbarie.

D’avancée en avancée, je guette avec impatience l’abolition de ce massacre déguisé en tradition. Et, à nous voir de plus en plus nombreux, je suis convaincue que la victoire est prochaine. Je sais aussi qu’elle sera une avancée majeure à la fois dans la lutte pour le droit des animaux mais aussi un déclic moral pour notre société.

Les animaux sont des êtres sensibles pouvant ressentir de la douleur morale et physique. Je souhaite à ceux qui se réjouissent de cette souffrance, la provoquent et s’en divertissent de prendre conscience rapidement de la cruauté de leurs actes. Car, lorsque la loi changera, lorsqu’il sera interdit en France de pratiquer la corrida, il sera trop tard pour se repentir. Et il ne restera aux aficionados qu’une vie passée d’hommes en collant et de « combats » sanglants déloyaux dont ils finiront par avoir honte. Au moins, on les aura prévenus.

Christine Berrou
Humoriste (Jamel Comedy Club)
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