A la suite d’une enquête menée par une militante du CRAC Europe, il apparait que la gendarmerie mobile de Nîmes prête gratuitement son gymnase toutes les semaines au bénéfice du Centre de la Tauromachie de Nîmes (CTN), qui y organise des séances d’entraînement pour des enfants mineurs souhaitant devenir de futurs tortionnaires dans les arènes.

Le terme de « tortionnaire » n’a rien d’exagéré, il découle directement de la définition de la corrida qui est donnée dans le Code pénal. L’article 521.1 décrit en effet cette activité comme relevant de « sévices graves » et « actes de cruauté » à l’encontre d’animaux, des faits réprimés par deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Ce n’est qu’au prix d’un alinéa que de tels actes de torture sont autorisés exceptionnellement dans certains départements du sud de la France.

La militante a tout d’abord contacté par téléphone une responsable du CTN, se faisant passer pour une mère qui souhaite inscrire son garçon de 12 ans aux cours de tauromachie organisés par cette association de type 1901 créée et tenue par des particuliers. Lors de la conversation – qui a été intégralement enregistrée – la responsable lui a fait savoir que l’entraînement se tenait tous les mercredis en fin d’après-midi dans le gymnase de la gendarmerie mobile, 600 rue Mas de Ville à Nîmes, et tous les samedis après-midi dans les arènes de Rodilhan, avec l’utilisation de « bétail » pour certaines séances. Il a bien été précisé lors de l’échange téléphonique que le gymnase était prêté par la gendarmerie.

On peut s’étonner qu’un tel service gracieux entre dans les missions de la gendarmerie nationale qui soutient ainsi une activité illégale dans la plus grande partie du territoire français, à l’exception de onze départements du sud du pays. La militante a également interrogé les gendarmes pour savoir s’ils confirmaient le prêt de leur gymnase à l’école taurine nîmoise. Il lui a été répondu que le gymnase était prêté à un club sportif de la gendarmerie, ce que le CTN n’est pas. Pourtant, le site officiel du CTN fait clairement mention du fait que les entrainements ont lieu dans ce gymnase, en indiquant son adresse en toutes lettres. Il semble donc que l’une des deux parties concernées ne dit pas la vérité.

Il est étonnant qu’une telle collusion entre tauromachie et forces de l’ordre soit avérée. Le CRAC Europe va consulter ses avocats et se réserve le droit de saisir la justice le cas échéant. La neutralité de ces gendarmes mobiles appelés à assurer la sécurité de spectacles taurins face aux manifestations anticorrida est, de fait, fortement mise en doute puisqu’ils accueillent à longueur d’année ceux-là même qui vont se retrouver dans les arènes face à ceux qui protestent contre ce trouble à l’ordre public que représentent les spectacles de torture pour une large majorité de citoyens.

Enfin, il est permis de se demander si Manuel Valls, ministre de l’Intérieur et aficionado déclaré, encourage de telles dérives ou les condamne.

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe

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