En ce samedi 8 octobre 2011 à Rodilhan, moi Nathalie Valentin, militante anti corrida, je n’ai pas pu sauter dans l’arène… pas cette fois. Je l’ai fait le 10 juillet 2010 à Céret près de Perpignan et j’ai eu très peur, sûrement aussi peur que les taureaux. Non, je n’ai pas pris de banderilles, ni épées, ni poignards… ça la foutrait mal sur un humain ! Sur des taureaux, ils se le permettent, ils disent qu’ils sont là pour ça (mais le savent-ils eux, les taureaux ?… qu’ils sont là pour ça ?) et la loi les y autorise, les autorise à persécuter à mort de paisibles bovins… mais attention !… pas n’importe où, sinon 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende au bout… pour acte de cruauté. Vous l’aurez compris, en France, on règlemente la torture !

Donc oui, je n’ai pris ni banderilles, ni épées, ni poignards à Céret… mais liée par une chaîne (au niveau de la taille) à 2 autres personnes alors que je venais tout juste de tourner cette petite clé dans la serrure de mon cadenas… tout juste le temps de lever la tête, et je vois se rappliquer d’un pas hâtif une bande de gaillards bien décidés à nous mettre la raclée. Tout est arrivé très vite… mais le cauchemar dura très longtemps. Dans la tourmente, me voilà la tête coincée sous les cuisses de la personne liée à moi, le menton plaqué très fort contre mon poitrail, impossible de me libérer de ce piège, et ça tirait toujours de l’autre côté et je vivais ce cauchemar toute seule dans mon coin au milieu des brouhahas du public qui encourageait cette violence. Oui, pendant ce temps interminable où j’ai réellement cru que mes vertèbres allaient céder à cette très forte pression… un « ours » (pardon pour les ours) continuait à me traîner par le pied droit avec au bout, mon poids et celui de 2 autres personnes… soit 200 kg environ supportés par mon pauvre petit pied qui a repris forme au bout de 5 mois de rééducation. Puis, tout à coup, je ne sais par quel miracle, me voilà libérée du dessous des cuisses de ma compagne d’infortune, ma tête s’est carrément éjectée violemment de ce piège tant la pression était forte… mais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort… l’autre, l’ « ours », me trainait toujours par le pied et je voyais peu à peu le couloir de l’enfer s’approcher, je me souviens du sol bitumé de ce couloir qui s’approchait à vitesse grand V et je me disais : « là ça va faire très mal ! ». Arrivés à la limite du couloir, l’ « ours »0 trébucha et finit enfin par me lâcher le pied… mais, je ne gagnai rien au change ; d’un coup je vis au dessus de ma tête, sa grosse main s’approchant de ma tignasse, et là, il me l’empoigna très violemment en me soulevant (il ne pris même pas la peine de se baisser) et fit prendre le relais à d’autres brutes qui se trouvaient là dans ce sombre couloir. Dans la foulée donc, 2 types le relayèrent et m’empoignèrent chacun de leur côté les cheveux ; l’un tirait d’un côté et l’autre de l’autre, et me trainèrent ainsi par les cheveux avec toujours le poids des 200 kg au bout, et pendant ce temps, des coups de pieds fusaient de tout les côtés, je ne voyais plus rien, pas un seul moment de répit pour essayer de me relever… nous étions pris au piège des chaînes et ces salopards en ont profité ! A un moment, je n’en pouvais plus, je leur suppliais d’arrêter, et une voix me répondit : « ta gueule connasse, fallait rester chez toi ! »(oui, rester chez moi et les laisser torturer tranquillement). Une fois le couloir de l’enfer passé, nous voilà dehors, dans l’enceinte autour de l’arène. Là aussi, je voyais de loin, le rebord métallique du bas de la porte de sortie s’approchait peu à peu, mais ça a été, j’ai réussi à passer cet obstacle sans trop de mal… déjà très soulagée d’arriver enfin au bout du calvaire. Aussitôt ce rebord franchi, je me suis retrouvée assise par terre, nez à nez à cette porte métallique qu’ils venaient de claquer violemment, nous laissant là comme des M….s. Complètement abasourdie mais ô combien soulagée que ce soit fini ! Je m’aperçus que j’avais perdu une chaussure… que j’avais perdu la clé de mon cadenas aussi. Il a fallu donc tirailler sec pour pouvoir m’enlever la chaîne de la taille… mais c’était de la gnognotte à côté de ce que je venais de subir.

Voilà, que ce soit à Céret ou à Rodilhan, nous avons affaire aux mêmes bourrins : « le peuple du toro »… vous savez ? Ces gens soit-disant pacifiques !

Je demande pardon aux taureaux, de ne pas avoir sauté cette fois, je m’en veux…mais un traumatisme, on ne peut pas s’en défaire ! En tout cas, soyez tranquille, je me battrais jusqu’à ma mort pour vous… d’une manière ou d’une autre ! J’étais quand même près de vous, là dans les gradins, et comme Delphine, je suis désolée de ne pas avoir pu sauver vos petits frères ce jour-là. Mais ce jour-là a marqué un grand tournant dans la lutte. Nous allons gagner !

Tout au long de ce témoignage j’ai pensé aux taureaux, ces taureaux, qui eux, n’ont pas cette chance d’être évacués… qui subissent jusqu’au bout, jusqu’à la mort, isolés des leurs, qui ne sont pas là de leur plein gré ! Ils n’ont pas d’autres choix ! Quel cauchemar pour eux ! SUBIR, SOUFFRIR et MOURIR sans comprendre pourquoi… et en spectacle s’il vous plait ! Et « on » appelle ça de l’art ? Quel retard mental !

NE VOUS ETONNEZ PAS MESSIEURS ET MESDAMES DU MONDE TAUROMANIAQUE SI NOUS EN ARRIVONS LA ! NON, ON NE PROVOQUE PAS NON, ON VEUT JUSTE QUE LE SUPPLICE DE CES TAUREAUX CESSE ! ! !

ABOLITION !