Marta Esteban, une importante activiste de la lutte anticorrida en Espagne, nous a fait parvenir une analyse plutôt optimiste de la situation concernant l’approbation récente de la déclaration de la corrida au Patrimoine Culturel de l’Espagne.

Il faut tout d’abord noter que la version finalement votée est très différente du projet initial, en raison de nombreux amendements déposés au cours des débats. Beaucoup de points importants ne sont désormais plus des obligations mais de simples indications : « il faudra créer un inventaire… », « il faudra accorder plus de pouvoir au Conseil taurin » ; « il faudra présenter le projet à l’Unesco », etc.

La loi a été approuvée avec les voix du PP (parti majoritaire de droite) et d’un autre petit parti. Les socialistes (PSOE, deuxième force politique) ainsi qu’un autre petit parti se sont abstenus et tous les autres ont voté contre. La loi doit encore être examinée et approuvée par le Sénat. Certains partis politiques, comme la gauche unie, commencent à se positionner ouvertement contre.

Marta Esteban souligne que la version finale n’accorde pas les subventions attendues par les aficionados à la tauromachie et ne prévoit plus l’introduction massive de cette atrocité dans les écoles et universités. Elle affirme également que, du fait de la jurisprudence, les régions autonomes continueront à avoir la priorité de décision sur cette loi qui est votée au niveau national et qui n’aura donc aucune valeur pour imposer un éventuel retour de corridas en Catalogne.

Un autre point intéressant est que depuis la mobilisation géante qui a eu lieu cette année contre le Toro de la Vega, beaucoup de personnalités et des particuliers ont adhéré à la lutte anticorrida. En parallèle, les arènes de Madrid ont connu cette année une réduction importante de leur nombre d’abonnés (près de 3.000 en moins).

Enfin, une « contre ILP taurine » est en train de s’organiser (ILP Pan y Toros ).

Beatriz MacDowell