Le très récent ouvrage de Frédéric Mitterrand, intitulé La récréation (Robert Laffont), apporte de nouveaux éléments à la procédure engagée devant la justice administrative à l’initiative des associations Crac Europe et Droits des Animaux. Ces éléments ont un poids considérable dans la mesure où Frédéric Mitterrand était, à l’époque des faits qu’il rapporte, ministre de la Culture.

D’une part, il confirme le soutien à la corrida au plus haut sommet de l’État, puisque c’est François Fillon en personne, alors Premier ministre, qui intime l’ordre à Frédéric Mitterrand de maintenir le classement de la corrida : « Qu’est-ce que c’est que cette histoire de tauromachie ? Qui sont ces gens qui s’agitent pour l’abolir ? C’est une tradition, tu ne trouveras pas un élu du Sud pour les soutenir. J’espère que tu ne vas pas retirer cette inscription au patrimoine ! (…) tu ne retires pas l’inscription, tu ne cèdes rien. «  (page 451). Or, il est de notoriété publique que François Fillon est un amateur de corrida. Il apparaît donc clairement que l’objectif culturel affiché par l’État lors de cette procédure de classement n’était pas seul en cause et que d’autres préoccupations animaient les promoteurs de ce classement de la corrida.

D’autre part, cette inscription résulte selon Monsieur le ministre d’un  » forcing auquel on dû se livrer une poignée de fonctionnaires » (page 408), ce qui fait pour le moins douter de sa conformité avec une société démocratique.

A n’en point douter, ces révélations seront prises en compte par la juridiction administrative. Il apparaît encore plus clairement que cette inscription n’avait pas d’autre but que protéger la corrida de la contestation, contrairement aux principes les plus élémentaires d’une démocratie. Nos associations continuent donc le combat et le poursuivrons au besoin jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme.

CRAC Europe,
Jean-Pierre Garrigues

Droits des Animaux,
David Chauvet

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