Madrid, samedi 13 septembre – Suivant l’appel du parti espagnol PACMA, le Parti Animaliste Contre la Maltraitance des Animaux, 45 000 personnes se sont rassemblées à Madrid pour demander l’interdiction de la torture et mise à mort d’un taureau lors du tournoi du Toro de la Vega, qui a lieu tous les ans au mois de septembre à Tordesillas.

Cette manifestation a créé un précédent. Jamais encore en Espagne une manifestation pour la protection des animaux n’avait connu une telle participation.
L’événement a commencé sur la place Plaza de Colon où 100 manifestants ont rompu une lance au cours du happening « Rompe une lanza ». Le cortège est passé devant le siège du parti socialiste PSOE, qui, comme le parti conservateur PP, soutient le Toro de la Vega. La manifestation, à laquelle participaient de nombreuses personnalités, s’est terminée par la lecture d’un manifeste sur la place Plaza de España.

En amont de cette manifestation, une délégation du PACMA avait remis le 10 septembre 70 000 signatures à la présidente de la Commission des pétitions du Parlement Européen, Cecilia Wikström. Silvia Barquero, présidente du PACMA, était accompagnée de l’eurodéputé Stefan Eck, président du parti animaliste allemand Partei Mensch Umwelt Tierschutz (Parti Humain, Environnement et Protection Animale) et de l’eurodéputée Anja Hazekamp, membre du parti animaliste néerlandais Partij voor de Dieren (Parti pour les Animaux). La pétition Avaaz qui compte à cette heure plus de 300 000 signatures, doit quant à elle être remise la semaine prochaine.

Le Parlement Européen a considéré que la demande de PACMA est recevable et une investigation préliminaire va être ouverte pour étudier si le Toro de la Vega est conforme ou contraire à la législation européenne. PACMA se réfère à l’article 13 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne, bien qu’il exclue les traditions culturelles. PACMA insiste sur le fait qu’une activité aussi cruelle, atroce et non nécessaire « una actividad tan cruel, innecesaria y atroz » qu’est le Toro de la Vega ne peut être compatible avec l’article 13 qui définit les animaux comme « êtres sensibles ». Ils considèrent donc que l’autorisation de non prise en compte « pleine » des « exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles » accordée par exception aux traditions culturelles et patrimoines régionaux doit avoir des limites. Il doit en effet être instaurée une limite supérieure aux souffrances infligées aux animaux lors d’événements traditionnels ou considérés comme tels. Si toutefois aucune limite supérieure à la souffrance physique et psychique infligée à l’animal ne peut être instaurée – comme lors des Courses Camarguaises par exemple – parce que la torture et la mise à mort de l’animal font partie intégrante ou sont l’objet même de l’événement dit traditionnel, alors elle doit être purement et simplement interdite. « On ne réglemente pas la torture, on l’abolit. » Gérard Charollois.
Elegido, « l’élu », pourrait être le dernier taureau torturé à Tordesillas ou bien le premier à être sauvé mardi prochain…

Pour nos amis germanophones, voici l’article en langue allemande de notre partenaire SOS-Galgos.

Marika Marcuzzi
déléguée du CRAC Europe pour l’Allemagne