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Le 11 juillet 2010 à 17h30, 22 militants abolitionnistes entament une action dans les arènes de Céret. Objectif : dérouler au sommet des arènes deux banderoles de 3 mètres sur 1 avec les inscriptions suivantes : CORRIDA = BARBARIE et CORRIDA = TORTURE.

Dans le même temps, 16 militants sautent ou tentent de sauter dans l’arène afin de s’enchaîner en cercle au centre de l’arène. La configuration des lieux est difficile. Il faut sauter plus de deux mètres pour se retrouver dans le callejon et sauter à nouveau une barrière de 1,5 mètre pour arriver sur le sable de l’arène. Les premiers militants passent les obstacles grâce à l’effet de surprise mais très vite des spectateurs bloquent des militants et les plaquent sans ménagement sur les gradins en béton, en les insultant copieusement et en les menaçant de les frapper. Les militants au sommet des gradins sont pris à partie très vite et les banderoles arrachées.

La dizaine de militants qui se retrouvent au centre de l’arène est aussitôt agressée par les valets de piste. Ces derniers tordent les bras et le cou des militants, arrachent et déchirent des chemises et des tee-shirts. La haine et la rage du monde taurin se déchaînent contre nous. Nous sommes entraînés individuellement ou par « grappes » de deux ou trois si nous avons eu le temps de nous enchaîner à notre camarade le plus proche. Mais le pire est à venir. Dans un couloir sombre, les tortionnaires attendent pour leur « paseo » (faire les beaux avant le massacre des innocents). Nous recevons alors des coups de pied de la part des toreros tout en étant traînés au sol. La violence et la haine ne sont que d’un seul côté : celui des barbares. Nous ne répliquons pas, ni aux coups, ni aux insultes. C’est alors au tour d’un service d’ordre privé de nous prendre en charge sans aucun ménagement et de nous éjecter de l’enceinte extérieure des arènes.

Jean-Pierre Garrigues à la sortie de l’arène


Nous avons constaté qu’aucune force de police n’était présente à l’intérieur des arènes. Les organisateurs ont appliqué leur propre loi : celle de la corrida, à 10 contre 1, avec la haine et le plaisir de faire mal. Ainsi un militant stoppé dans le callejon par quelques « gros bras » a été littéralement passé à tabac avant d’être expulsé. Sonné, il a été examiné par les pompiers et a pu rentrer chez lui hier soir. Nous espérons qu’il n’y aura pas de séquelles.

Je précise au passage que nous étions toutes et tous rentrés tout à fait légalement dans l’arène en achetant nos billets…

Aujourd’hui, des militants font constater leurs traumatismes par des médecins. Le petit monde de la torture tauromachique qui juge « intolérable » notre action pacifique et non violente ferait mieux de faire profil bas et de faire le ménage dans ses rangs. Le mundillo perd son calme. En effet, comment continuer de torturer tranquillement en Catalogne française des herbivores paisibles alors que la Catalogne espagnole est sur le point d’abolir cette pratique ignoble ? Verdict les 28 et 29 juillet de l’autre côté des Pyrénées !

Pour le CRAC Europe
Jean-Pierre Garrigues

Voir le clip du COLBAC sur les actions du 11 juillet à Céret :


Et cette action fait la Une du Petit Journal des Pyrénées orientales :

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