Une délibération du conseil municipal de Bayonne datée du 11 décembre 2014 apporte des informations très intéressantes sur les résultats officiels de la saison tauromachique 2014.

Passons sur les phrases triomphalistes qui feraient penser que cette saison a été un magnifique succès à tous les points de vue. Si on se contente d’analyser les chiffres donnés, on constate que la réalité objective est bien moins reluisante.

  • Il y a eu en tout 26 837 entrées payantes pour six « spectacles » (quatre corridas espagnoles, une corrida de rejon, une novillada), ce qui fait une moyenne de 4400 places par spectacle, donc exactement la même que la moyenne observée lors des huit années précédentes qui ont abouti à un déficit cumulé de plus d’un million d’euros. Autrement dit, le taux de remplissage moyen des arènes de Bayonne est resté autour de 40% d’occupation des gradins (qui comptent 10500 places). La pointe à 70% d’occupation pour le rejon est largement contrebalancée par le remplissage d’à peine plus de 20% pour la novillada. Les corridas classiques, elles, stagnent à un peu moins de 4400 spectateurs payants en moyenne. Trois autres spectacles sont mentionnés mais sans aucun chiffre, ce qui veut dire qu’ils se sont probablement tenus devant des gradins quasi-vides et que la moyenne globale tomberait autour de 3000 places par spectacle.
  • Le résultat financier est annoncé comme positif de 25 K€ : 1,174 M€ de recettes pour 1,149 M€ de dépenses. Sauf que, dans les recettes, la billetterie représente seulement 1,110 M€, le reste étant apporté par des « produits d’exploitation » dont on ne sait rien. Ceci veut dire que le résultat dû aux seules corridas est négatif (-39 K€). De plus, aucune information n’est donnée sur la TVA. Si elle a été « omise » des chiffres globaux indiqués, cela creuse la perte de 196 K€ de plus. Espérons à  ce sujet qu’elle a bien été comptée à 20% et pas au taux réduit comme le font les autres places taurines telles que Nîmes, Arles et Béziers, sinon un redressement fiscal s’ajoutera au tableau. Sans parler de la subvention cachée qui consiste à mettre les arènes à disposition gratuitement (elles appartiennent à la ville mais leur utilisation n’en garde pas moins une valeur comptable). Quoi qu’il en soit, la perte cumulée depuis 2006 reste quasi inchangée, toujours autour d’un million d’euros. Elle ne prend pas le chemin d’être comblée.
  • Entre 2006 et 2012, il y avait 12 à 14 corridas par an. En 2014, il y en a eu moins avec le même taux d’occupation pour les plus suivies, et en tout deux fois moins de spectateurs qu’en 2011.

En résumé, les corridas à Bayonne attirent année après année de moins en moins de monde pour un résultat financier qui reste très largement négatif depuis 2006. Aux frais des contribuables bayonnais, bien entendu.

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe