Cet événement gratuit et ouvert à tous consistait à faire des démonstrations et initiations de torero de salon (passes de capes sur petit chariot en guise de taureau). Des enfants (de touristes notamment) pouvaient y participer et en sortait avec un petit diplôme pour s’être essayés à deux ou trois passes de cape. Ceci se déroulait en matinée. L’après-midi avait lieu une novillada (avec mise à mort) gratuite et ouverte à tous. Donc nous étions là présents toute la journée afin de sensibiliser et informer les touristes, qui pour la plupart sortaient très rapidement de l’amphithéâtre. En effet, ils ne s’attendaient pas du tout à voir du sang couler ; et l’on comprend cela car sur l’affiche de cette « Primavera » rien ne laissait transparaître un spectacle de torture… On y voyait la photo d’un enfant tenant une cape face une petite brouette faisant office de taureau ; de plus, il était inscrit intentionnellement sur cette affiche : « novillada SANS PICADOR ». Ce « sans picador » laisse entendre à la plupart des ignorants qu’il n’y a pas de mise à mort ni sang qui coule (et les taurins le savent très bien). Nous avons pu dissuader quelques touristes à entrer dans l’arène. Certains étaient poussés par la curiosité ou même d’autres n’y rentraient que pour visiter l’amphithéâtre. Il faut dire que l’entrée habituelle pour la visite du monument était intentionnellement fermée. Tout le monde, aficionados et touristes confondus, était obligé de passer par la même entrée, le but étant de pouvoir faire la promotion de leur spectacle indigne auprès de chaque touriste. Ce qui est choquant c’est que sans aucun scrupule les enfants de touristes complètement ignorants et non avertis (à la base), étaient autorisés à assister à ce spectacle de la souffrance et de la mort. Où est la protection de l’enfance ? Pendant combien de temps encore allons-nous continuer à laisser ce petit milieu sectaire à tout s’autoriser ? Non seulement ils persécutent et torturent à mort des bovins innocents (ce qui par la loi est condamnable), mais en plus on leur laisse la liberté d’y inviter des enfants !

Notre action fut positive. Nous avons eu beaucoup de soutien de touristes qui, en sortant des arènes, nous ont encouragés à continuer notre combat.

La police était restée présente toute la journée afin de nous protéger en cas d’éventuelles agressions. D’ailleurs, Cyrielle, une des militantes, a été suivie discrètement par un aficionado jusqu’au parking souterrain où elle était garée. Celui-ci a commencé par l’agresser verbalement, elle a commencé à pleurer et fort heureusement un couple les a surpris et a demandé ce qu’il se passait. L’agresseur est donc rapidement parti. On ne saura jamais ce qu’il ce serait réellement passé si ce couple n’était pas intervenu.

Une leçon à en tirer : après chaque action, ne jamais laisser des militants s’en retourner seuls à leur véhicule… surtout les femmes. Le mouvement anticorrida a pris de l’ampleur, les aficionados en sont conscients et certains d’entre eux risqueraient fort de perdre leur calme. Soyons prudents !

Nathalie Valentin, membre du CRAC Europe

Une « primavera » remplace l’autre

Petit rappel sur les primaveras de ces dernières années :

  • Corridas lors de la feria de primavera 2003 : 30 taureaux torturés à mort à l’occasion de cinq corridas, du 14 au 16 février.
  • Corridas lors de la feria de primavera 2004 : 24 taureaux massacrés dans les arènes de Nîmes, du 27 au 29 février. Les abolitionnistes manifestent à l’extérieur des arènes le dimanche matin pendant que Patrice Drevet, le présentateur météo de France 2, se régale à l’intérieur des arènes et s’en vante sur France 3.
  • Corridas lors de la feria de primavera 2005 : 18 taureaux suppliciés pour le plaisir pervers de quelques sadiques…
  • 2006 : la feria de primavera est supprimée ! Les corridas constituent un gouffre financier qui devient insupportable, même pour les élus aficionados — c’est tout dire. À noter : 95 % des visiteurs de la feria ne mettent jamais les pieds aux arènes !
    Après l’avoir supprimée, ils reviennent dessus en douce, en jouant sur les mots : ils ont remplacé la « feria de primavera » par« primavera des aficionados » ! Mais la barbarie, elle, n’a pas changé de nom.

À noter : depuis, Patrice Drevet s’est repenti et a signé notre manifeste pour l’abolition.

Luce Lapin

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