Nous étions une trentaine dans les gradins à déployer les banderoles anti-corrida.
Les aficionados se sont précipités sur nous pour nous les arracher. Lorsqu’au bout d’un moment ils ont réussi à toutes les arracher, ils ont continué à nous frapper de toutes leurs forces et à nous pousser violemment pour nous précipiter dans les escaliers alors que nous scandions les slogans « Corrida Abolition ! ».

Je me souviens en particulier de trois hommes et d’une femme que nous pouvons voir sur les photos et les vidéos. Ils essayaient d’attraper tout ce qu’ils pouvaient comme les lunettes de ceux qui en portaient (si bien que les miennes ont disparu) et le sac d’une militante. Une autre femme pleurait, essayant d’arrêter son mari qui se déchaînait contre nous. Nous nous accrochions à la balustrade tout en essayant de nous protéger les uns les autres. J’essayais de ramener vers nous les militantes isolées qui étaient le plus molestées. _

Compressée sous la poussée des aficionados, j’avais la tête tordue au point que j’ai cru que mon cou allait casser. Une militante a été soulevée et projetée dans l’escalier. Nous avons tenu ainsi 15 à 20 minutes avant d’être les uns après les autres poussés dans l’escalier.

Joëlle Verdier