Le journal espagnol El Ventano a publié le 1er février 2016 un article passé quasiment inaperçu. Il contient pourtant des informations extrêmement intéressantes.

Pour la première fois  Bruxelles étudie la possibilité d’interdire la tauromachie en Espagne après avoir accepté une requête présentée il y a un an par l’activiste Laura Folch del Cerro, qui démontre la fausseté de  l’affirmation selon laquelle la corrida serait une tradition culturelle en Espagne.  Au long des 11 pages, son texte prouve que « la corrida et autres festivités cruelles  n’ont jamais fait partie de la culture espagnole ».

“De même que le droit international a intégré la protection de l’environnement à la fin du siècle dernier, le bien être animal est devenu une préoccupation majeure au début de ce nouveau millénaire », affirme-t-elle, ajoutant que « l’animal, d’objet de domestication et de  consommation est passé à objet de divertissement, ce qui est inacceptable au XXI ème siècle”.

Dans cet esprit, en 2014 la militante a sollicité devant le Parlement Européen “l’abolition de la tauromachie en Espagne et de toutes sortes de festivités qui violent non seulement le droit des animaux mais aussi celui de l’enfance ». La « Commission chargée des  Pétitions a accepté d’étudier sa requête ».

“Je veux souligner l’ importance et la nouveauté de cette acceptation alors que depuis 10 ans les pétitions de  PACMA (Parti Animaliste contre la maltraitance animale)  étaient systématiquement rejetées. “Le Toro de la Vega est toujours présenté comme une tradition médiévale espagnole admise a priori tout en refusant notre requête.  Maintenant nous avons démontré que ces « festivités » ne relèvent pas de la tradition espagnole mais européenne en générale ».  Ce type de spectacles populaires était courant dans toute l’Europe jusqu’à ce qu’ils soient interdits pendant la période des Lumières au XVIII ème siècle ».

Au delà de l’argument de la « tradition espagnole », Del Cerro n’a pas douté à relever dans les textes de loi, point par point, tous les droits, résolutions et articles qui sont violés par la tauromachie en Espagne, a commencer par les principes soutenus par l’UNESCO.

De même, elle montre que des nombreux articles de la  Déclaration des Droits de l’Enfant de 1959  sont au grand jour enfreints par les pratique de la tauromachie.  Dans le texte en question l’article 10 affirme que « le droit à être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance et d’amitié » duquel on déduit que « il faut éloigner l’enfance de toute participation à des actes et des spectacles impliquant la souffrance et la maltraitance animales. Il s’agit de construire une société plus pacifique avec plus d’empathie pour la souffrance et un rejet de toute forme de violence ».

Le texte s’appuie également sur la Déclaration universelle des Droits des Animaux, manifestement incompatible avec la pratique de la tauromachie. “Tout animal a droit au respect. Partie des espèces, l’homme ne peut s’attribuer le droit d’exploiter ni d’exterminer les animaux». Un autre article de la Déclaration  relève qu’« aucun animal ne sera soumis à la maltraitance ni à des actes de cruauté ».

Article en espagnol : El Ventano
Merci à Beatriz MacDowell pour la traduction.