Après une installation mouvementée due à l’arrivée en furie d’un élu de la Mairie qui tremblait en hurlant que la Mairie « ne voulait pas de ça » et « qu’il fallait nous dégager », de la Police Municipale (la main sur le pistolet !) puis de la Nationale (contrôle et relevé d’identité complet  !), nous avons tenu tête, les accords de la Préfecture en règle… et avons fini par démarrer notre stand avec retard mais une grande motivation : pas moins de 20 militants du 06 et 83 se sont relayés pour tracter, faire signer les pétitions aux très nombreux visiteurs du marché de Fréjus. Les signataires (majoritairement fréjussiens) rejettent totalement cette pratique barbare et semblent ravis que Elie Brun les en ait débarrassés en 2010 !

Très bien organisés, les militants ont quadrillé la ville en quête des pétitions. Les commerçants tenant un stand sur le marché ont majoritairement signé.

Beaucoup d’étrangers nous approuvent, en particulier des familles entières d’italiens, irlandais, portugais, anglais… La plupart des touristes découvrent avec stupeur que la corrida est présente en France et signent sans hésitation la pétition.

Beaucoup de Français ignorent tout de la corrida et sont également persuadés qu’elle ne se pratique qu’en Espagne.

Chaque échange avec la population donne lieu à des discussions fort enrichissantes. Bien sûr, il y a toujours les irréductibles aficionados avec leurs arguments affolants de bêtise.

Nous croisons un vieux monsieur qui nous toise en nous lançant: » La noblesse du taureau est plus grande que l’étroitesse de votre esprit ». Nous apprenons qu’il est membre d’un club taurin de Fréjus. Nous essayons d’entamer la discussion avec lui, il définit la corrida comme un art et ce sera son seul argument contre nos photos affligeantes de taureaux à l’agonie.
 Des familles entières viennent signer la pétition au stand ainsi que les marchands (l’un d’entre eux vient même nous apporter un plateau de tomates à l’huile de sa fabrication pour nous féliciter.

Au total, de 10 h à 16 heures, 511 signatures. Et le sentiment d’avoir vraiment été utiles.

Le prochain stand que nous organiserons se tiendra le premier weekend de septembre, date de la fête taurine organisée par la ville de Fréjus.

Nous serons là, plus vigilants que jamais face à cette ville sensible, dont les promesses du maire de ne pas faire couler de sang dans les arènes sont à ne pas prendre pour argent comptant.

Ghislaine Lecocq et Sylvie germain

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