C’est dans ces deux communes que se déroulaient le 6 septembre les demi-finales du concours de torture juvénile dont les honteux gagnants vont se retrouver à Rodilhan pour la finale le 4 octobre. Notre présence était donc avant tout symbolique, pour rappeler à ces barbares que nous ne lâchons rien avant le grand rassemblement du 4 octobre et que des spectacles de massacre rituel ne peuvent plus nulle part se dérouler sans que nous venions les perturber.

Nous étions une cinquantaine de militants, le matin à Manduel et l’après-midi à Bouillargues. Les arrêtés municipaux, qui nous ont été notifiés très tardivement, nous enjoignaient comme d’habitude à rester à plus de 500 mètres des torturodromes. Nous allons les attaquer en justice en raison de leur contenu liberticide. Notons que la trentaine de gendarmes menés par le colonel Lacroix se sont montrés d’une courtoisie et d’un professionnalisme parfaits à notre égard. Les seuls interventions des gendarmes l’ont été à l’encontre d’aficionados qui avaient encore du mal à comprendre les concepts de liberté d’expression et de droit à manifester.

Nous avons eu le plaisir d’accompagner la marche aller-retour de Corentin Carpentier à travers les barrières dressées par les forces de l’ordre par des « à bientôt au tribunal ». Le président des jeunes aficionados nîmois (il parait qu’il en reste), qui a décidé de se lancer en politique au sein d’un parti très largement anticorrida (l’UDI), est en effet l’un des agresseurs identifiés du lynchage de Rodilhan. La sortie des aficionados a été l’occasion d’une haie de déshonneur.

Avec l’accord du colonel Lacroix, nous nous sommes retrouvés l’après-midi à Bouillargues beaucoup plus près des arènes que ce que l’arrêté tentait de nous imposait : à 50 mètres à peine de l’arène, face à l’entrée (au lieu des 500 mètres exigés). Cet arrêté nous interdisait également tout moyen sonore (sifflets, mégaphones, sono). Nous avons attendu que le paséo soit terminé pour lancer un déferlement de cris, martèlements, sirènes, slogans, tambour pendant 1h20 d’affilée, c’est-à-dire toute la durée du supplice et de la mise à mort des quatre veaux de l’après-midi. Les gendarmes ne nous ont à aucun moment demander d’arrêter, nous les en remercions.

En revenant vers nos véhicules sous escorte policière, nous avons croiser la route de l’abbé Teissier, aumônier des arènes qui pratique la torture bovine, également connu sous les surnoms de Judas et Le Défroqué, ainsi que du sinistre maire de Rodilhan, Serge Reder, venu « assouvir » (c’est le terme qu’il emploie) son plaisir d’assister à ces immolations de bovins. Nous lui avons donné également rendez-vous, non seulement au tribunal comme son comparse Carpentier, mais aussi à Rodilhan le 4 octobre, quasiment quatre ans jour pour jour après le lynchage qui a marqué sa commune d’un sceau d’infamie et l’a rendue célèbre dans le monde entier.

Merci à toutes celles et tous ceux qui étaient présents et à bientôt à Rodilhan !

Roger Lahana
Vice-président du CRAC Europe

Galerie