Avant de descendre dans l’arène, j’étais placée à coté d’une aficionadas. Je lui faisais donc des petits sourires gentillets, et nous avons commencés à discuter. Ses 2 enfants étaient présents (d’environ 12 et 15 ans), tout deux inscrits au club taurin ! Je lui expliquais que j’étais là en week-end, que c’était la première fois que j’assistais à une corrida et que j’étais enchantée ! Elle à commencé à me raconter que c’était un très beau spectacle, que du monde allait arriver, mais que la mise à mort était quelque chose de « spécial ».
Elle m’a ensuite présenté les toréros en m’expliquant qu’un des jeunes avait quitté son pays natal (le gagnant de graines de toréro) pour se consacrer entièrement à la corrida car c’était tout simplement sa vie. Elle m’a ensuite montré « Maxime » de loin en me disant qu’il était également un bon toréro. Pendant 15 minutes nous avons du supporter ses paroles aussi ignobles les unes que les autres ! Une fois que les banderoles furent dépliées, j’ai fait comme si je ne comprenais pas, et là elle me regarde et me dit « ah oui … il faut que je vous explique » … et là, sans chercher à comprendre, j’ai sauté, comme tout le monde.

Une fois en bas, on se prend les jets d’eau dans la figure, toute cette eau est étouffante. Un aficionados s’amusait à prendre des poignées de sable et à les vider une à une sur la tête des militants, un à un. Un des hommes frappait mon voisin. Je l’ai donc défendu, ce qui n’a pas plu à l’aficionado qui m’a attrapé les bras et a tenté de me mettre un coup de pied dans le dos.
Je remarque des taurins montrer Thierry du doigt et parler de lui. Ils se sont ensuite acharnés sur lui.
Je vois que tout commence à dégénérer et que les forces de l’ordre ne sont toujours pas présents. Mon voisin de gauche a pris un coup de pied en pleine tête. J’ai eu très peur pour lui. Un homme violent et vulgaire s’approchait de nous en hurlant à la mort « LIBERTÉ, LIBERTÉ, LIBERTÉ ». Il s’approchait de plus en plus de mon visage, sa tête étant à 5cm de la mienne, il avançait de plus en plus, j’ai cru que j’allais recevoir un coup de boule qui allait me mettre K.O. Il m’a regardé dans les yeux, tête à tête en hurlant « SALOPE » mais il a fini par reculer.

Nous sommes bousculés, tirés, trainant dans le sable, prenant des coups un peu partout. Un des hommes s’est approché de moi et a crié « bandes de nazi » (joli l’inversement de rôle !).
Nous étions ensuite près de la porte de sortie, à terre, avec un attroupement de pro-corrida qui nous entourait. Un homme qui était derrière moi ne se gênait absolument pas. Il passait la main au dessus de tout le monde pour venir la plaquer contre mes seins !

Un des militants qui était à coté de moi ne pouvais plus respirer, il m’a fait une peur bleue, il hurlait « JE NE PEUX PLUS RESPIRER, JE NE PEUX PLUS RESPIRER », personne ne se souciait de lui ! Les flics étaient juste à coté, ils ne le regardaient même pas !!!!!!! Je les appelais donc en hurlant qu’il ne pouvait plus respirer, ils me regardaient, le regardaient, mais détournaient le regard et faisaient semblant de ne rien voir et de ne rien entendre.
Il a bien « agonisé » pendant 1 minute sans pouvoir respirer, avant que l’on soit jetés violemment dehors.

Une des militantes, les larmes aux yeux, m’a fait pleurer mes camarades et moi. Nous nous sommes pris dans les bras, pleurant, en pensant à cet échec et au sort des taurillons. Nous nous sommes soutenus jusqu’au bout.

Finalement, j’ai un ITT de 3 jours, avec hématomes de plus de 10 cm sur la cuisse, sur les genoux, les bras, douleurs dans tout le corps, ventre, cotes, dos etc … je vais déposer ma plainte demain en espérant être mieux reçue que d’autres militants !

Nous connaissons tous la suite … Un hommage à ces taurillons assassinés par ces bourreaux et une grosse pensée aux deux militants qui ont du subir la corrida, les cris et la douleur des taurillons.

Sabrina

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