Le 24 août 2013, les associations « Animaux en Péril » et CRAC Europe organisaient une action pacifique dans les arènes de Rion des Landes (40) afin d’empêcher le massacre de jeunes taureaux lors d’une novillada. En s’enchaînant dans les arènes, comme à Rodilhan le 8 octobre 2011, les associations entendaient alerter l’opinion publique sur le blocage total de tout débat démocratique par une poignée d’élus aficionados, tant au niveau national que local. Et ce malgré les résultats des différents sondages qui montrent que les citoyens français souhaitent majoritairement l’abolition de cette pratique, y compris dans le sud de la France (simulation de référendum par l’Institut CSA pour le CRAC Europe en juillet 2012 : 55% des alésiens voteraient pour l’abolition de la corrida – Alès, Gard). Lors de cette manifestation, un aficionado avait tabassé et mis dans le coma un militant, des gendarmes avaient blessé six militants dont un gravement (commotion cérébrale). Des taureaux morts, des militants blessés, aucune égratignure du côté des aficionados, preuve du pacifisme de notre action.

Signez la pétition de soutien à Jean-Pierre Garrigues

Et pourtant, après l’audition de plusieurs dizaines de militants, ce lundi 24 mars à 13h30, qui sont les accusés au tribunal de Dax ? Plusieurs militants et les organisateurs de l’action d’interposition : Christophe Marie porte-parole de la Fondation Bardot et Jean-Marc Montegnies président d’Animaux en Péril (trois chefs d’accusation chacun), et Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC Europe (14 plaintes en tout !). Ils risquent de très lourdes amendes et des peines de prison. Dans le même temps, on apprend qu’un simple travail d’intérêt général a été proposé à l’aficionado qui a tabassé un militant pacifiste au point de le mettre dans le coma. Et rien pour les violences policières. Lorsque Manuel Valls, ministre de l’intérieur, se vantait le 18 septembre 2012 dans les colonnes du Midi Libre : « plusieurs membres du gouvernement sont aficionados, on a une capacité à bloquer tout projet éventuel », que devons-nous conclure de cette situation ? Nous venons d’apprendre par ailleurs que nous sommes désormais suivis par le BLAT (bureau de la lutte antiterroriste), et plus précisément par des membres de la police judiciaire qui font partie de la section Extrémismes Violents et Analyse Transverse, située à Issy-les-Moulineaux. BLAT placé sous l’autorité de Manuel Valls.

Sommes-nous encore en démocratie ? La question mérite d’être posée puisqu’on nous reproche des insultes publiques, la mise en danger de la vie d’autrui, l’organisation de manifestations interdites, et une entrave au droit du travail des toreros. Le monde de la tauromachie se sent réellement en danger pour en arriver à de telles extrémités. Nous avons le soutien, dans ces circonstances de grande tension, du professeur Hubert Montagner, du journaliste Henry-Jean Servat, de Brigitte Bardot et de Carole Davis, par le biais de lettres ouvertes .

« La Justice n’a pas le droit moral de condamner pour ses seuls propos un homme guidé par le respect de la vie » s’est insurgé le professeur Montagner.

« Dans la France de 2014 qui se veut terre de Libertés et de Culture, il est du devoir moral, intellectuel, civique, artistique de tout un chacun non seulement de refuser ces horreurs rétrogrades, ridicules et démodées mais de lutter pour un monde d’harmonie respectant les êtres vivants. » a souligné Henry-Jean Servat.

« Les opposants à la torture tauromachique sont traités comme des terroristes […] Tout cela n’est pas seulement ridicule, c’est absolument scandaleux, insultant et injuste ! » a déclaré Brigitte Bardot.

Le 24 mars 2014, nous nous défendrons dignement, nous avons confiance en la justice de notre pays et nous ne pouvons pas imaginer que des peines disproportionnées soient prononcées dans le seul but de nous dissuader de poursuivre notre combat pour l’abolition d’une pratique tolérée sur seulement 10% du territoire et décrite par le code pénal comme des « sévices graves et des actes de cruauté sur animaux ».

Pour les associations

Jean-Pierre Garrigues,
CRAC Europe

Toutes les informations sur le procès ici.


En Belgique, la presse relaie largement la mise en cause de Jean-Marc Montégnies, président de l’association Animaux en Péril, grandement réputée pour son sérieux et son efficacité outre-Quiévrain.