Monsieur le Maire d’Alès,

Parce qu’elle était la aussi et qu’elle m’a interpellée.

Nous vous avons attendu sous une pluie battante… et avons traversé votre ville…
Que nous ont inspiré les trombes d’eau et les pieds humides ?…

Comment Monsieur le Maire d’Alès apprend à ses jeunes la barbarie…

Sur le chemin de la Mairie d’Alès… après avoir essuyé des trombes d’eau et une journée de route… faussé nos cordes vocales, je t’ai vue glisser brutalement et tomber dans la boue…

Toi, toi aussi… la petite vachette apeurée, pleine de vie avec tous ces nigauds autour de toi qui n’avaient rien d’autre à faire de leur journée. Tu t’es très vite relevée de peur que tout ce monde se rue sur toi, fière, la tête levées au ciel, droite, mobile, toute sale ; que peut-il se passer dans la petite cervelle affolée d’une vachette innocente ? :
 » – Qu’ai-je fait de mal ?… Il faut que je reste vigilante.
– Que font-ils tous autour de moi à me fixer avec leurs petits yeux ?
– Que vont-ils faire de moi ?… me tuer ?…
– Je suis différente, est-ce la raison pour qu’on me tiraille dans tous les sens ?
– Que me veulent-ils ?… ils sont brutaux à me pousser, à me pincer, à m’injurier, à me braver, c’est fort un garçon de seize ans mal élevé, vous pensez que je suis méchante ?… J’ai tout simplement très peur… parce que vous essayez de me faire du mal alors j’essaie de me défendre. Je suis seule au milieu d’une arène faite pour moi, pas faite comme vous, perdue au milieu de cette assemblée tellement différente de moi, tellement énervée. Je me suis mise bien au milieu puisque je ne peux plus sortir, pour mieux vous observer tous mais je n’arrive pas à évincer tous vos pièges, je ne peux pas m’échapper, le cercle s’est refermé autour de moi sans aucun autre choix que celui d’essayer de me défendre dans cet ovale bruyant, sinistre et étroit… peur de tous vos regards fixés sur moi que je ne connais pas, il ne faut pas que je lâche prise, téméraire comme la petite chèvre de Monsieur Seguin, je tiendrai jusqu’au bout, ce sera sans fin, debout sur mes pattes, je vous fais front de toute la hauteur de mes petites cornes et je ne comprend toujours pas ce que vous me voulez. Ce que je ressens ?… rien de bon à mon encontre ».

Deux mondes totalement différents s’observent : l’innocence et la barbarie.

Quelques instants, j’étais en toi et j’observais la haine de cette assemblée dans laquelle je ne me retrouve pas. J’ai donc laissé défiler le cortège et Rui l’Eventreur de chevaux, le massacreur de taureaux qui n’a rien massacré du tout à cause de l’orage, tant mieux. Dans ton corps de vachette encore petite, j’ai ressenti là, avec toi, un court instant, la peur, cette même violence chez les plus jeunes, cette moquerie dans leurs gestes et leur regard, mon Dieu, leur regard… ce regard vide pour moi, sans compassion, sans pitié que j’ai tout de suite cerné. Abandonnée à mon triste sort dans la raillerie du non respect des animaux, mal comprise, bête inutile tout juste bonne à amuser l’assemblée de jeunes nigauds qui s’est formée autour de moi. Vous m’avez affublé de ce chiffon rouge sur ma corne, Pourquoi ?… pour que je paraisse encore plus bête, encore plus Rien… parce que je ne suis Rien et que vous avez tous le droit de me maltraiter.

Voilà Monsieur le Maire d’Alès, rentrez un seul instant dans ce corps là comme je l’ai fait en vous attendant. Est-ce là l’image d’un monde intelligent ? compréhensif ? généreux ? respectueux de la vie ? quand on tolère la torture dans sa ville et qu’on influence des jeunes à la maltraitance sur les animaux (malgré la loi) ?… à l’ignorance, on peut s’attendre au pire. N’y a-t-il pas autre chose à leur proposer dans leur ville et dans leur vie, dans un si joli pays, que l’excitation et la perversité jusqu’à l’excès sur de pauvres animaux sans défense en ignorant leur énorme souffrance mentale et physique ?
Parce qu’ils souffrent effectivement, vous en doutez ?… que c’est abject ?… Ou est la moralité ?… Ou est l’exemple pour tous ces petits méprisants ?… Qu’est-ce que ça leur apporte de constructif dans leur tête ?… Y avez-vous pensé ?…
On est venu me chercher quand je m’apprêtais à descendre pour leur dire ce que je pense car TROP C’EST TROP : Comptent-ils regarder toute leur vie durant la fin agonisante d’animaux torturés ?… observez leur âge à tous sur la photo, comme c’est grave.
Si vous pensez à des excès de zèle de la part de militants, vous allez surtout comprendre qu’il y a DETERMINATION de notre part à stopper définitivement ces infamies dans votre Ville. Nous sommes chez vous, chez nous, partout, comme vous pouvez l’êtes aussi, dans toutes nos régions…
Venue exprès de la Haute Normandie pour implorer votre clémence à des êtres innocents, je la dépose à vos pieds parce qu’on les torture bêtement dans votre ville. Je voudrais que vous sachiez, Monsieur le Maire, que de plus en plus gens refusent la violence, la barbarie et la torture. Quand l’horreur et la souffrance revêtent l’image de la beauté.

