De gauche à droite : Damien Meslot, Franck Andrieux, Marianne Pastre, Roger Lahana, Geneviève Gaillard, Laurence Abeille, Jean-Pierre Garrigues

Le 4 mars 2015, une réunion sans précédent s’est tenue à Paris près de l’Assemblée nationale. Elle a rassemblé pour la première fois les trois députés auteurs de PPL abolitionnistes – Geneviève Gaillard (PS), Laurence Abeille (EELV) et Damien Meslot (UMP) – et une délégation du CRAC Europe, composée de Jean-Pierre Garrigues (président), Roger Lahana (vice-président), Laurence Andrieux (secrétaire), Franck Andrieux (porte-parole), Marianne Pastre (déléguée Île-de-France), Chantal Girot (déléguée Franche-Comté), ainsi que Francis Allouchery (secrétaire de la FLAC).

Cette réunion avait pour but d’informer les trois députés des progrès accomplis dans la campagne de sensibilisation des parlementaires afin de les inciter à signer l’une des PPL en vigueur, de valider la stratégie de lobbying politique poursuivie par le CRAC Europe et d’échanger sur divers autres dossiers et propositions permettant de faire avancer notre cause commune.

Un tableau du contexte particulier dans lequel se trouvent les députés abolitionnistes a permis de confirmer que les blocages principaux à la simple mise en débat du sujet des corridas dans l’hémicycle se situent aussi bien au sein des groupes parlementaires qu’au plus haut sommet de l’État.

En effet, c’est le gouvernement qui est maître de l’essentiel de l’ordre du jour à l’Assemblée et il est évident qu’avec plusieurs ministres aficionados, à commencer par le premier d’entre eux, tout est fait pour que rien ne bouge sur ce sujet.

De plus, les règles de fonctionnement des principaux groupes parlementaires varient : si à l’UMP comme chez EELV il y a liberté de vote, en revanche le règlement intérieur du groupe PS interdit de voter pour des PPL venant d’autres groupes. Ceci confirme qu’il est crucial d’avoir des PPL de partis politiques différents et non de les fusionner en une seule commune, qui se verrait rejetée a priori par le PS comme cela a été le cas en 2010 lorsqu’une PPL commune avait été proposée par Geneviève Gaillard (PS) et Muriel Marland-Militello (UMP).

Cela étant, si une majorité absolue de signataires est atteinte par exemple au sein du groupe PS, il deviendra très difficile au président du groupe de refuser de mettre la PPL à l’ordre du jour. La stratégie du CRAC Europe à ce sujet est donc pleinement validée comme étant la plus efficace pour y parvenir. Rappelons que déjà près d’une centaine de parlementaires de tous bords se sont déclarés comme abolitionnistes.

De gauche à droite : Laurence Abeille, Geneviève Gaillard, Damien Meslot
De gauche à droite : Laurence Abeille, Geneviève Gaillard, Damien Meslot

Les trois députés ont également confirmé à nouveau ce qui avait été dit lors de la conférence de presse organisée par Damien Meslot en présence de Laurence Abeille le 4 novembre 2014 à l’Assemblée avec le CRAC Europe sur l’importance de maintenir une opposition forte à la corrida sur le terrain, en particulier dans les régions tauromachiques. C’est grâce à la pression croissante des actions anti-corrida que de plus en plus de citoyens se sensibilisent à cette question, et par contrecoup, leurs députés qui seront alors plus enclins à signer l’une des PPL actives en fonction de leurs préférences politiques.

Les aspects financiers des organisations de corridas – subventions officielles ou occultes, bilans comptables contestables, fraudes fiscales, etc. – ont également été abordés et ont soulevé un fort intérêt de la part de Geneviève Gaillard, Damien Meslot et Laurence Abeille. Enfin, la question de l’accès de plus en plus large des corridas aux mineurs a donné lieu à des échanges sur différentes actions en cours ou en projet, tant sur les plans politique que juridique.

Le CRAC Europe tient à remercier les trois élus abolitionnistes pour avoir rendu cette réunion possible malgré leurs agendas très chargés, ainsi que Marianne Pastre et Chantal Girot pour l’avoir organisée.

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe

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