Les organisations tauromachiques de la région PACA ne peuvent pas se plaindre de leur Conseil Régional : en 2012, elles ont reçu plus de 140 000 euros de subventions, sous couvert de « manifestations agricoles », « promotion agricole » et « solidarités régionales ». Le détail de ces aides est accessible à qui a beaucoup de temps et de patience afin d’obtenir les délibérations lors desquelles sont décidées les attributions de deniers publics. Il faut croire que la corrida est une activité honteuse aux yeux mêmes de ceux qui la soutiennent puisque les intitulés des différentes subventions sont souvent trompeurs ou très discrets.

C’est ainsi que la plupart des subventions à la tauromachie sont cachées au milieu de dizaines d’autres, toutes regroupées sous l’étiquette « Agriculture, agro-alimentaire, forêt et hydraulique », quand ce n’est pas « Jeunesse et vie associative », le tout réparti sur plusieurs lots différents qui incluent également tout un tas d’activités inoffensives, telles que le Festival de la Cerise, les salons botaniques, la fête de la biodiversité et autres fêtes paysannes ou de la transhumance.

Il faut donc lire avec attention ligne par ligne pour repérer une palanquée de subventions attribuées à des clubs taurins ou des écoles taurines, parfois avec un intitulé particulièrement flou ou anodin. Citons, dans cette dernière catégorie, la « valorisation des produits de l’agriculture à l’occasion du trophée des maraîchers » attribuée à l’Union Taurine Châteaurenardaise (pour qui les produits de l’agriculture sont des taureaux envoyés aux arènes) ou encore, « Action cheval en fête » versée au Club Taurin de Mouriès (qui s’intéresse probablement aux chevaux mais dépense surtout pour des corridas), ou « Acquisition d’un minibus » pour l’Ecole Taurine d’Arles (ceci dans la catégorie « Jeunesse et vie associative »).

Pour vous faciliter la lecture, n’ont été gardées dans les tableaux qui figurent ici que les lignes concernant des organisations taurines, avec leur intitulé tel qu’il figure dans les documents du Conseil Régional. Un très grand merci à Mario Valenza, président de la BAC Marseille, qui a déniché toutes ces édifiantes informations.