À Alès, la corrida se vide… alors on offre les places aux jeunes
La présentation de la feria de l’Ascension 2026 à Alès, prévue du 13 au 17 mai dans les arènes du Tempéras, devait sans doute rassurer les aficionados. Elle révèle surtout une réalité de plus en plus difficile à cacher : la corrida attire de moins en moins.
Premier indice qui ne trompe pas : le programme taurin espagnol est réduit. Là où deux corridas étaient organisées les années précédentes, il n’y en aura plus qu’une seule en 2026. Les organisateurs parlent d’un « choix clair et réfléchi ». On imagine en effet que ce choix doit être longuement réfléchi quand le public ne suit plus.
D’ailleurs, la conseillère municipale déléguée aux manifestations taurines l’admet presque explicitement : si les spectateurs ne suivent pas, petit à petit ça s’arrêtera. Une phrase qui sonne moins comme une hypothèse que comme un constat déjà en marche.

Quand les places ne se vendent plus… on les donne
Deuxième signe révélateur : la stratégie tarifaire.
Les places pour la seule corrida programmée le samedi matin seront vendues entre 40 et 70 euros, avec même une hausse de cinq euros par rapport à l’an dernier pour certains rangs.
Mais la vraie nouveauté se trouve ailleurs : 200 places gratuites seront distribuées aux moins de 25 ans.
Oui, gratuites.
L’an dernier, les jeunes de 18 à 25 ans bénéficiaient déjà d’une réduction de 75 %. Apparemment, cela ne suffisait pas. Cette année, on franchit donc une nouvelle étape : si les jeunes ne viennent pas, autant les inviter.
Officiellement, il s’agit « d’initier les jeunes aficionados ». En pratique, cela ressemble surtout à une tentative désespérée de remplir des gradins qui se vident.
Et au passage, on notera l’évolution intéressante : il n’est plus seulement question d’attirer des mineurs ou des enfants accompagnés, mais toute une tranche d’âge jusqu’à 25 ans, preuve que la relève naturelle des spectateurs n’est plus vraiment au rendez-vous.
Une feria qui cherche à se réinventer
Face à cette érosion, la feria multiplie les animations alternatives :
-
ateliers et animations pour enfants avec le « patio des pitchouns »,
-
spectacles autour des traditions camarguaises,
-
toros-piscines populaires,
-
courses camarguaises.
Bref, beaucoup d’activités qui n’impliquent pas de mise à mort… et qui, elles, continuent d’attirer du public.
Ironie de la situation : alors que les organisateurs présentent la corrida comme un pilier culturel incontournable, la programmation elle-même semble chercher ailleurs les véritables moteurs de la feria.
Une tradition qui dépend désormais des invitations
Entre corridas supprimées, gradins à remplir et places offertes aux jeunes adultes, la situation alésienne illustre une tendance plus large observée dans de nombreuses villes taurines : la corrida survit de plus en plus grâce aux subventions, aux opérations promotionnelles et aux invitations.
On est loin de l’image d’un spectacle populaire irrésistible.
Finalement, la seule vraie question qui reste en suspens est celle-ci :
si un spectacle doit réduire son programme et offrir des centaines de billets pour attirer le public, peut-on encore parler de tradition ?
Source 1 : Feria d’Alès : on vous dit tout sur les prix des événements programmés dans les arènes du Tempéras, sans oublier un cadeau fait aux jeunes – midilibre.fr
Source 2 : “Un choix clair et réfléchi” : voici ce que dévoile la présentation des cartels de la feria de l’Ascension et fait évoluer la corrida à Alès – midilibre.fr




