Pour une première en septembre, la manifestation a été une réussite. Nous étions 65, dont 5 délégués. Des militants sont venus de loin, merci à eux ; les autres étaient des locaux. Cette journée restera aussi pour nous la journée de la mauvaise foi, de tentatives d’intimidation et du parti pris de la police. Bien que depuis trois ans nous fassions des manifs anticorrida à Arles sans AUCUN INCIDENT, il nous a été interdit cette année une manifestation dynamique avec défilé, sous le prétexte fallacieux d’« un manque d’effectifs pour assurer l’ordre en raison de l’état d’urgence ».

Le nouveau commissaire, qui vient d’Istres, m’a dès le départ annoncé qu’il ne nous connaissait pas, donc qu’il mettrait un « avis défavorable », et que, plus tard, si tout s’était bien passé, il verrait pour nous rapprocher petit à petit. Alors qu’il lui suffisait de regarder les PV des années précédentes… Quatre jours auparavant, il m’a prévenue que la manifestation dynamique était interdite et qu’il n’y aurait qu’un rassemblement statique avec tractage… ou rien. Eh bien, grâce à lui, ça ne s’est jamais aussi mal passé ! En fait de manque d’hommes, une demi-compagnie de CRS était présente — même nombre que l’an dernier, où nous avons défilé dans ces conditions.

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Nous avons été parqués et avons dû batailler tout l’après-midi pour faire respecter notre droit d’être là où c’était autorisé. Voici ce que nous avons entendu de la part des CRS :

« Vous commencez à nous casser les couilles… » « Dégagez de là, grand-mère… » « Reculez, ne me touchez pas » (alors que le militant ne l’avait pas touché). « Dernier fumigène, y en aura pas d’autre, c’est dangereux. » « On peut derrière…? »  « Négatif, avec la sécheresse… » L’herbe, bien arrosée par les employés municipaux, est très verte, on le voit sur les photos !

Des aficionados qui faisaient la fête dans un resto sont venus chercher la bagarre alors que nous étions à 100 mètres d’eux ; un vieux a giflé un petit jeune très timide de chez nous ; un gradé a déclaré « c’est toujours pareil avec eux » en parlant de nous ; un échange houleux s’est ensuivi, car il nous bousculait ; un policier en civil est venu dire que la provocation venait des autres, mais il n’a pas été écouté par sa hiérarchie. Les CRS étaient face à nous, alors qu’il y a deux ans ils nous tournaient le dos, face aux agresseurs. C’est très révélateur.

Ils ont fait passer les aficionados par-derrière, pour qu’ils nous évitent. Ils ont osé dire que nous étions sur la place parce que je ne voulais pas du défilé ! Le commandant, après des échanges très musclés, a fini par reconnaître qu’il avait dit ça, mais que ce n’était pas ce qu’il avait voulu dire… Un CRS a reçu un coup d’un aficionado : ils n’ont rien dit. Nous avons été bousculés. Des policiers et RT affirment que plus les préfectures nous parqueront, plus il y aura d’incidents ; si on avait pu défiler, certains problèmes auraient été évités ; pourtant, ils font remonter l’info…

Il serait TRÈS FACHEUX que ces « incidents » servent d’excuses pour nous restreindre encore plus lors de la prochaine manif. Malgré cette ambiance déplorable, la manifestation a été une réussite.

Un journaliste de La Provence est venu nous interviewer pendant l’agression. Midi Libre, France3 et France Bleu n’ont pas daigné se déplacer jusqu’à nous ; c’est ainsi.

Nous avons donc tracté auprès des automobilistes venant de la route d’Avignon et nous nous sommes installés de part et d’autre du rond-point. Nous avons fait passer le message abolitionniste grâce aux banderoles, affiches, visuels, etc., à la population traversant le seul axe nord-sud pendant plus de trois heures ; puis nous avons fait un briefing entre nous.

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Enfin, l’heure de leur barbarie ayant débuté, nous avons tenu à respecter une minute de silence en hommage aux taureaux qui allaient être torturés, suppliciés, martyrisés et mis à mort dans une belle arène décorée « goyesque », sous une musique magnifique d’un virtuose-violoniste !

Nous avons terminé la manifestation par un concert de sirènes des mégaphones, sifflets, trompes, cris, etc. Je pense qu’à défaut d’avoir été vus, nous avons été entendus…

NOUS NE LÂCHERONS RIEN quant à NOTRE COMBAT et NOTRE CAUSE.

ILS CROIENT NOUS MUSELER ? ILS SE TROMPENT !

Dominique Arizmendi
Déléguée CRAC Europe Bouches-du-Rhône