Mont-de-Marsan : A bout de souffle. Quand l’argent public comble le trou financier

Pendant des années, le lobby tauromachique a répété le même refrain : la corrida serait une tradition rentable, un moteur économique indispensable et le joyau incontesté des férias du Sud-Ouest.
Aujourd’hui, les masques tombent.
Entre la publication officielle des rapports de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) et les récentes déclarations coup de poing de la municipalité de Mont-de-Marsan, la vérité comptable éclate enfin au grand jour : la corrida ne fait plus recette et survit sous perfusion financière du contribuable.
1. Le constat officiel : Mont-de-Marsan au bord de l’asphyxie financière
La sortie du rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion de Mont-de-Marsan (période 2019-2024) dresse un bilan d’une sévérité inédite pour la cité landaise : une dette sous tension, des épargnes dégradées et des retards importants de paiement des fournisseurs. Lors de sa conférence de presse du 11 septembre 2026, le maire Frédéric Dutin n’a pas pu masquer la gravité de la situation budgétaire.
Face à ce mur financier, toutes les dépenses de la commune sont désormais passées au crible. Et au centre des dérives budgétaires pointe un secteur particulièrement coûteux : la régie des fêtes et la gestion des spectacles taurins.
2. Arènes vides et trou financier : L’aveu cash de la municipalité
Si la communication des milieux aficionados tente régulièrement de faire croire à des arènes combles, la réalité des chiffres sur le terrain contredit ce discours de façade. Le maire de Mont-de-Marsan a lui-même publiquement attaqué l’impresario et organisateur des corridas des Fêtes de la Madeleine, Jean-Baptiste Jalabert, pointant une défaillance majeure dans le modèle économique :
« Aujourd’hui, nous avons une situation où son travail nous rudoie car il y a un déficit de fréquentation et que nous avons à combler un trou au niveau des recettes de la tauromachie. »
— Frédéric Dutin, Maire de Mont-de-Marsan (11 septembre 2026)
Le constat est limpide : les spectateurs ne sont plus au rendez-vous dans les arènes du Plumaçon. Ce désintérêt croissant du grand public se traduit directement par un déficit de billetterie que la municipalité est obligée de compenser avec l’argent des citoyens.

3. Ce que révèle le rapport de la CRC : Un modèle économique sous perfusion
Ce trou financier montois n’est pas un cas isolé, mais s’inscrit dans un système global dénoncé par les magistrats de la Chambre Régionale des Comptes à travers plusieurs enquêtes dans les villes taurines :
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Des dépenses incontrôlées : Les coûts liés au cachet des toreros, à l’achat des taureaux et aux frais d’organisation ont explosé, tandis que les recettes propres s’effondrent.
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Subventions et aides indirectes masquées : Pour équilibrer les comptes de la corrida, les collectivités multiplient les aides directes mais aussi indirectes (mise à disposition gratuite des arènes, prise en charge de la sécurité, du nettoyage et de la communication).
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La vérité sur l’impact économique : Les enquêtes de la CRC démontrent que seuls 1 % à 5 % des visiteurs des férias assistent réellement aux corridas. L’immense majorité des personnes se déplace pour l’ambiance festive, les concerts et la restauration. La corrida n’est en aucun cas le moteur économique des fêtes.
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Achat de billets par les mairies : Dans plusieurs communes, les municipalités achètent elles-mêmes des lots de billets d’entrée sur les deniers publics pour les offrir, tentant ainsi de masquer artificiellement le désamour du public et le vide des gradins.
4. Synthèse comparative : Le mythe taurin face à la réalité comptable
| Prétentions du Lobby Tauromachique | Réalité constatée par la CRC et la Mairie |
| « La corrida est le moteur économique indispensable des férias. » | Seuls 1 % à 5 % des festayres vont aux corridas. Les villes sans corrida (ex: Carcassonne) conservent toute leur fréquentation festive. |
| « Les arènes font le plein d’aficionados. » | Baisse avérée de la fréquentation subie à Mont-de-Marsan et nécessité de distribuer des places gratuites ailleurs pour remplir les gradins. |
| « La tauromachie se finance elle-même. » | Déficits structurels systématiques comblés par des subventions et des avances de trésorerie prélevées sur le budget général de la ville. |
Conclusion : Exigeons la fin du perfusionnement public de la cruauté !
L’argumentaire en faveur de l’abolition n’est plus seulement éthique et moral, il est désormais indiscutablement financier. Alors que les communes font face à des restrictions budgétaires majeures et doivent rationaliser leurs services publics fondamentaux, il est inacceptable que l’argent des contribuables continue d’éponger les pertes de spectacles barbares en perte de vitesse.
Notre combat continue : Exigeons la transparence totale sur les subventions taurines, refusons que l’argent public finance plus longtemps la torture animale !

Archive photo : Action PeTA / CRAC Europe le 22 juillet 2026 aux arènes de Mont de Marsan




