À Orthez, une décision responsable et enfin cohérente : la gratuité des corridas pour les enfants supprimée

La décision prise à Orthez de mettre fin à la gratuité des corridas pour les enfants durant les fêtes mérite d’être saluée. C’est un signal important, à la fois éthique, éducatif et politique.

Il faut remercier l’équipe municipale et le maire d’Orthez d’avoir pris conscience d’une réalité trop longtemps minimisée : exposer des enfants à des mises à mort ritualisées d’animaux n’est pas anodin. De nombreux pédopsychiatres, psychologues et spécialistes de l’enfance alertent depuis des années sur les effets de la banalisation de la violence chez les plus jeunes. Présenter la souffrance animale comme un spectacle festif ou culturel pose une vraie question de société.

Cette décision ne signifie pas interdire aux adultes leurs pratiques. Elle signifie simplement qu’une collectivité publique commence enfin à considérer qu’un enfant n’a pas à être encouragé, par la gratuité ou par la communication municipale, à assister à la torture et à la mise à mort d’un animal.

Il faut aussi rappeler une autre réalité, souvent passée sous silence : économiquement, les corridas survivent largement grâce à l’argent public. Sans subventions municipales, départementales ou régionales, nombre d’événements taurins ne pourraient tout simplement pas exister. Les chiffres de fréquentation diminuent depuis des années et les collectivités doivent régulièrement combler les déficits. Dans un contexte où les budgets publics sont sous tension, beaucoup de citoyens s’interrogent légitimement sur l’utilisation de cet argent.

La décision d’Orthez contraste fortement avec certaines attitudes ailleurs dans le Sud-Ouest. À Mont-de-Marsan notamment, la polémique autour d’une affiche faisant la promotion de la corrida auprès des enfants a montré à quel point certains responsables refusent encore d’entendre les inquiétudes d’une partie croissante de la population. Malgré les critiques, le maire avait refusé de modifier cette communication pourtant destinée à banaliser la corrida auprès du jeune public.

À Orthez, au contraire, un pas vient d’être franchi vers davantage de responsabilité et de lucidité. On peut aimer les fêtes du Sud-Ouest, les bandas, les traditions populaires, la convivialité et la culture locale sans pour autant promouvoir la violence envers les animaux auprès des enfants.

Cette décision mérite donc d’être reconnue pour ce qu’elle est : un progrès.

+ d’infos et sources ici :
– Sud Ouest
– La République 

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