Samedi 30 avril 2016 un stand information/tractage/animation était organisé par le CRAC Europe en collaboration avec l’association grenobloise CALI (Cause Animaux Libres Isère), une association de Protection Animale « généraliste », afin de dénoncer la corrida et d’informer une population qui n’est pas directement concernée par ce que nous qualifions la « honte française ».

Nous nous sommes retrouvés à 13 h place Grenette, au coeur de Grenoble, sûrs à cet endroit de toucher le maximum de monde un samedi après-midi. Une douzaine de militants au total sont présents pour venir dénoncer les maltraitances animales et surtout, la plus abjecte de toutes (si l’on ose une hiérarchie dans les horreurs), l’ignoble corrida.

Thierry, Sébastien et Delphine n’ont pas craint les sombres prévisions météo et sont venus de Haute-Savoie, un grand merci à eux ! Lydie, présidente de l’association CALI, a eu la bonne idée d’apporter sa tonnelle sans laquelle il ne nous aurait pas été possible de nous installer. En fait, dès 13 h, une fine bruine accompagnée d’un vent glacial a commencé à tomber, insidieuse au début puis se transformant en pluie…

Considérant que rien n’arrête les anticorrida, nous mettons vite en place notre matériel afin d’être « dans l’action » au plus tôt. Des passants emmitouflés s’approchent, intéressés, curieux, s’étonnant de nous voir défendre cette cause dans leur ville qui n’est pas une ville taurine, mais à laquelle ils adhèrent d’emblée. Nous les informons sur ce qui se passe dans l’arène et aussi avant, sur les subventions, les malversations, l’existence des écoles taurines que TOUS IGNORENT. J’insiste sur ce point, PERSONNE n’en connaît l’existence en dehors des zones tauromachiques. Certaines personnes refusent de regarder la photo du flyer, nous les invitons à regarder de l’autre côté, à se rendre sur notre site, à s’informer davantage et à rejoindre notre cause.

Comme nous sommes heureux lorsqu’un passant, avec détermination, nous dit qu’il « ira voir, c’est sûr, il faut que ça s’arrête cette horreur ! », signe le manifeste et s’en va en nous remerciant pour ce que nous faisons ! A petits pas… c’est ainsi que nous avons le sentiment de progresser mais ce sentiment nous met du baume au coeur…

Le vent souffle beaucoup et nous ne pouvons installer le grand écran de 2 mètres que nous avons loué. Nous nous contentons d’installer l’écran de l’ordi pour diffuser les terribles images de « Derrière les murs ».

15 h. Il pleut à verse à présent. Des gouttières se forment sur la toile et se déversent brusquement, inondant une partie du matériel. Vite, il faut tout mettre à l’abri… des bulletins du CRAC Europe sont trempés ! Ouf, les livres sont intacts ! Pas de dégât ! Les militants de CALI décident de démonter le stand en raison des conditions météo. Nous remballons sous une pluie battante.

16 h. Tout est rangé dans les voitures. La pluie s’est un peu calmée. Les quatre militants du CRAC qui restent, Delphine, Sébastien et Thierry sont d’accord: ce ne sont pas quelques gouttes qui vont nous arrêter. Nous décidons de continuer à tracter sur toute la place, nous promettant d’aller boire après une bonne bière au chaud dans un bar.

Hors du stand, c’est plus difficile. Les gens sont moins disponibles, ils ont froid et se sentent agressés dès qu’on s’approche d’eux avec un tract… beaucoup de refus à ce moment mais… on ne lâche rien ! J’aborde un jeune homme qui visiblement ne parle pas français. « Espagnol » me dit-il, il s’éloigne, j’insiste. Je ne parle pas un mot de cette langue mais lui fais comprendre ce que nous faisons. Son visage s’illumine ! Il me dit plein de choses que je ne comprends pas puis me prend le stylo des mains pour signer. Il n’a pas mis l’adresse, juste « Espagne ». J’ai adoré ce moment…

Des jeunes encore, des étudiants et même quelques lycéens acceptent volontiers de s’informer et signent avec conviction. Une bande joyeuse et colorée de filles vient signer le manifeste dans les rires et la bonne humeur. Elles fêtent un enterrement de vie de jeune fille. L’une d’elles a un porte-voix et crie « à bas la corrida ! ». Moment festif et chaleureux ! Comme toujours, il y a les donneurs de leçons qui nous enseignent doctement qu’il y a « des causes bien plus importantes » mais nous connaissons les contre-arguments par coeur et évitons de perdre notre temps…

17 h 50. Nous décidons d’interrompre l’action et allons boire notre bière, heureux d’être ensemble, unis dans ce combat, plus que jamais motivés pour le gagner et sans nous faire de grandes déclarations, avons le sentiment d’appartenir à une grande famille et d’être frères et soeurs du même combat. »

Nous avons récolté 67 signatures et vendu pour 121 euros de matériel. Un grand merci à Lydie, à l’association CALI ainsi qu’à tous les militants !

Françoise Luvini

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