14 juillet 2017

Ce week-end, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, a eu lieu la feria du cheval avec une corrida de rejón (corrida à cheval) vendredi 14 juillet, précisément le jour de notre manifestation unitaire qui a rassemblé 14 associations : Animaux en Péril, École du chat, FLAC, Fédération des luttes pour l’abolition des corridas, qui réunit 13 associations, Fondation Brigitte Bardot, GEK, Global Earth Keeper, L214, Refuge du secours aux animaux malheureux, One Voice, Respectons, SNDA, Société nationale pour la défense des animaux, 30 Millions d’Amis, Vegan Impact, Vénus et le CRAC Europe.

Notre droit à manifester dans cette bourgade située en plein cœur de la Camargue ne fut pas sans embûches !

Rappel des faits

Nous avions envoyé, dans les temps, une déclaration de manifestation cosignée par les membres du conseil d’administration de l’association. Par une voie détournée, nous avons reçu un texte tout à fait étonnant et scandaleux.

Lundi 10 juillet, nous avons mis en place une procédure d’urgence contre la mairie des Saintes-Maries-de-la-Mer. Il s’agit d’un référé liberté, déposé au tribunal administratif (TA) de Marseille, pour dénoncer l’arrêté municipal liberticide du 29 juin 2017. C’est Me Hélène Thouy, du barreau de Bordeaux, qui s’est occupée de cette affaire. Malgré un argumentaire sans faille, une fois de plus, notre plainte a été rejetée. Dans cet arrêté, nous nous retrouvons à 600 mètres des arènes de ce village de 2 600 habitants.

À 14 heures, nous nous retrouvons à notre point de rendez-vous, donc bien à 600 mètres.

Les militants, bloqués dans la circulation, arrivent au compte-gouttes, ce qui nous permet d’entamer une négociation auprès des autorités pour nous rapprocher au plus près des arènes, malgré l’arrêté du maire. Ce que nous obtenons !

À 15 h 30, nous levons le camp. Nous sommes 113 militants sur place.

Nous défilons avec banderoles, slogans et musique derrière le camion sono et arpentons tranquillement les petites rues des Saintes-Maries jusqu’au centre-ville, sans l’ombre d’un policier à l’horizon.

Les habitants sortent sur les trottoirs et se mettent aux balcons en manifestant peu de sympathie à notre égard, voire du mépris. Il faut dire qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des opposants à la corrida chez eux. C’est une grande première !

Des militants distribuent quelques tracts. Des jeunes en voiture, « légèrement » alcoolisés, se mettent en travers de notre route, insultes et doigts d’honneur fusent, une militante tendant un tract est agressée par un homme qui lui envoie un coup de pied à l’épaule qui la fait tomber — et toujours pas de policiers en vue.

L’homme s’enfuit, des militants tentent de le rattraper en le coursant, mais en vain… il disparaît. Tout est allé très vite, trop vite.

Nous interpellons une voiture de gendarmes qui passait par là et nous leur signalons l’incident, avec photo de l’individu à l’appui. Ils prennent l’affaire au sérieux et commencent à réaliser les risques encourus à nous laisser seuls déambuler dans les rues !

Vers 16 h 30 nous arrivons au niveau du bord de mer, en plein centre, devant bars et restaurants. Nous sommes bloqués par un barrage des forces de l’ordre. Notre limite est ici, à 250 mètres des arènes, nous n’irons pas plus loin. Le camion sono est immobilisé.

Didier Bonnet et Jean-Pierre Garrigues prennent la parole en abordant les différents sujets d’actualité. Des touristes quittent la plage et viennent écouter. Des militants continuent la distribution de tracts, et là l’accueil des touristes est beaucoup plus chaleureux.

Nous faisons une minute de silence en hommage aux victimes et aux familles des attentats de Nice. Tout cela sous les regards ébahis des vacanciers !

La manifestation fut dissoute à 18 h 30. Cette fois, nous sommes escortés jusqu’à nos voitures par les gendarmes, qui nous ont apporté tout le long de l’après-midi un incroyable soutien.

Merci aux 14 associations présentes ainsi qu’à tous nos fidèles militants, certains ayant fait près de 700 km pour nous rejoindre ! Votre ténacité est exemplaire.

Nous tenons à saluer deux personnalités exceptionnelles.

Patrick Sacco, président de Respectons, association qu’il a créée en 1997, qui recueille (entre autres !) chats et chiens abandonnés, leur cherche… et leur trouve une bonne famille. Patrick qui, malgré un terrible été qui frappe durement les animaux laissés pour compte par des lâches irresponsables, très pris par les nombreux sauvetages de chatons qu’il effectue, n’oublie pas les taureaux et était présent aux Saintes.

Et un second président de qualité… le nôtre ! Malgré un état de santé difficile, Jean-Pierre Garrigues a tenu son rôle, celui de super leader charismatique qu’il est depuis des années, sous une chaleur suffocante. Les militants en ont été émus et touchés.

Prochain rendez-vous : Rodilhan, le 15 octobre !

À très bientôt et…

BASTA CORRIDA !

Elsa Strasser
Secrétaire nationale

Didier Bonnet
Porte-parole et trésorier

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