Le 25 mai 2015, à Vic Fezensac , 125 militants se sont rassemblés à 14 h 30 afin de dénoncer la barbarie avec actes de cruauté des corridas.

N’ayant pas eu l’arrêté que le maire devait nous envoyer, nous avons dû avancer notre rendez-vous afin de négocier. Cela nous a enlevé toute possibilité de faire un référé liberté, pour utiliser simplement une sono, des sifflets et des mégaphones.

Son arrêté définissant les contraintes imposées aux manifestants a été rendu public à deux jours seulement de la date de la manifestation en plein weekend prolongé, probablement pour éviter qu’il ne soit à nouveau désavoué comme étant abusif par le Tribunal administratif de Pau saisi en référé, comme cela avait été le cas l’an dernier.

Bien que nous ayons réclamé une copie à plusieurs reprises, la seule réponse de la gendarmerie a été que le maire l’avait envoyé mais à qui et sur quelle adresse email, aucune réponse et nous ne l’avons toujours pas reçu à cette date (27/5/15). Nous contesterons légalement les interdictions, prononcées par cet arrêté municipal, concernant l’utilisation du dispositif sonore, pourtant fréquemment employé dans toutes les manifestations.

Nous avions donc rendez-vous à 14 h 30 avec le commandant qui, avec beaucoup d’égards lors de notre rencontre, a regardé notre matériel dans nos voitures, pour ensuite nous escorter au rond-point afin de vérifier notre camion sono.

Les négociations ont enfin débuté, avec le colonel qui téléphonait toutes les 15 minutes au maire afin que nous puissions manifester au lieu indiqué, avec nos mégaphones, sifflets et sono pour notre discours. Mais le maire a fait perdurer sans  négocier, laissant cette charge aux gendarmes. Je lui ai proposé de le rencontrer seule sans militants, accompagnée du colonel, il a à nouveau refusé, nous enlevant nos droits démocratiques. On est loin de la période « Nous sommes tous Charlie »…

Après notre discours, nous avons tous déposé nos mégaphones et sifflets, pour nous rendre en direction des arènes où nous avons manifesté. D’après ce que nous avons pu lire sur cet arrêté, nous étions encore hors périmètre interdit. J’ai donc à nouveau négocié pour faire reculer les camions de la gendarmerie jusqu’à la limite, la rue des Capots, et nous avons avancé, bataillant pour quelques mètres, comme le maire avait bataillé pour quelques sifflets.

Après avoir manifesté, nous nous sommes rendus à nouveau au rond-point, seul endroit où nous pouvions utiliser nos sifflets et mégaphones, afin d’attendre les aficionados qui sortaient des arènes, après avoir vu 6 taureaux supplémentaires se faire massacrer, soit au total 24 pour ces trois jours de Pentecôte. Ils sont arrivés, avec de grands sourires, leurs majeurs levés car ils n’ont que ça comme argument. Face à nos réponses, ils sont vite partis, fuyant nos regards, certains têtes baissés.

Merci aux gendarmes sur place pour leur collaboration pendant les négociations durant une semaine jusqu’au jour J, ainsi que le SCRT, qui ont fait en sorte que nous soyons protégés, bloquant ce jour-là certains aficionados qui voulaient en découdre avec nous, pour le bon déroulement de cette manifestation et la sécurité de tous les citoyens.

Je tiens à remercier tous les militants qui se sont déplacés, pour dénoncer à nouveau ces actes de cruauté. Nous avançons tous ensemble, malgré leurs menaces et leurs intimidations. Nous serons toujours là derrière vous pour dénoncer cette barbarie, tant que nous n’aurons pas un débat démocratique à l’Assemblée Nationale, qui se prépare car de plus en plus de ministres et députés nous rejoignent. C’est la corrida qui est génératrice de trouble à l’ordre publique et non l’opposition qu’elle suscite. Tant qu’il y en aura des actes de cruauté envers les taureaux, il y aura des militants pour les dénoncer, car ne rien dire, ne rien faire, c’est cautionner, en les laissant faire. L’ABOLITION EST EN MARCHE.

Merci à tous.

Carole Saldain
Déléguée du CRAC Europe 64/40
Collectif Euskal Herria Bayonne Anti Corrida

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