Thierry Hély et moi y sommes allés… Thierry avait pris un magnétophone et une cassette enregistrée des cris de douleur de taureaux dans l’arène… Moi j’avais les photos agrandies de taureaux criant leur souffrance sur le sable de l’abattoir public…

A notre arrivée, surprise : quatre toreros, trois ou quatre types à l’air patibulaire et deux ou trois jeunes femmes autour, mais pour acheter le calendrier, pas âme qui vive… A Nîmes ! Première ville taurine de France, et pendant la feria de Primavera !

Le calendrier en question ? Etait annoncé : « ce calendrier nous fait découvrir l’envers du décors, ces moments d’intimité emprunts de recueillement, de grâce et d’humilité, en un ultime face-à-face avec eux-mêmes avant de fouler le sable de l’arène… » A voir les photos en question, on pouvait se demander qui pourrait bien avoir envie de voir les têtes de Swan Soto, Gille Raoux ou Marc Serrano avec l’air pénétré du type qui fait semblant de réfléchir à une tactique pour le futur massacre dont il sait pourtant qu’il est joué d’avance dans l’arène ! En plus d’être (selon moi) inesthétiques au possible, ces photos étaient donc ridicules….

Les journalistes arrivent : Midi Libre, et France 3. Thierry va les saluer, et leur demande s’ils ont reçu le communiqué de presse qu’il leur a envoyé la veille pour les avertir de notre présence pacifique… Les deux journalistes répondent la même chose : « Oui, oui, et c’est bien pour ça qu’on est là d’ailleurs ! »

Bref… J’essaye de prendre en photo le panneau qui explique que les bénéfices de cette vente seront reversés aux écoles taurines… donc pour apprendre à des jeunes à torturer des veaux et des vachettes … Une femme s’approche de moi : « Oui, vous êtes ? » ; « Vous voulez savoir mon nom ? Pourquoi ? » ; elle n’insiste pas et s’éloigne…Un autre type arrive, et se plante devant le panneau que j’étais en train de photographier… Je lui demande gentiment de s’écarter… Il se retourne et croyant m’énerver me dit « Non, je ne me pousserai pas » avec un sourire narquois…. Ridicule… Presque autant que les quatre tortionnaires qui étaient attablés l’air niais en rang d’oignons derrière leur table, à attendre que ça se passe…

La responsable de la FNAC de Nîmes est venue très gentiment nous demander de la suivre à l’écart pour discuter au calme, ce que nous avons fait… Elle nous a expliqué qu’elle comprenait très bien notre démarche, mais qu’elle ne voulait pas de violence dans le magasin… Lorsque nous lui avons fait remarquer que la violence venait d’en face, elle a bien été obligée d’admettre que c’était vrai, mais que c’était leur séance de dédicace… Elle avait été touchée par les cris qu’elle avait entendus et elle nous a fait comprendre qu’elle était plutôt de notre côté. Elle nous a confié que cela faisait quinze jours qu’elle était inondée de mails de protestation… Il est vrai qu’elle avait l’air fatiguée…

Notre mission étant accomplie, nous avons donc laissé se terminer la séance de dédicaces.

Peut-être ont-ils eu plus de monde après parce que pendant que nous étions là, trois ou quatre calendriers seulement ont été vendus… Même pas de quoi acheter un jeune veau à torturer !!!!!

Ensuite, Thierry et moi nous sommes mis en place : Thierry a mis en marche le magnétophone et les cris de taureaux ont retenti dans la FNAC : cris de détresse et de douleur des animaux massacrés dans l’arène… Moi je brandissais les photos où l’on voyait ces taureaux crier, bouche béante, encore débout ou allongés sur le sable…
Leur dernier cri avant la mort…

Le temps de réagir, quelques secondes plus tard, le vigile déchaîné se jette sur Thierry pour lui enlever l’appareil, et un type avec une chaîne en argent et trois boucles dans chaque oreille s’approche de moi pour m’arracher les photos… Nous ne nous laissons pas intimider, et refusons qu’on nous prenne nos « armes »…

Un autre type arrive alors en nous demandant nos papiers… « En quel honneur ? » ; « Je suis agent assermenté de l’état »… Je lui demande alors s’il est policier, de me montrer sa carte… Il me sort une carte d’agent assermenté de la SNCF… Là j’éclate de rire, et je lui dis qu’il n’a aucun droit de nous demander nos papiers, et qu’il peut retourner d’où il vient… Pauvre homme… Ridiculisé en public…

La responsable de la FNAC de Nîmes est venue très gentiment nous demander de la suivre à l’écart pour discuter au calme, ce que nous avons fait… Elle nous a expliqué qu’elle comprenait très bien notre démarche, mais qu’elle ne voulait pas de violence dans le magasin… Lorsque nous lui avons fait remarquer que la violence venait d’en face, elle a bien été obligée d’admettre que c’était vrai, mais que c’était leur séance de dédicace… Elle avait été touchée par les cris qu’elle avait entendus et elle nous a fait comprendre qu’elle était plutôt de notre côté. Elle nous a confié que cela faisait quinze jours qu’elle était inondée de mails de protestation… Il est vrai qu’elle avait l’air fatiguée…

Notre mission étant accomplie, nous avons donc laissé se terminer la séance de dédicaces.

Peut-être ont-ils eu plus de monde après parce que pendant que nous étions là, trois ou quatre calendriers seulement ont été vendus… Même pas de quoi acheter un jeune veau à torturer !!!!!

Une heure plus tard, sur France 3 Pays gardois, des images de notre intervention étaient diffusées en début de journal..