Quand la beauté déguise l’horreur de la souffrance d’un animal aux abois torturé à mort simplement pour le plaisir et le sadisme d’une toute minorité d’inconscients sadiques, n’y a-t-il pas entrave à la respectabilité de soit, à la dignité de l’homme d’accepter cela ?

Je suis venue dans votre ville représenter ma Région de Haute Normandie, vous dire que nous serons présents l’année prochaine si vous ne changez pas d’avis et rien ne nous en empêchera. Nous ne serons pas que deux cents cette fois comme vous pouvez l’imaginer devant les forces de l’ordre que vous avez déléguées.

Pourquoi ???
Petite anecdote, Monsieur le Maire, pour la première fois de ma vie, j’ai assisté à une Corrida lorsque j’avais sept ans parce que les Tours opérateurs rentraient sournoisement cette glue infâme à travers un package d’excursions… et, pour la première fois de ma courte vie, j’ai vu mon père pleurer, (lui qui m’a appris à aimer et respecter les animaux et dont j’étais fière), sur un taureau courageux qui s’est relevé au sixième coup d’épée entre ses deux oreilles. Il a continué de meugler de souffrance à la découpe de son oreille. QUAND TROP C’EST TROP là aussi, le vice tauromachique est sans limite.

Lequel était le plus courageux à votre avis ??? Ca ne meurt pas comme cela si facilement un taureau même avec les préparations barbares et méchantes d’avant scène qu’il doit subir pour être plus « charcutable ». Je me vois encore HURLER dans son meuglement désespéré, oserai-je vous dire que je me suis trouvée mal ?… Jamais, vous entendez, jamais je n’oublierai ce malheureux animal lynché, torturé à mort. Il fallait absolument qu’il meure, bien sûr, il ne pouvait en être autrement… quelle folie grotesque !!! entouré d’hommes sadiques qui s’esclaffaient bêtement devant ses hoquets baveux agonisants, régurgitant ses poumons de bête aux abois. Une véritable horreur !!! Je l’entends encore quarante ans après… c’est vous dire le triste effet que cela fait sur les enfants mais pas sur les consciences malsaines qui en redemandent sans cesse, toujours les mêmes vicieux qui fréquentent les arènes, c’est tellement chouette d’aller voir une bête crever.

Je me suis permise de vous écrire car quarante années ont passé depuis et la maman se pose des questions, parce que rien n’a changé d’où ma question… aucune évolution !!!

Comment se fait-il qu’on laisse entrer de tous petits enfants pour assister à de pareils spectacles qui ont fait pleurer mon père ??? Mon père était-il trop sensible pour que d’autres se gargarisent de la torture et l’apprécient ? Les jeux du cirque d’un autre âge, c’est dépassé Monsieur, vous souvenez-vous des arènes à l’époque de César ? Etes-vous une autre sorte de gens sans pitié à Alès ??? Que c’est malsain !!! Serez-vous la dernière ville à abolir les massacres ou préférez-vous qu’on vienne de nouveau envahir votre ville à grande échelle cette fois ? Voyez ?… On s’y prépare à l’avance… En seulement quelques jours, nous étions trois cents, en un an, sera-t-on combien ?… voyez-vous, c’est trop infernale pour nous.
Sachez, Monsieur le Maire, que nous nous déplacerons, de nouveau, de partout et par delà les frontières de la Belgique et des autres pays l’année prochaine si vous persévérez dans cette voie de la torture pour clamer notre voix pour les « sans voix » dont vous ne comprenez pas le langage. N’en doutez pas surtout, nous serons très nombreux aussi de la Normandie, je m’y atèle.

Sous les trombes d’eau, j’ai pu observer la qualité et le style des personnes attirées par ce spectacle de la mort en direct, si l’habit ne fait pas le moine, les réponses à notre manifestation pacifique n’ont été que doigts, bras d’honneur et grimaces de rougeaux, quelle brochette, quel niveau !!! Ils ont tous été filmés un par un, pauvre France !!! Heureusement qu’elle n’est pas représentative de ces gens là.

Soyez un exemple, Monsieur le Maire d’Alès, à relever le niveau intellectuel de votre ville actuellement repoussante, le progrès A FAIRE RESPECTER LA VIE car d’où qu’elle vienne et vous le savez très bien, on doit la respecter et non brandir l’effigie de la torture sur des animaux qui n’ont pas demandé à combattre, à commencer par vos jeunes. Ne cautionnez pas la violence, Monsieur le Maire, je n’ai rien vu du paysage avec cette odeur de sang dans les narines, de souffrance qui transperçait la pluie, nous nous sommes bouchés les oreilles avec notre bruit pour ne pas entendre la souffrance et l’agonie derrière vos murs.

Respectueuses salutations,

Michèle Lemaire-Valéry

La photo au début de ce témoignage : « Comment prépare-t-on un Taureau pour une corrida : spectacle de la mort »… pour attirer les psychopathes, les sadiques, les simples d’esprit, les alcooliques, les petits enfants, les papy et mamies qui s’ennuient. Excusez-moi, je n’ai vu qu’eux.

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